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Ottawa veut protéger un chapelet d'îles du fleuve Saint-Laurent

Un petit blongios dans un milieu humide
Les îles offrent des habitats au petit blongios, une espèce en péril autrefois appelée petit butor. Photo: getty images/istockphoto / passion4nature
La Presse canadienne

Un chapelet d'îles du fleuve Saint-Laurent devrait être protégé afin de préserver des espèces animales et des oiseaux en péril dont c'est l'habitat naturel. La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a annoncé mercredi matin le projet, qui mènerait vers la création de trois « réserves nationales de faune ».

L'initiative vise 27 îles, réparties sur près de 100 kilomètres : les îles de Boucherville, les îles de Varennes et de Verchères ainsi que celles du lac Saint-Pierre. Au total, le fédéral a fait part de son intention de protéger près de 775 hectares.

« Notre nature est menacée », a signalé la ministre McKenna, rappelant que la planète a perdu 60 % de sa biodiversité.

Pourtant, la nature joue un rôle important pour notre santé, notre bien-être et notre prospérité, et aide à lutter contre les changements climatiques, a ajouté la ministre.

Le projet n'est toutefois pas entièrement ficelé – on parle de la création « potentielle » de trois réserves – et il reste à voir si le gouvernement libéral pourra le réaliser avant les prochaines élections fédérales. Mais il a l'appui de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et de Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l'administration portuaire de Montréal.

La ministre n'a pas été en mesure de dire dans quels délais ces réserves pouvaient être créées.

Environnement Canada a fait savoir que ces îles sont situées dans un corridor géographique fortement utilisé par les oiseaux migrateurs et offrent des habitats importants pour des espèces en péril comme le Petit Blongios, le Hibou des marais et le Pic à tête rouge.

Par exemple, les îles de Varennes et de Verchères sont le deuxième plus important site de reproduction des Canards barboteurs au Québec et abritent la plus grosse colonie de Goélands à bec cerclé de la province. Au total, 43 espèces d'oiseaux y ont été observées.

Ces îles ont été choisies en raison de la richesse de leurs milieux, parce qu'elles abritent des espèces en péril ou servent d'habitat à d'autres espèces. Et aussi parce qu'elles sont situées dans le Saint-Laurent, près de milieux urbanisés où il y a beaucoup de pression sur l'environnement, a expliqué Marie-Josée Couture, directrice régionale du Service canadien de la faune pour le Québec.

La désignation de « réserve nationale de faune » vient avec son lot de restrictions, qui peuvent inclure l'interdiction de chasse, de cueillir des fruits ou de creuser des trous, a-t-elle expliqué. Elle souligne que la protection accordée peut varier d'une île à l'autre.

Il existe présentement 55 réserves nationales de faune au Canada qui accueillent des habitats importants d'animaux ou de plantes.

Ceinture verte

Présente à Montréal pour le Sommet des champions de la nature, la ministre McKenna en a aussi profité pour annoncer un investissement dans un projet de Nature-Action Québec visant à protéger 100 hectares de terres situés à divers endroits en Montérégie, dans un secteur que l'organisme appelle « la ceinture verte de Montréal ». Ces six aires visées du mont Rougemont, la montagne de Rigaud, le mont Saint-Bruno et le bois de Contrecoeur permettront d'ajouter des aires de conservation comprenant des forêts matures, des marécages et des milieux humides.

Ces milieux font partie d'écosystèmes importants pour de nombreuses espèces, dont des espèces en péril comme la rainette faux-grillon de l'Ouest, indique Environnement Canada.

Non seulement cela va aider à protéger la biodiversité, mais ces nouvelles acquisitions vont permettre de connecter ces diverses zones de protection, a fait valoir Pascal Bigras, directeur général de Nature-Action Québec.

Le fédéral a investi environ 565 000 $ pour acheter ces terres.

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