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Inondations : « Il y a encore des secteurs à risque », affirme la ministre Guilbault

Des militaires construisent une digue.

L'armée a été déployée à Saint-André-d'Argenteuil pour aider à protéger les infrastructures et les résidences.

Photo : Radio-Canada / Vincent Resseguier

Radio-Canada

La situation semble peu à peu se stabiliser dans les différentes régions du Québec, où le nombre de résidences inondées et de citoyens évacués est en baisse. Les autorités municipales et le gouvernement demeurent toutefois aux aguets, notamment dans la région de Gatineau, ainsi qu'aux environs de Rigaud.

Selon le plus récent bilan publié par Urgence Québec, à 19 h, 2499 résidences sont toujours inondées au Québec, tandis que ​2177 autres sont isolées par les flots. Au total, quelque 972 personnes étaient toujours évacuées.

Les régions de Chaudière-Appalaches et des Laurentides demeurent les plus touchées, notamment à Beauceville, avec 300 résidences inondées, à Amherst (200 résidences) et à Saint-André-d'Argenteuil (167 résidences). C'est également dans les Laurentides que l'on compte environ la moitié des personnes ayant dû quitter leur domicile devant l'avancée de l'eau.

« Secteurs à risque »

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, met en garde contre la tentation d'affirmer que le pire des inondations printanières est derrière nous. « Il y a encore plusieurs secteurs à risque que l'on surveillera étroitement au cours des prochaines heures, des prochains jours, notamment l'Outaouais, Nicolet, ainsi que Rigaud, qui a été durement touchée depuis le début », a-t-elle précisé lors d'un passage sur les ondes de Midi info, à ICI Première.

Selon Mme Guilbault, toutefois, le niveau d'eau est effectivement stable, voire en baisse dans plusieurs secteurs du Québec. « Il ne faut surtout pas baisser la garde », a-t-elle réitéré, en invitant la population à respecter les consignes des autorités locales.

La ministre a par ailleurs précisé que le prix de rachat de 200 000 $ proposé par le gouvernement caquiste pour inviter les citoyens inondés à répétition à quitter leur domicile pour s'installer ailleurs était un « prix moyen ».

« C'est certain que pour des gens, ce ne sera pas suffisant, et que pour d'autres, ce sera avantageux, mais on pense que c'est un bon compromis », a-t-elle déclaré, en évoquant un « accompagnement humain ».

Faudrait-il établir un prix flexible en fonction des régions, pour tenir compte des fluctuations des prix de l'immobilier? « Je suis ouverte à des discussions, mais la mesure a été prévue ainsi au moment où on se parle. On comprend que c'est une situation très délicate, très difficile », a souligné la ministre.

« Je serai toujours là pour discuter de gros bon sens. [...] Beaucoup de gens ont fait le choix d'aller s'installer sur le bord de l'eau, ce qui est accompagné d'un plus grand risque d'inondation. »

Fonte des neiges à l'horizon

En Outaouais, la fonte anticipée des neiges vient ajouter aux craintes des résidents des villes jouxtant la rivière du même nom. À Gatineau, d'importantes digues ont été érigées en prévision d'une forte hausse du niveau de l'eau qui serait provoquée par la disparition des dernières traces de l'hiver.

Selon les autorités, le bassin Nord de la rivière des Outaouais serait capable de contenir environ 40 % des eaux de ruissellement; cependant, puisque le couvert neigeux est deux fois plus important qu'à pareille date l'an dernier, le niveau de l'eau peut bondir si de grandes quantités de pluie s'abattent sur la région au cours des prochaines heures et des prochains jours.

Les experts indiquent toutefois que les niveaux sont « normaux » pour l'instant. Le pic de la crue est prévu pour dimanche ou lundi dans la région de la capitale fédérale.

« Nous ne sommes pas en mode panique, parce que nous avons déjà déployé la majorité des sacs [de sable] dont nous avons besoin, mais il faut être prêts à se redéployer en cas de besoin, voire à évacuer », a indiqué Mike Duggan, conseiller municipal de la Ville de Gatineau.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'est par ailleurs rendu sur place pour y rencontrer des sinistrés. Quelque 133 résidences gatinoises sont inondées, selon le dernier bilan.

« Malheureusement, on se retrouve encore une fois en situation d’inondation ici, au Québec, et à travers le pays. On sait qu’avec les changements climatiques, ça va arriver de plus en plus souvent », a-t-il lancé.

