•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’essence, bientôt à 1,50 $ le litre?

Un piston dans une station-service.

Plusieurs facteurs influencent le prix de l'essence à la pompe.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Gérald Fillion

Au Québec, ailleurs au pays, aux États-Unis, le prix de l'essence est en hausse, mais demeure sous les niveaux enregistrés au cours de la même période au début de 2018. Cela dit, la croissance des prix s'accélère et tend à rattraper le niveau de 2018. Se dirige-t-on, en plusieurs endroits, à plus de 1,50 $ le litre ?

Comme chaque année, à ce temps-ci de l’année, les déplacements commencent à augmenter et cette tendance va s’accélérer avec l’arrivée de l’été. La demande est plus forte, donc la pression à la hausse sur les prix est naturelle.

Comme à chaque année aussi, on rapporte des modifications dans les capacités de raffinage en raison de réparations et d’entretien. Elles doivent apporter certains changements dans leurs installations pour passer au carburant d’été, ce qui nécessite une réduction temporaire du raffinage. Les capacités sont donc resserrées, ce qui crée une autre pression à la hausse sur les prix de l’essence.

La marge de raffinage d’ailleurs a beaucoup augmenté sur la côte atlantique. Du quatrième trimestre 2018 jusqu’à la semaine se terminant le 19 avril 2019, les marges sur différents types de pétrole ont augmenté d’environ 30 %. Et l’écart de prix qu’on notait entre le prix WCS (Western Canadian Select) pour le pétrole des sables bitumineux de l’ouest canadien avec le prix moyen américain a fondu. Les capacités de la province ont augmenté et l’écart de 30 ou 40 $ est passé à 10 à 15 $.

De plus, les coupes dans la production de l’OPEP ont fait pression à la hausse sur les prix, bien qu’elles soient contrebalancées par la production qui s’accélère dans le pétrole de schiste aux États-Unis.

Néanmoins, le prix du baril de pétrole est passé de 48 $ aux États-Unis il y a trois mois à 66 $ mardi, une hausse de près de 40 %. Les sanctions de l’administration Trump contre le Venezuela et l’Iran font pression à la hausse sur le prix du pétrole.

Avec les marges de raffinage qui augmentent, avec le prix du pétrole qui est à la hausse, la TPS et la TVQ progressent aussi puisqu’elles s’appliquent sur le coût d’acquisition et les marges de détail qui fluctuent. Elles s’appliquent aussi, en passant, sur la taxe d’accise fédérale de 10 cents, la taxe sur l’essence de 19 cents et la taxe pour le transport en commun de 3 cents. Oui, oui, vous avez bien lu : les taxes taxent les taxes!

Voici donc l’évolution des prix de l’essence depuis le début de l’année à Montréal. Je vous présente les données pour 2019 et 2018, vous pourrez alors constater que le prix est plus faible cette année, mais que la tendance à la hausse est la même. On constate que la hausse s’accélère d’ailleurs en 2019 et pourrait rattraper le prix moyen de près de 1,50 $ en mai 2018.

Par ailleurs, comme l’expliquait l’économiste et stratège Luc Vallée, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, mardi soir à RDI économie, la demande énergétique demeure en croissance aux États-Unis. La hausse est moins forte depuis les années 2000, mais c’est attribuable en grande partie à la récession de 2008 et 2009.

De plus, la demande en énergies fossiles ne fléchit pas. La consommation de pétrole et de gaz naturel a augmenté aux États-Unis de 2017 à 2018, alors que celle pour le charbon a faiblement reculé.

La part des énergies renouvelables a faiblement augmenté.

Ces éléments tendent à maintenir la pression à la hausse sur les cours du pétrole et les prix de l’essence.

Beaucoup de gens nous demandent pourquoi le prix de l'essence revient à 1,50 $ alors que le prix du pétrole ne dépasse pas 70 $ alors qu'il dépassait les 120 $ en 2008. La raison est simple : en 2008, le dollar canadien était presque à parité avec le dollar américain.

De plus, les taxes ont augmenté depuis un peu plus de 10 ans : la taxe sur l'essence, la taxe sur le carbone, la taxe du transport en commun. Il est bien possible aussi que les marges soient plus élevées.

Sources : Régie de l’énergie du Québec, GasBuddy, USA Today, S&P Global

Industrie pétrolière

Économie