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Accusé d'agression sexuelle, un massothérapeute continuait de pratiquer

Une femme se fait masser le dos.
Un massothérapeute d'Ottawa aurait agressé des clientes. Photo: Getty Images
Radio-Canada

Matthew McKay a eu le droit de pratiquer son métier alors qu'il était sous enquête par le Collège des massothérapeutes du Nouveau-Brunswick pour agression sexuelle sur une patiente.

La présumée victime, dont l'identité est protégée par un interdit de publication, a commencé à recevoir des services de l'entreprise Total Body Alignment en 2017. C'est là qu'elle a rencontré le massothérapeute Matthew MacKay.

Elle admet s'être rapidement sentie en confiance en sa compagnie. Il est même devenu un confident.

Dès les premiers rendez-vous, elle assure qu'il s'est montré très amical, lui faisant des câlins ou en l'appelant pour lui souhaiter un joyeux anniversaire.

D'une relation professionnelle à une relation amicale

C'est au printemps que la situation a commencé à changer, raconte la présumée victime.

Elle a tenté d'avoir un rendez-vous avec Matthew McKay pour traiter des douleurs à la nuque, mais il n'avait pas de place de disponible. Il lui a alors proposé de se rendre chez elle le soir même pour lui offrir un massage. Sentant qu'il tenait à lui donner un coup de main, elle a accepté.

Peu après cette soirée, leur relation a changé. Elle raconte que Matthew McKay a quitté sa partenaire du moment et qu'il a ensuite commencé à lui envoyer des remarques déplacées lorsqu'elle avait rendez-vous avec lui.

Je me suis alors dit qu'on était peut-être attirés l'un envers l'autre, qu'on allait peut-être finir par se fréquenter , admet-elle.

La notion de consentement

Le 28 juin 2018, ils ont décidé de se voir en dehors du travail et se sont donné rendez-vous dans un marché de nuit. Lorqu'il a commencé à pleuvoir, la jeune femme a invité son ami à se réchauffer chez elle.

Elle raconte que Matthew McKay s'est dévêtu jusqu'aux sous-vêtements parce qu'il était complètement trempé. Comme les colocataires de la jeune femme étaient à la maison, elle a proposé à l'homme de la suivre dans sa chambre pour écouter un film.

Matthew MacKay a alors tenté d'embrasser la présumée victime, qui assure l'avoir repoussé pour lui dire qu'elle n'était pas intéressée ce soir-là. Elle lui a expliqué qu'elle n'était pas fermée à l'idée d'avoir une éventuelle relation avec lui, mais qu'elle ne sentait pas que cette soirée-là était le moment opportun.

Il lui a répondu qu'il continuerait à la prendre comme patiente et de lui offrir ses services même s'ils avaient des relations sexuelles, mais qu'il ne lui chargerait plus de frais. Il a de nouveau tenté de l'embrasser et c'est à ce moment qu'elle s'est sentie figée, incapable de reprendre la situation sous contrôle, affirme-t-elle.

Un homme se tient debout devant son magasin. Matthew McKay a perdu le droit de pratiquer son métier de massothérapeute pour une durée de cinq ans. Photo : CBC

La présumée victime dit que l'homme a alors eu une relation sexuelle avec elle et qu'elle sentait n'avoir aucun contrôle sur ce qui lui arrivait.

Sous enquête

La jeune femme raconte que ce n'est que quelques jours après cet incident qu'elle a réellement compris qu'elle avait été victime d'une agression sexuelle. Elle a alors contacté le Centre d'agressions sexuelles de Fredericton et a été jumelée avec une conseillère, Melanie Perrin, qui est aussi une massothérapeute de profession.

On a des attentes [envers les professionnels en soins de la santé] parce qu'on est vulnérable, parce qu'on cherche de l'aide. Il y a des standards élevés pour ces professionnels, pour s'assurer qu'ils ne font rien qui pourrait causer du tort, explique Melanie Perrin.

La présumée victime ne voulait pas contacter la Gendarmerie royale du Canada parce qu'elle craignait de ne pas être prise au sérieux.

La conseillère de la victime a contacté le Collège de massothérapie du Nouveau-Brunswick pour signaler l'incident, comme le demandent les procédures lorsqu'un conseiller est informé d'un abus de la part d'un professionnel des soins de santé.

Une enquête a été ouverte en juillet, après le dépôt de la plainte. Matthew McKay a offert un témoignage au comité disciplinaire du Collège, où il indique que la relation sexuelle était consentante.

La présumée victime indique pour sa part qu'elle n'était pas consentante et qu'elle l'a exprimé.

Le verdict du comité disciplinaire a été rendu le 4 avril 2019 et, bien que Matthew McKay soit reconnu coupable d'inconduites professionnelles, il a eu le droit de continuer à exercer entre juin 2018 et avril 2019.

J'ai peur pour la sécurité des gens , indique la jeune femme.

L'homme n'a pas voulu répondre aux appels et aux courriels de CBC.

Selon les informations de CBC.

Nouveau-Brunswick

Agression