•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crainte d'une attaque à Laurier Québec : un agent de sécurité plaide coupable

Affiche de Laurier Québec.

Le Service de police de la Ville de Québec en est venu à craindre la perpétration d’une attaque contre le centre Laurier Québec.

Photo : Carl Boivin

Yannick Bergeron

Un responsable de la sécurité de Laurier Québec qui a tenté d'incriminer faussement un ancien collègue a plaidé coupable à une accusation de méfait public, mardi, au palais de justice de Québec.

Jonathan Guérin, 31 ans, reviendra devant le tribunal à l’automne pour la détermination de la peine.

À la fin de l'année 2017, alors qu’il occupe le poste de coordonnateur des agents de sécurité à Laurier Québec pour la compagnie Garda, Guérin commence à s'inquiéter des agissements d'un ex-employé, David Lachance.

Jonathan Guérin consulte la page Facebook de Lachance et constate que ce dernier semble entretenir une certaine rancoeur envers ses ex-collègues et le centre commercial.

Selon le récit des événements du procureur de la poursuite, Me Jean-Philippe Robitaille, Guérin a fait part de ses inquiétudes à ses patrons, qui ont décidé de ne pas porter plainte contre Lachance.

La direction se contente de demander aux agents de sécurité de surveiller les allées et venues de l'ex-employé lorsqu'il se présente à Laurier Québec.

Dossier monté de toutes pièces

Selon Me Robitaille, Jonathan Guérin décide alors de « monter un dossier plus solide et dont le danger paraitrait plus évident ».

Il installe donc une application sur son téléphone qui permet de faire des appels répétés au poste de la sécurité de Laurier Québec, mais sur l'afficheur, c'est le nom de David Lachance qui apparaît.

L'application envoie des messages enregistrés de toutes sortes et les agents en poste ont la consigne de consigner le nombre d'appels et les heures.

Ce comportement, attribué faussement à Lachance, inquiète.

Me Jean-Philippe Robitaille procureur de la poursuite
Photo de Jonathan Guérin provenant de son compte FacebookAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jonathan Guérin a plaidé coupable à une accusation de méfait public

Photo : Facebook/Jonathan Guérin

Crainte d'une attaque

Lors de l'un de ces appels, un agent saisit mal le message, mais y perçoit une menace.

Il alerte ses patrons qui, cette fois, décident de porter plainte à la police de Québec.

Des patrouilleurs et des enquêteurs sont immédiatement dépêchés sur place.

« On prend la chose au sérieux. On appréhende que M. Lachance se présente armé », indique Me Robitaille.

Au printemps 2018, les enquêteurs rencontrent Jonathan Guérin pour qu'il fasse une déposition. Ce dernier en profite pour leur remettre une clé USB dans laquelle il a cumulé des captures d'écran de la page Facebook de Lachance.

Alexandre Bissonnette

Sur l'une d'elles, il est question du tueur de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, qui avait songé à commettre un massacre au centre commercial.

« C'est une histoire qui est montée en épingle, dans le fond », explique le procureur de la poursuite.

Quand les policiers rencontrent le suspect, ce dernier leur remet son téléphone cellulaire pour démontrer que les appels ne provenaient pas de lui.

L'affaire prend alors une autre tournure.

Des enquêteurs de Garda questionnent Jonathan Guérin, qui avoue finalement être à l'origine des appels répétés. Son but, explique-t-il, était de mettre de la pression sur son employeur.

« Fake news  »

Quand la juge Johanne Roy lui a demandé s'il reconnaissait les faits, Guérin a tenté de se justifier.

« En fait, mes employeurs nourrissaient mon inquiétude en me disant de continuer à surveiller... », a commencé Guérin, avant d'être interrompu par la juge.

« Mais monsieur, vous savez ce que sont des fake news », a lancé la juge Roy avant d'ajouter « vous avez fait attribuer à M. Lachance des gestes qui ne venaient par de lui ».

Jonathan Guérin est demeuré en liberté durant tout le processus judiciaire. Il le restera d’ici le prononcé de sa peine.

Québec

Justice et faits divers