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Santé publique : Toronto demande à la province d'annuler les compressions de 1 milliard

Une femme parle à un podium.
Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto, entourée de patients du Bureau de santé publique de Toronto Photo: Radio-Canada / Francis Ferland
Natasha MacDonald-Dupuis

La médecin hygiéniste en chef et le président du conseil d'administration de la Commission de la santé publique de Toronto exhortent le gouvernement Ford à revenir sur sa décision de sabrer de 1 milliard de dollars sur 10 ans son financement provincial du service de santé publique de la Ville Reine.

La Dre Eileen de Villa et le conseiller municipal Joe Cressy soutiennent que « tous les services fournis par la santé publique sont en péril » en raison de ces compressions, notamment :

  • Plus de 600 programmes de déjeuners dans les écoles;
  • Les inspections dans les garderies et l'immunisation des enfants;
  • La détection de nouvelles menaces à la santé publique comme le SRAS et le H1N1;
  • L'inspection du système d'eau potable.

La santé des Torontois sera à risque, des vies seront perdues, et des employés qui fournissent ces services seront congédiés.

Joe Cressy, président du conseil d'administration de la Commission de la santé publique de Toronto

Lors d'un point de presse mercredi, la Dre de Villa a cité le « paradoxe de la prévention » pour expliquer le rôle important des agences de santé publique.

« Il est possible de penser, à première vue, que ces services ne sont pas nécessaires parce que, lorsqu'ils remplissent leurs objectifs, rien ne se produit. Il n'y a pas d'épidémies et les gens sont en santé », dit-elle.

À l'heure actuelle, les trois quarts du budget annuel de 250 millions de dollars du Bureau de santé publique de Toronto sont financés par la province.

La Ville devra désormais fournir 40 % de ce financement.

En 2021, cette proportion grimpera à 50 %.

Guerre de chiffres

Après le point de presse, le directeur des communications de la ministre de la Santé Christine Elliott, Travis Kann, a eu une discussion houleuse avec Joe Cressy devant les caméras.

Selon les calculs de la Ville, le Bureau de santé publique de Toronto recevrait 64 millions de dollars de moins en 2019.

Dès 2021, ce montant passerait à 102 millions de dollars par année, ce qui équivaut à 40 % de son budget.

Le bureau de la ministre de la Santé conteste ces chiffres et accuse la Ville de fomenter une « campagne de peur ».

« On a contacté la Ville de Toronto pour tenter de rectifier ces différences de calcul, mais nous ne sommes pas intéressés à faire ça devant les médias », dit Travis Kann.

M. Kann a d'abord refusé de révéler aux médias des chiffres exacts ou la méthode de calcul de la province.

Le directeur des communications de la ministre de la Santé Christine Elliott, Travis Kann, a ensuite affirmé que les compressions représenteraient 33 millions de dollars pour 2019-2020 pour la Ville de Toronto pour ensuite atteindre une coupe de 42 millions par an une fois que le modèle de financement à coûts partagés sera établi.

Deux hommes se parlent devant la caméra.Le conseiller Joe Cressy a exhorté le directeur des communications de la ministre Elliott d'expliquer aux médias combien d'argent sera coupé du budget annuel du Bureau de santé publique de Toronto. Photo : Radio-Canada

Lors d'un point de presse mardi, la ministre Christine Elliott a dit que les compressions ne représentent « qu'un tiers de 1 % du budget total de la Ville de Toronto », ce qu'a réitéré M. Kann mercredi.

Cela représenterait une baisse d'environ 45 millions de dollars pour la prochaine année financière, soit près de 18 % du budget du Bureau de santé publique de Toronto, contrairement aux 40 % avancés par la Ville.

« Je suis certaine que la Ville de Toronto va être à même de trouver les fonds nécessaires », a déclaré la ministre Elliott mardi.

Christine Elliott a répété qu'il n'y aurait « aucun impact » sur les programmes et les patients, mercredi sur Twitter.

Des patients en colère

Des patients et d'anciens bénéficiaires des services du Bureau de santé publique de Toronto ont pourtant dénoncé ces compressions.

Priya Amin a reçu un diagnostic de tuberculose en 2015, à l'âge de 38 ans.

La maladie, qui est rare au Canada, a complètement bouleversé sa vie.

Mme Amin a perdu son autonomie et ses cheveux pendant plusieurs mois et a eu recours aux services quotidiens de soins à domicile fournis par la santé publique.

Mercredi, Joe Cressy a pressé le gouvernement Ford de faire marche arrière, comme il l'a fait en partie pour l'épineux dossier de l'autisme.

Pour sa part, la porte-parole du NPD en matière de santé, Marit Stiles, a demandé à la ministre Elliott de « montrer ses cartes ».

« Elle doit écouter les médecins hygiénistes et les agences de santé publique. Ce n'est pas à un employé du parti de défendre ces chiffres, mais à bien des élus de le faire. »

Marit Stiles a dit « ne pas comprendre pourquoi la province punit la Ville de Toronto et les autres municipalités de la province ».

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