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CS des Rives-du-Saguenay : une commissaire se dit muselée

La commissaire Sonia Desgagné assise à la table.

La commissaire Sonia Desgagé affirme qu'elle subit de l'intimidation et qu'elle est brimée dans son droit de parole.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon

La commissaire Sonia Desgagné accuse le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay de la museler et de l'intimider.

Celle qui siège depuis 21 ans se dit brimée dans son droit de parole. Elle considère que le climat demeure tendu et malsain entre les murs de la commission scolaire, malgré tous les efforts déployés par la direction pour rétablir un climat exempt de violence et d’intimidation.

Sonia Desgagné a souhaité s’exprimer lors de l’assemblée mensuelle du conseil des commissaires, mardi soir. Un point la concernant avait d’ailleurs été ajouté à l’ordre du jour.

Je veux remettre les pendules à l’heure en ce qui me concerne. Ça fera 21 ans que je suis commissaire. J’ai donné le meilleur de mes valeurs […] Mais depuis deux ans, ça va mal. J’en ai ras-le-bol. Il y a eu des injustices.

Sonia Desgagné, commissaire, CS des Rives-du-Saguenay

Un commissaire a toutefois demandé le huis clos, ce qui l’a empêchée d’aller au fond de sa pensée.

Au terme de la séance, Sonia Desgagné a laissé entendre que la direction de la commission scolaire a déposé une plainte au commissaire à l’éthique à son sujet. Elle croit que sa prise de position en faveur de l’ancienne directrice générale, Chantale Cyr, et son témoignage devant le tribunal administratif dans le dossier du congédiement de l’ex-DG ont été mal reçus par la commission scolaire.

Moi, je ne peux pas être solidaire d’eux autres. Ils m’ont fait une plainte et je suis toute seule. Je venais faire état [ce soir] que je ne suis pas si bête que ça, a-t-elle signifié avec émotion.

La présidente, Liz S. Gagné, s’est montrée plutôt laconique.

Je n’ai pas de commentaire là-dessus. C’est à Mme Desgagné à s’exprimer. Maintenant, elle a des collègues ici et elle peut s’exprimer à huis clos, a-t-elle affirmé.

Rappel

Un climat tendu s’est installé entre les murs de la commission scolaire des Rives-du-Saguenay après l’embauche de l’ex-directrice générale Chantale Cyr en 2016.

Dès la réélection de Liz S. Gagné au poste de présidente en mai 2017, les relations entre les deux femmes se sont avérées difficiles. Chantale Cyr est partie en congé de maladie à l’automne 2017. Quelques mois plus tard, elle a reçu une lettre de congédiement. On lui reprochait notamment d’entretenir un climat de peur et de suspicion et d’administrer la commission scolaire d’une main de fer.

Chantale Cyr affirme plutôt avoir été victime de harcèlement de la part de Liz S. Gagné. Elle conteste son congédiement, qu'elle juge illégal.

En février, la commissaire Desgagné a témoigné en faveur de Chantale Cyr devant le tribunal administratif. Selon elle, l’ancienne DG a tout fait pour redresser la commission scolaire et ne méritait pas d’être licenciée.

Les audiences du tribunal administratif se poursuivront la semaine prochaine. Liz Gagné n’a pas encore été appelée à témoigner. En mars dernier, elle a confié avoir très hâte de livrer sa version des faits. Mardi, elle a plutôt laissé entendre qu’elle souhaitait que le dossier aboutisse enfin.

Que ce soit tout le dossier de Mme Cyr, ce n’est pas un dossier agréable ni pour elle ni pour nous. Donc on doit composer avec ce qu’on a à vivre et je témoignerai quand on me le demandera, assure Liz S. Gagné.

Arrêté ministériel

Les déboires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont incité le ministère de l’Éducation à déclencher une enquête portant sur la gouvernance en 2018. Un arrêté ministériel contenant une série de recommandations a été adopté en juin 2018.

L’ex-directrice générale du Cégep de Chicoutimi, Denyse Blanchet, a été nommée accompagnatrice par Québec. Son mandat prendra fin en juin. Le ministère ne peut dire si l’accompagnement se poursuivra pour une deuxième année.

Mardi soir, le conseil des commissaires a adopté le rapport mensuel qu’il doit fournir au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour lui rendre compte de l’avancement des travaux visant à éradiquer le harcèlement, instaurer plus de transparence et améliorer les mécanismes de reddition de comptes.

La directrice générale, Johanne Allard, se réjouit du fait que la commission scolaire amorce le dernier droit des travaux qu’elle doit réaliser pour répondre aux exigences de l’arrêté ministériel.

Saguenay–Lac-St-Jean

Éducation