•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ches Crosbie menace de poursuivre le fédéral pour protéger l’industrie pétrolière de T.-N.-L.

Ches Crosbie.
Ches Crosbie, chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador Photo: Radio-Canada / CBC / Terry Roberts
Radio-Canada

Le chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador, Ches Crosbie, menace d'intenter une poursuite contre le gouvernement fédéral pour protéger ce qu'il appelle le « pétrole éthique » de sa province. Il insulte au passage le premier ministre provincial qu'il espère déloger le 16 mai.

En campagne électorale, M. Crosbie avait convoqué les journalistes mardi à l’hôtel Delta de Saint-Jean de Terre-Neuve, où le Comité sénatorial permanent de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles tenait des audiences publiques sur le projet de loi fédéral C-69, qui vise à réviser la façon dont le gouvernement fédéral approuve les projets énergétiques importants.

Le projet de loi suscite de l’opposition dans l’industrie de l’exploitation des ressources naturelles, et notamment de celle des hydrocarbures extracôtiers à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette industrie craint que des changements dans les procédures d’approbation des projets ne nuisent à l’exploitation pétrolière et gazière au large des côtes de la province.

Ches Crosbie insulte le premier ministre Ball

À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement libéral de Dwight Ball fait pression sur les libéraux fédéraux pour s’assurer que le projet de loi ne nuise pas à l’exploitation des hydrocarbures extracôtiers. Mais Ches Crosbie juge que les efforts du premier ministre sont insuffisants.

Notre [industrie] extracôtière, et les emplois, la prospérité et les espoirs qu’elle représente pour nous, ici dans cette province, est envahie par le gouvernement Trudeau et son chien de poche bien dressé, Dwight Ball, a déclaré Ches Crosbie.

M. Crosbie a promis de répliquer par tous les moyens juridiques, y compris une poursuite, si nécessaire à ce qu’il décrit comme une intrusion dans des champs de compétence provinciale qui sont, à son avis, assurés par l’Accord atlantique.

L’Accord atlantique garantit que la province sera la bénéficiaire principale des retombées générées par l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières. M. Crosbie juge que le projet de loi C-69 menace cet accord, et dit qu’il sollicitera l’opinion du plus haut tribunal de la province s’il est élu premier ministre.

Justin Trudeau et son gouvernement, selon Ches Crosbie, ne croient pas au pétrole.

L’environnement

Interrogé sur les conséquences environnementales de l’industrie pétrolière, M. Crosbie réplique que le pétrole brut produit à Terre-Neuve-et-Labrador est du pétrole éthique, dont l’empreinte carbone, affirme-t-il, est de 30 % à 50 % moins élevée que la moyenne planétaire.

M. Crosbie semblait ainsi évoquer, mais de manière inexacte, les commentaires que comptait formuler mardi devant le comité sénatorial Charlene Johnson, la chef de direction de l'Association des industries pétrolières et gazières de Terre-Neuve-et-Labrador (NOIA). Selon Mme Johnson (Nouvelle fenêtre), au moment de l’extraction du pétrole extracôtier au Canada, l’industrie cause 30 % moins de gaz à effet de serre que la moyenne planétaire.

Selon Ches Crosbie, le besoin en pétrole se fera sentir pour des décennies encore.

On peut laisser l’Arabie saoudite nous approvisionner en pétrole, ou bien on peut le faire nous-mêmes, a-t-il dit, pour développer notre économie, créer des emplois et de la prospérité ici, chez nous, et développer une économie durable pour l’après-pétrole qui viendra dans plusieurs décennies.

D’après les informations de Terry Roberts, CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Industrie pétrolière