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Londres autoriserait une participation limitée de Huawei au réseau 5G

Un homme regarde son téléphone devant une enseigne lumineuse sur laquelle on peut lire « 5G ».
Un homme consulte son téléphone cellulaire devant une enseigne annonçant la technologie 5G lors du Mobile World Congress tenu cet hiver, à Barcelone. Photo: Reuters / Rafael Marchante
Radio-Canada

Le gouvernement britannique va autoriser une participation limitée de Huawei au réseau 5G, selon des informations révélées mercredi par le Daily Telegraph et confirmées par l'agence Reuters.

Londres aurait décidé que l'équipementier chinois ne serait pas impliqué dans le coeur de ce futur réseau mobile censé révolutionner les télécommunications sans fil, mais sur des infrastructures moins sensibles, comme les antennes.

Cette décision pourrait constituer une voie de passage entre les États-Unis, qui demandent à leurs alliés, dont le Canada, de bannir Huawei de la technologie 5G, en arguant que la compagnie permettrait à la Chine, son grand rival commercial, de faire de l'espionnage.

Selon le Telegraph, elle a été prise mardi par la première ministre Theresa May lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC), composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité.

Elle aurait fait fi des réserves affichées par d'autres membres de son gouvernement, dont le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid, celui des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, de la Défense, Gavin Williamson, et du Commerce international, Liam Fox.

Downing Street a refusé de commenter l'information du Telegraph, tandis que le ministère du Numérique a renvoyé à une étude du gouvernement sur le réseau de télécommunications britannique, dont les conclusions seront bientôt dévoilées.

« Il est essentiel que nous trouvions le juste équilibre, pour nous assurer que nos réseaux sont construits d’une manière qui est sécuritaire face aux interférences de quelque source que ce soit, mais qu’ils soient aussi concurrentiels », a commenté le ministre des Finances, Philip Hammond .

« Si nos experts en sécurité nous disent qu’il y a des façons de maintenir la sécurité – que ce soit des réseaux ou des installations – afin d’éviter les choix économiques les plus coûteux, nous devons étudier ces options très attentivement », a-t-il ajouté.

La secrétaire d'État au Numérique, Margot James, a déclaré pour sa part sur Twitter que la décision « finale » n'avait pas encore été prise.

Un homme tend la main vers une présentation vidéo d'une tour de télécommunication devant plusieurs journalistes.Huawei a présenté en janvier 2019 ses équipements pour le réseau 5G à Pékin en Chine. Photo : Getty Images / Fred Dufour

Huawei s'est néanmoins félicité des informations de la presse britannique. « Alors que nous attendons l'annonce formelle du gouvernement, nous sommes heureux que le Royaume-Uni continue d'adopter une approche fondée sur les faits et nous continuerons de travailler en coopération avec le gouvernement et le secteur », a indiqué la firme dans un communiqué.

Une solution pour Ottawa?

La technologie 5G sera beaucoup plus rapide et performante que celle actuellement utilisée pour les télécommunications sans fil. En permettant la transmission de quantités de données beaucoup plus importantes, elle doit entraîner l’essor de l’Internet des objets (voitures autonomes, appareils industriels connectés, etc.).

Cette perspective s’accompagne toutefois de risques accrus pour la sécurité nationale, selon les États-Unis et d’autres experts, dans la mesure où une cyberattaque se traduirait par des perturbations beaucoup plus importantes que celles qui peuvent se produire à l’heure actuelle.

La décision des Britanniques pourrait servir d’exemple pour d’autres pays européens, qui hésitent à se rendre aux demandes de Washington, mais aussi pour le Canada, qui hésite encore sur la marche à suivre dans ce dossier.

L’affaire est délicate dans la mesure où Canada est l’un des cinq membres du partenariat des services de renseignement connu sous le nom de Five Eyes, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ces deux derniers pays ont déjà accepté de bannir l'entreprise de leur territoire.

Jusqu'à nouvel ordre, Ottawa analyse les risques à la sécurité nationale que pourrait faire courir une participation de Huawei au développement de la technologie 5G. On ne sait pas à quel moment une décision définitive sera prise dans ce dossier.

L'analyse stratégique se déroule sur fond de litige entre la Chine et le Canada, depuis que la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver en décembre dernier, à la demande des États-Unis.

Dans les jours qui ont suivi, deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, ont été arrêtés en Chine, où ils sont toujours détenus.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Daily Telegraph

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