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La médecin en chef de la C.-B. réclame la décriminalisation de la possession de drogues

Une femme avec des lunettes derrière un lutrin parle dans un micro, des drapeaux de la Colombie-Britannique derrière elle.

La docteur Bonnie Henry appelle Victoria à décriminaliser la possession de drogue pour usage personnel.

Photo : Radio-Canada

Timothé Matte-Bergeron

La médecin en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, réclame la décriminalisation de la possession de drogue pour usage personnel, trois ans après le déclenchement de l'état d'urgence sanitaire dans la province en raison de la crise des opioïdes. Et, selon elle, le gouvernement provincial a une certaine marge de manoeuvre pour agir.

« Nous avons travaillé très fort, en tant que province, pour affronter cette crise, mais je crois qu’il faut aller une étape plus loin », a déclaré Bonnie Henry en conférence de presse, mercredi.

Dans le rapport qu’elle a rendu public, elle appelle le gouvernement de la Colombie-Britannique à adopter deux mesures allant dans le sens d’une décriminalisation de la possession simple de drogue.

Comme le rapporte Noémie Moukanda, la décriminalisation n'est ni la priorité d'Ottawa ni celle de Victoria.

D’abord, elle appelle la province à permettre, en modifiant la loi sur la police, au ministre de la Sécurité publique d’adopter des lignes directrices qui permettent aux forces de l’ordre de rediriger les consommateurs de drogue vers les services sociaux et les services de santé, au lieu d’engager des procédures criminelles.

Ensuite, elle demande l’adoption d’une disposition, encore une fois dans la loi sur la police, qui empêcherait les services policiers d’allouer des ressources au contrôle de l’infraction de possession simple de drogue.

Nous ne pouvons pas attendre que le gouvernement fédéral fasse des changements, avec le nombre de morts sans précédent que l’on connaît en Colombie-Britannique

Bonnie Henry, médecin en chef de la Colombie-Britannique

Un système qui crée des barrières

Bonnie Henry croit que le système actuel, fondé sur le droit criminel, crée des barrières à l’accès aux traitements : « Ça amène les gens à rester chez eux, à garder secrète leur dépendance à la drogue, à consommer seuls et à mourir. »

Le chef du Service de police de Victoria, Del Manak, appuie la position de la Dre Henry. « Je suis fermement convaincu que les gens qui consomment des drogues illégales dans la rue doivent être soutenus avec une approche de santé publique et non par l’intermédiaire du système de justice criminelle », soutient-il.

Plusieurs villes et organisations ont déjà réclamé la décriminalisation des drogues au Canada. C'est le cas de Vancouver, de Toronto et de Montréal, notamment, ainsi que des responsables de la santé publique en Ontario.

Colombie-Britannique et Yukon

Drogues et stupéfiants