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La présidente du conseil d'Investissement Québec défend le processus de sélection

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, en compagnie de Guy LeBlanc durant un point de presse.
Guy LeBlanc (à droite), une bonne connaissance du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon (à gauche), a été confirmé à la tête d'Investissement Québec le 18 avril 2019. Photo: Twitter/Investissement Québec
La Presse canadienne

Alors que la nomination du nouveau président-directeur général d'Investissement Québec (IQ) continue de faire des remous, la présidente du conseil d'administration de la société d'État, Monique Leroux, défend une fois de plus le processus ayant mené à la sélection de Guy LeBlanc, un ami du ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis Paris, mercredi, celle-ci a affirmé que la firme de chasseurs de têtes retenue par Québec n'a jamais eu le mandat de recommander un candidat, puisque son rôle en était un d'accompagnement.

« La firme n'était pas là pour choisir, a martelé Mme Leroux à plusieurs reprises. Elle était présente pour accompagner le comité [de sélection], le conseil d'administration et le ministre dans le processus. Ce n'était pas le rôle de la firme d'amener son candidat. Ce n'était pas du tout ce qu'on a demandé. »

Le choix du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, pour piloter la transformation du bras financier de l'État a fait sourciller en raison de ses relations d'affaires et amicales avec M. LeBlanc, dont la rémunération pourrait s'approcher du million de dollars, soit presque le double de celle de son prédécesseur, Pierre Gabriel Côté.

M. Fitzgibbon est également sous la loupe de la commissaire à l'éthique dans la foulée de la vente de sa participation, l'automne dernier, dans Move Protéine, une entreprise de protéines végétales dont M. LeBlanc est également actionnaire.

Certains reportages ont suggéré que le ministre Fitzgibbon aurait outrepassé la recommandation de la firme Odger afin d'imposer son choix, ce qu'a réfuté Mme Leroux, qui avait affirmé une première fois, la semaine dernière, que le processus de sélection s'était déroulé dans les règles de l'art.

L'ex-dirigeante du Mouvement Desjardins a expliqué que les chasseurs de têtes ont épaulé l'équipe d'IQ ainsi que le ministre Fitzgibbon pour trouver d'éventuels remplaçants. Le ministre a confié avoir soumis sa liste de candidats.

La semaine dernière, le ministre avait affirmé qu'il ne fallait pas s'étonner de ses liens avec M. LeBlanc étant donné qu'il a « beaucoup d'amis » et a acquis une vaste « expérience » dans le monde des affaires au fil des ans.

Un processus optimal?

S'il connaît « tout le monde » au sein de la communauté d'affaires, n'aurait-il pas été mieux pour M. Fitzgibbon de se retirer complètement du processus et de laisser l'équipe d'IQ et la firme faire leur travail?

« On ne prétend pas, et je n'ai pas la prétention de connaître tout le monde, a répondu Mme Leroux. On ne voulait pas se limiter à notre propre réseau. Nous voulions un processus transparent et permettant à des gens auxquels nous n'avions pas pensé de se manifester. »

Selon Mme Leroux, plus de 15 remplaçants potentiels de M. Côté ont été repérés. Par la suite, des entrevues ont été effectuées avec cinq candidats avant que l'on ne procède à la recommandation de M. LeBlanc, le 25 mars.

Pour le professeur à l'Université d'Ottawa et titulaire de la Chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public Luc Bernier, il n'est pas inhabituel que le rôle d'une firme de chasseurs de têtes se limite à de l'accompagnement.

« Il n'y a pas un conseil d'administration qui renoncerait à sa capacité de choisir un gestionnaire, a-t-il expliqué au cours d'un entretien téléphonique. Dans le processus, une firme aide à avoir des suggestions. C'est un peu normal que ça soit de l'aide à la prise de décision. »

Mme Leroux a également renvoyé la balle au camp du gouvernement Legault lorsqu'elle a été invitée à dire si elle reconnaissait que le choix de M. LeBlanc avait l'apparence d'une nomination partisane.

Affirmant qu'il n'y avait eu « aucune interférence du ministre » Fitzgibbon, la présidente du conseil d'IQ a affirmé que cette question relevait du Conseil des ministres et que le mandat qui avait été confié à son équipe était de recommander la personne qui semblait la plus qualifiée sur le « plan technique et personnel ».

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