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Une peine de 22 ans ferme pour l'assassin de Melissa Cooper

On voit une illustration judiciaire qui montre le juge Sohail Akhtar en train de présider le procès d'Ian Ohab pour meurtre non prémédité.
Le juge Sohail Akhtar préside le procès d'Ian Ohab pour meurtre non prémédité. Photo: Radio-Canada / Pam Davies
Jean-Philippe Nadeau

À Toronto, Ian Ohab a été condamné mercredi à la prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 22 ans pour le meurtre non prémédité de Melissa Cooper. Le corps démembré de la victime de 30 ans avait été trouvé derrière une boucherie du quartier chinois de l'est de la ville en avril 2016.

Attention : ce texte pourrait choquer des lecteurs.

Dans sa décision, le juge Sohail Akhtar de la Cour supérieure de l'Ontario affirme que les espoirs d'une réinsertion sociale sont minces et qu'Ian Ohab a menti à son procès, en faisant croire que sa victime était morte d'une surdose de crack lorsqu'il l'a invitée chez lui le 15 avril 2016.

Il n'a pas paniqué en démembrant son corps, il a plutôt tenté de dissimuler son meurtre et de disposer du cadavre d'une jeune femme vulnérable qui lui avait fait confiance.

Ohab avait été reconnu coupable à l'issue de son procès devant jury en janvier.

Il avait plaidé coupable d'outrage envers un cadavre, mais non coupable à l'accusation principale de meurtre non prémédité. Il avait expliqué dans son témoignage que Melissa Cooper avait accepté d'aller dans l'appartement de son immeuble, où elle était venue voir une amie pour se procurer du crack.

Gros plan du visage d'une femmeLa victime, Melissa Cooper, avait 30 ans. Photo : Police de Toronto

Ohab soutenait qu'ils avaient consommé de la drogue et qu'ils s'étaient évanouis. En se réveillant, il avait trouvé la jeune femme inanimée, avait-il affirmé, et avait décidé de découper son corps, parce qu'il était pris de panique.

La Couronne avait maintenu lors du procès que l'accusé de 41 ans avait plutôt attiré la jeune femme de 30 ans chez lui avant de l'attaquer, de la tuer et de la démembrer.

Les procureurs avaient réclamé une peine de prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 25 ans, ce qui est assez rare pour une accusation de meurtre non prémédité.

Photo d'une autopatrouille stationnée devant des commerces, une banderole de police jaune bloque le trottoir.Les restes de la victime ont été trouvés derrière la boucherie Charlie's Meat and Seafood dans le quartier chinois de l'est de Toronto. Photo : CBC/Nick Boisvert

Le magistrat rappelle que :

  • Le meurtrier n'avait pas bien nettoyé sa salle de bain, où des gouttelettes de sang invisibles à l’œil nu avaient été retracées par les enquêteurs. Des tests d'ADN ont prouvé qu'il s'agissait bien du sang de la victime.
  • Les caméras de l'ascenseur de son immeuble l'ont montré décontracté après la disparition de la victime.

Le juge ajoute qu'il a tenu compte de nombreux facteurs aggravants, comme le casier judiciaire de l'assassin, qui était connu de la police pour violence conjugale, violence contre les femmes, enlèvement et séquestration. Il affirme qu'une ordonnance de la cour lui interdit de voir sa fille de 17 ans.

Il précise en outre que Melissa Cooper avait été battue avant de mourir, mais qu'on ne saura jamais la façon exacte dont elle a été tuée ni le mobile du meurtre d'ailleurs. Seul Ian Ohab sait ce qu'il lui a fait endurer, seul Ian Ohab sait où il a dissimulé les restes de son corps, ce qui explique son manque d'introspection.

On voit une illustration judiciaire qui dépeint Michelle Ball, la mère de Melissa Cooper, en train de témoigner à la barre du procès d'Ian Ohab.Michelle Ball, la mère de Melissa Cooper, témoigne à la barre du procès d'Ian Ohab. Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le juge souligne que la famille de la victime ne pourra jamais lui offrir de funérailles décentes, puisque des parties de son corps n'ont jamais été retrouvées à ce jour. Une agonie pour les parents, affirme le magistrat. Leur vie est anéantie à jamais, a-t-il dit.

Le magistrat rappelle qu'Ian Ohab est un toxicomane qui consomme des drogues dures depuis l'adolescence et qu'il est atteint d'un trouble de la personnalité. Il refuse toutefois de le considérer comme une victime comme il l'a laissé entendre dans une lettre qu'il a envoyée au juge après les audiences sur la détermination de la peine à la fin mars.

On voit un dessin d'illustrateur judiciaire qui montre l'accusé Ian Ohab en train d'écouter le réquisitoire de la Couronne durant son procès.L'accusé Ian Ohab écoute le réquisitoire de la Couronne durant son procès. Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Son enfance malheureuse ne peut toutefois constituer un facteur atténuant, en faisant allusion à la défense qui avait demandé une peine de 15 ans à 18 ans ferme.

Le juge conclut en disant qu'une peine de 22 ans ferme est appropriée. Il a également condamné Ian Ohab à 5 ans pour l'accusation secondaire d'outrage envers un cadavre à purger de façon concomitante avec le châtiment principal.

À entendre la peine, la famille Cooper ne cachait pas sa satisfaction dans le prétoire, derrière ses larmes et ses prières. Les parents de la victime ont refusé de s'adresser à la presse à l'extérieur du tribunal.

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