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La hausse la plus importante des prix des maisons au Canada est observée à Windsor

Maisons à Windsor
À Windsor, le prix moyen des propriétés pour le premier trimestre a augmenté de 12,4 % par rapport à l’année dernière selon Royal LePage. Photo: Radio-Canada / Marine Lefèvre
Rose St-Pierre

Le prix d'une propriété n'y est peut-être pas aussi élevé qu'à Toronto, mais c'est Windsor qui a connu la plus forte hausse du prix des maisons au pays au premier trimestre de 2019 comparativement au même moment l'année dernière. Un phénomène en partie expliqué par un intérêt croissant pour la région.

Alors qu’à l’échelle nationale, la hausse du prix des propriétés a ralenti depuis le début de l’année 2019 (Nouvelle fenêtre) (2,7 %) comparativement à l’année dernière, deux villes du Sud-Ouest de l’Ontario observent une hausse record du prix des maisons selon Royal LePage.

Dans le cas de Windsor, le prix moyen des propriétés a augmenté de 12,4 % en un an, pour se situer à 260 000 $ en moyenne. Le prix des maisons et condos de London, à 200 km de là, a augmenté de 10,7 % cette année, ce qui correspond à la deuxième hausse la plus marquée au pays. En comparaison, le prix des propriétés à Toronto pour les trois premiers mois de 2019 a augmenté de 5,8 % par rapport à la même période en 2018, et de 8,1 % à Montréal.

Comparaison de la hausse du prix des propriétés.

Hausse entre 2018 et 2019.
Windsor: 12,4%
Toronto: 5,8%
Montréal (centre): 8,1$

Prix d'une maison en jan-mars 2018
Windsor: 229 671$
Toronto: 836 345$
Montréal (centre): 483 000$

Prix d'une maison en jan-mars 2019
Windsor: 258 110$
Toronto: 881 519$
Montréal (centre): 522 105$

Comparaison de la hausse du prix des propriétés Photo : Radio-Canada / Camile M Gauthier

Des chiffres recueillis par l’agence immobilière Royal LePage font écho à ceux compilés par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) et par l’Association des agents immobiliers du comté de Windsor-Essex. Selon cette association régionale, qui cumule les informations au sujet des ventes fournies par les agents immobiliers de la région, le prix moyen d’une propriété à Windsor en mars 2018 était de 281 000 $, contre 333 566 $ en mars 2019 : une hausse de 18,71 %. L’ACI a quant à elle observé une hausse de 19,1 %, la plus importante au pays.

L’analyste financier Donald Rumball explique cette hausse par deux facteurs majeurs : les ventes de maisons plus coûteuses (entre 300 000 $ et 360 000 $) ont augmenté cette année à Windsor. Et plus de maisons que de condos ont été vendues à Windsor, ce qui n'a pas été le cas à Toronto. La taxe fédérale imposée aux acheteurs étrangers a aussi eu un effet sur les ventes de propriétés dans la Ville Reine. À Toronto, à cause des règles du gouvernement fédéral, on a découragé les acheteurs étrangers, ce qui a fait baisser la demande, ajoute M. Rumball.

Selon la présidente de l’Association des agents immobiliers du comté de Windsor-Essex, Tina Roy, cette hausse traduit la croissance observée dans la région. Énormément de personnes s’installent ici; la qualité de vie est bonne, et le travail à distance nous favorise. Mme Roy ajoute que plusieurs personnes quittent en effet la grande région de Toronto pour s’installer à Windsor.

Le résultat : un marché immobilier beaucoup plus concurrentiel, où les premiers acheteurs mettent des mois à trouver une propriété. Et cela ne devrait pas s’améliorer avec la construction du plus long pont à haubans en Amérique du Nord : le recrutement des travailleurs a d’ailleurs déjà commencé.

Changement positif pour certains, mais situation plus précaire pour d'autres

Un homme avec une barbe en beigne fixe la caméra très sérieusement. Ron Dunn, le directeur de l'organisme pour sans-abris Downtown Mission. Photo : Radio-Canada / CBC/Alex Brockman

Selon le directeur du refuge pour sans-abri du centre-ville de Windsor, Ron Dunn, cette hausse des prix est loin d’être une bonne nouvelle pour tout le monde. La majorité des gens vont se réjouir de la valeur de leur maison qui augmente, mais les personnes marginalisées et pauvres ressentent déjà les effets négatifs.

Selon M. Dunn, les loyers ont bondi de 22 % dans la région, et les refuges peinent déjà à répondre à la demande. En 2017, 19 000 personnes se sont présentées au refuge. En 2018, 26 000, explique le directeur, qui dit accueillir des personnes sans domicile fixe qui travaillent à temps plein.

La crise du logement abordable est certainement la plus importante que nous ayons connue ces dernières années.

Ron Dunn, directeur du refuge Downtown Mission à Windsor

Pourtant, ajoute M. Dunn, Windsor continue d’attirer des personnes à la recherche d’un emploi ou à faible revenu, parce que la ville est toujours perçue comme un lieu offrant des possibilités. Mais une fois sur place, ces nouveaux résidents peinent à trouver un lieu où vivre. Même si les maisons peuvent paraître moins chères qu’ailleurs, il y en a très peu sur le marché, ajoute-t-il.

L’agent d’immobilier Garrison Matte observe cette hausse des prix dans le Sud-Ouest de l’Ontario depuis une dizaine d’années. En 2008, une maison à Windsor coûtait environ 165 000 $; aujourd’hui, la même maison vaut 360 000 $, dit-il.

Une hausse que l’agent attribue aux faibles taux d’intérêt. Les taux sont si bas que les acheteurs peuvent offrir plus que le prix demandé, explique M. Matte, qui rappelle que le marché est très limité dans la région.

Mais selon lui, cette hausse ne durera pas. Avec les pertes d’emplois à Chrysler et en éducation, on devrait voir une baisse.

M. Matte affirme que le marché de l’emploi de Windsor, qui repose en grande partie sur l'industrie automobile, est instable. Et que s’il ralentit, il risque d’entraîner le prix des propriétés dans sa chute.

Toutefois, selon l'analyste Donald Rumball, c'est la réaction des promoteurs à la demande de maisons qui pourrait faire augmenter ou ralentir cette hausse. Si les promoteurs offrent ce que les acheteurs recherchent, les prix n'augmenteront pas trop rapidement, conclut-il.

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