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Le projet éolien Apuiat pourrait être relancé grâce à New York

Deux éoliennes du parc éolien Nicolas-Riou.

Hydro-Québec pourrait en effet avoir besoin dans un avenir rapproché de l'électricité d'Apuiat et de ses éoliennes. Ici, on peut voir celles du parc éolien Nicolas-Riou.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

La Presse canadienne

L'appétit de la Ville de New York pour l'hydroélectricité québécoise pourrait contribuer à ressusciter Apuiat, ce projet éolien des Innus que le gouvernement caquiste avait torpillé l'an dernier.

Hydro-Québec pourrait en effet avoir besoin dans un avenir rapproché de l'électricité d'Apuiat, si le maire de New York, Bill de Blasio, concrétise son intention exprimée lundi d'alimenter sa métropole à 100 % avec de l'hydroélectricité canadienne d'ici à 2020.

La société d'État québécoise essaie actuellement d'écouler ses surplus d'énergie, estimés pour 2019 à 12,6 térawattheures (TWh). Or, ce juteux contrat d'approvisionnement en gestation avec New York pourrait solliciter jusqu'à 5 TWh par an.

Le maire de New York Bill de Blasio.

Le maire de New York Bill de Blasio

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Si le projet d'entente d'approvisionnement de 9,45 TWh par an avec le Massachusetts aboutissait, le parc éolien Apuiat, avec son potentiel de 200 mégawatts (MW), permettrait de sécuriser les approvisionnements.

En mêlée de presse mardi à Québec, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a confirmé que le Québec allait « réactiver de manière intense » les négociations avec New York, en plus de rouvrir la porte aux Innus de la Côte-Nord.

Pour nous, c'est clair que le prochain projet électrique de toute nature sera Apuiat, donc aussitôt qu'on aura la démonstration que nos surplus seront bien entamés, Apuiat aura lieu.

Jonatan Julien, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles

Rappelons que le gouvernement Legault avait bloqué l'automne dernier le projet de 600 millions de dollars des Innus, qui avait pourtant reçu l'appui du précédent gouvernement libéral.

Le gouvernement caquiste faisait valoir qu'Hydro devait d'abord écouler ses surplus avant de s'engager à acheter l'électricité d'Apuiat, qui représentait un « coût potentiel » de 1,6 milliard de dollars pour la société d'État.

Le premier ministre François Legault avait toutefois fait valoir, en guise de consolation auprès du Conseil de la Première Nation des Innus ESSIPIT, que son projet serait réactivé en priorité dès qu'Hydro aurait écoulé ses surplus.

Une carte montrant la localisation du projet Apuiat, près de Rivière-Pentecôte et à une quarantaine de km de Port-Cartier.

Les éoliennes d'Apuiat se trouveraient à une quarantaine de kilomètres du centre de Port-Cartier

Photo : Apuiat.com

Cependant, ces nouveaux blocs d'énergie dont Hydro disposerait éventuellement aux fins d'exportation pourraient bien ne pas être aussi attrayants que l'espère la société d'État pour les clients potentiels.

Le professeur Jean-Thomas Bernard, de l'Université d'Ottawa, qui est spécialiste en énergie, lance un appel à la prudence.

Par exemple, pour le complexe hydroélectrique La Romaine sur la Côte-Nord, qui n'est pas encore totalement achevé, Hydro-Québec évalue le coût du kWh à 6 cents ou 6,5 cents, un prix encore concurrentiel. Mais « de la nouvelle électricité au Québec à ce prix, il n'en existe plus, il faut être prudent dans les engagements à long terme », a-t-il expliqué dans une entrevue avec La Presse canadienne.

« On est en période de surplus et le meilleur prix que l'on peut obtenir [sur les marchés] est le prix standard, puisque les coûts sont déjà encourus. Mais pour des engagements de long terme où il faudrait développer [de nouveaux projets] afin de respecter ces contrats, il faut garder à l'esprit le coût de ces nouveaux développements », a-t-il encore dit.

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