Toujours dans la région, le village de Saint-André-Avellin s'est réveillé les pieds dans l'eau, après la crue de la rivière Petite-Nation.

Le niveau de l’eau a monté d’environ 15 cm au cours de la nuit et s’approche maintenant de celui de 2008, où la rivière avait atteint son niveau le plus élevé en 45 ans.

Un peu plus près de Montréal, à Saint-André-d'Argenteuil, l'armée canadienne est déployée pour tenter d'éviter le pire, la rivière du Nord étant sortie de son lit.

Selon Marc Olivier Labelle, maire de la municipalité, la situation est différente de celle de 2017, entraînant entre autres des préoccupations liées à la protection des infrastructures.

« Nous n'avons pas eu d'évacuations supplémentaires cette nuit; nous avons trois équipes déployées [mercredi] matin » pour rencontrer les citoyens et évaluer leurs besoins, a-t-il poursuivi.

On sent que le moral de certains est plus difficile avec la pluie, l'augmentation du niveau [de l'eau].

Marc Olivier Labelle, maire de Saint-André d'Argenteuil

« Historiquement, il y a toujours eu deux crues... [...] On anticipe une hausse sur plusieurs semaines. L'important, c'est de s'assurer que nos citoyens sont en sécurité », a encore mentionné M. Labelle.

« Le moral est bon, mais c'est certain que pour certaines personnes, c'est plus difficile », a précisé le premier magistrat, avant d'ajouter que des équipes municipales consultaient les citoyens pour s'assurer non seulement de répondre aux besoins matériels, mais aussi aux besoins psychologiques.

Entrevue avec Pierre-Paul Malenfant, travailleur social et expert en intervention psychosociale en sécurité civile

De l'autre côté de la rivière, la cavalerie de la Sûreté du Québec a été déployée à Rigaud, alors que les routes instables empêchent l'armée d'y faire rouler ses blindés.

Un panneau d'arrêt qui disparaît pratiquement sous les eaux après des inondations.

La crue des eaux s'est avérée particulièrement importante à Saint-André-d'Argenteuil

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Mobilisation à destination de la Mauricie

À Sherbrooke, des membres des Forces armées se mobilisent en vue d'un déploiement en Mauricie. Comme l'indique le capitaine Philippe Yargeau, des « Sherbrooke Hussars », 430 réservistes participent actuellement à l'opération militaire visant à prêter main-forte aux autorités civiles.

Les militaires réaliseront différentes tâches comme remplir des sacs de sable, procéder à des évacuations ou toutes autres missions que vont leur confier les autorités de la sécurité civile.

« Présentement, à Trois-Rivières, c'est surtout des sacs de sable et des digues qu'on fait. On est aussi en soutien aux pompiers pour procéder aux évacuations de personnes qui seraient dans le besoin », donne en exemple le caporal-chef Guillaume Couture.

Les eaux progressent au Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, les régions situées le long du fleuve Saint-Jean sont aux prises avec un niveau d'eau qui augmente, forçant bien des résidents du sud de la province à faire preuve d'ingéniosité pour protéger leur résidence, voire à quitter leur maison.

L'avancée des eaux est telle dans la province que les autorités sont sur le point de fermer l'autoroute Transcanadienne.

En 2018, des inondations historiques avaient forcé la fermeture du même tronçon de l'autoroute pendant plusieurs jours.

« Dans le sud du bassin, les niveaux sont encore en train d’augmenter. Ils vont rester hauts pour plusieurs jours. Il faut rappeler que ce sont des niveaux importants. Si vous avez déjà été inondés dans le passé, on vous conseille d’évacuer votre maison », dit un porte-parole de l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick, Shawn Berry.

À Fredericton, le niveau des eaux a légèrement dépassé celui de l'an dernier. Il était à 8,35 mètres mardi, comparativement à 8,31 mètres en 2018, mais les conséquences sont similaires à celles de l'an dernier, selon le directeur des mesures d'urgence de Fredericton, Wayne Tallon.

L’inondation dans la capitale provinciale touche pour le moment de 100 à 150 propriétés, estime M. Tallon. « Personne n’a fait d’évacuation, alors ils demeurent toujours dans leurs maisons. Mais nous, nous en prenons soin. Disons qu’on fait des [vérifications] deux fois par jour. On cogne aux portes pour [être] certains qu’ils ont encore tout ce dont ils ont besoin », dit-il.

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