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Développement économique freiné par la pollution de l'air à Lac-Mégantic : faux dit la mairesse

De la fumée émanant d'une cheminée.

De la fumée émanant d'une cheminée de l'usine manufacturière Tafisa, à Lac-Mégantic.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, a senti le besoin de rectifier certains faits énoncés par le directeur général de la Société de développement économique du Granit, François Chalifour. Elle soutient qu'aucun moratoire empêchant l'implantation de nouvelles industries polluantes n'a été imposé à la ville.

Radio-Canada Estrie rapportait mardi qu'en raison de la saturation de l'air, le ministère de l'Environnement a été obligé d'imposer un moratoire qui interdit l'implantation de nouvelles usines polluantes ou l'agrandissement d'usines polluantes existantes et qui force également des entreprises manufacturières à déplacer leurs résidus de bois pour les brûler.

À notre information, il n'y a aucun moratoire qui est donné actuellement. Il y a effectivement des normes du ministère de l'Environnement. C'est normal et c'est tant mieux dans une ère où on veut protéger l'environnement. Ici, on atteint un niveau assez élevé qui a un impact. Je ne peux pas dire que ça freine le développement. On a la chance d'avoir une grappe industrielle en formation, a-t-elle indiqué au micro de Par ici l'info mercredi matin.

Toutefois, le directeur général de la Société de développement économique du Granit, François Chalifour, dans une entrevue accordée à Radio-Canada, a affirmé qu'il y avait une perte économique parce qu'on n'a plus aucune capacité d'attraction. Ces pertes sont chiffrées à près de 2 millions selon lui.

Selon Mme Morin, les normes environnementales sont les mêmes partout au Québec. Nous, parce qu'on a la grappe du bois, certains niveaux sont plus élevés. Par contre, toutes les normes sont respectées. Pour respecter ces normes, certaines entreprises envoient leurs matières ailleurs. C'est là-dessus que nous travaillions parce qu'en plus des pertes économiques, ça crée d'autres gaz à effet de serre parce qu'on met des matières sur des camions. 

Pour elle, le développement économique de Lac-Mégantic ne souffre pas du tout de ces normes environnementales. En aucun cas, il n'y a un frein au développement industriel. Nos entreprises continuent de se déployer de façon très importante. Bestar a investi, au cours des dernières années, 6 millions de dollars et Tafisa, 17 millions pour améliorer l'empreinte écologique.

Il y a deux ans, selon la Société de développement économique du Granit, Bestar avait voulu ajouter une nouvelle chaudière dans son usine de Lac-Mégantic ce qui lui a été refusé à cause d'enjeux de pollution.

Radio-Canada Estrie a également appris que d'autres entreprises qui avaient voulu s'installer dans la municipalité, mais qu'elles ont changé d'idée en raison du moratoire.

En décembre dernier, la Direction de la santé publique de l'Estrie a soutenu que le taux d'arsenic dans l'air de Lac-Mégantic ne présentait aucun risque pour ses citoyens. Depuis la tragédie de Lac-Mégantic en 2013, le ministère de l'Environnement surveille la qualité de l'air à l'aide de trois stations d'échantillonnage. Les données recueillies de septembre 2016 à septembre 2017 à la station du barrage ont permis de déceler une concentration moyenne d’arsenic de 5,1 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) alors que la norme québécoise se situe à 3 ng/m3.

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