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Blaine Higgs envisage une approche plus ferme pour les constructions en zones inondables

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, en point de presse.
Blaine Higgs a participé au point de presse sur les inondations au Nouveau-Brunswick mardi. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le premier ministre Blaine Higgs songe à adopter une approche plus ferme afin d'encourager les citoyens à déménager en dehors des zones inondables, alors que le niveau des eaux a maintenant dépassé celui des inondations historiques de 2018 à Fredericton et à Saint-Jean.

Blaine Higgs souhaite notamment réviser la délivrance des permis de construction, afin de déterminer s’il y a un moyen de persuader des résidents à abandonner les zones exposées aux inondations. Le premier ministre a fait cette annonce alors que le gouvernement fera certainement face à des demandes d’aide financière aux sinistrés pour une seconde année consécutive.

Nous devons sérieusement considérer les impacts des conditions météorologiques changeantes, comment nous pouvons améliorer l’évaluation des sites de construction de maisons, et comment nous pouvons encourager les gens à déménager au besoin, a-t-il dit en point de presse mardi.

La province a déjà rejeté 11 demandes de permis à des citoyens qui voulaient construire ou reconstruire sur un terrain inondable depuis le mois de mai dernier, selon la porte-parole Erika Jutras.

Les résidents peuvent maintenant signaler les dommages causés par la crue printanière

Le gouvernement a annoncé par voie de communiqué mercredi que les Néo-Brunswickois touchés par les inondations peuvent maintenant signaler les dommages causés par la crue printanière de 2019 en composant le 1-888-298-8555 ou en se rendant sur son site internet (Nouvelle fenêtre).

Le gouvernement rappelle aux résidents de :

  • communiquer immédiatement avec leur compagnie d’assurance pour signaler les dommages subis;
  • prendre des photos des dommages causés à leur domicile ou à leur propriété;
  • conserver les reçus pour toute réparation et tout achat d’articles de remplacement; et
  • tenir un registre du nombre d’heures qu’ils ont mis pour nettoyer leur propriété, ainsi que les heures des membres de leur famille et de toute autre personne qui les ont aidés.

C’est à la suite des inondations historiques de 2018 que le ministère de l’Environnement a commencé à refuser de délivrer de tels permis lorsqu’il est impossible de démontrer qu’une propriété résisterait aux futures inondations.

Ces permis sont requis pour toute construction à moins de 30 mètres d’un cours d’eau ou d’une zone humide.

L’objectif de cette politique est de réduire le nombre de propriétés endommagées année après année par les inondations et, du même coup, le montant que doit débourser le gouvernement pour dédommager les propriétaires sinistrés.

Si les gens veulent rester dans ces territoires, qu’ils assument leur responsabilité, que ce ne soit pas une responsabilité collective où le gouvernement doit [payer] les coûts, souligne quant à lui Omer Chouinard, professeur retraité à l'Université de Moncton en aménagement du territoire.

Il ne faut pas oublier que l’année passée ça a coûté 80 millions de dollars et ça, c’est de l’argent qui vient des contribuables.

Omer Chouinard, professeur retraité à l'Université de Moncton en aménagement du territoire

Certaines rénovations acceptées, d’autres non

Elaine Price, une résidente de Mill Cove dont la maison a été inondée au printemps 2018, assure avoir eu à fournir une preuve d’atténuation des effets des inondations grâce à des travaux afin d’obtenir un permis pour reconstruire sa maison au même endroit.

Je pense que c’est la chose intelligente à faire, avec les changements climatiques, dit-elle. Les choses ont certainement changé.

Elaine Price et son époux ont construit leur maison dans le secteur de Grand Lac en 2002. Lors d’une année normale, l’eau inonde une partie de leur terrain, mais ne se rend pas jusqu’à leur maison.

La maison est complètement entourée d'eauLa maison d'Elaine Price inondée au printemps 2018. Photo : Gracieuseté d'Elaine Price

Après avoir été inondés en 2008 et 2018, ils ont décidé de surélever leur maison, qui reposait directement sur le béton, et d’ajouter des fondations.

De telles rénovations seront acceptées pour certaines propriétés, mais pas pour toutes. Dans certains cas il n’y a rien à faire pour garantir que le bâtiment ne sera pas endommagé lors de futures inondations, lance Blaine Higgs.

Quelle responsabilité pour le gouvernement?

Omer Chouinard rappelle cependant que le gouvernement doit aussi faire ses devoirs par rapport aux endroits qu’il choisit pour construire des infrastructures importantes.

On a vu l’an dernier qu’on a été obligé de fermer la Transcanadienne à cause des inondations. Ça a été construit à la fin des années 1990 et on disait qu’il n’y aurait pas de problèmes pendant 35 ans, mais [les inondations] se sont produites.

Ces phénomènes vont arriver de plus en plus souvent et seront de plus en plus sérieux.

Omer Chouinard, professeur retraité à l'Université de Moncton en aménagement du territoire

L'année dernière, le gouvernement libéral a accepté de payer jusqu'à 6100 $ pour la réparation de chalets et d'autres propriétés récréatives, qui ne sont normalement pas admissibles à une telle indemnisation.

Les libéraux ont assuré que les nouvelles exigences plus strictes en matière de permis garantiraient que les paiements de 2018 ne créent pas de précédent.

Avec les informations de Jacques Poitras de CBC et de Margaud Castadère

Nouveau-Brunswick

Incidents et catastrophes naturelles