•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pollution de l'air ralentit le développement économique de Lac-Mégantic

De la fumée émanant d'une cheminée.
De la fumée émanant d'une cheminée de l'usine manufacturière Tafisa, à Lac-Mégantic. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Si elle ne présente aucun danger pour les citoyens, la présence d'arsenic et d'autres polluants dans l'air de Lac-Mégantic a d'importantes conséquences sur le développement économique de la municipalité. Radio-Canada a appris que la saturation de l'air de Lac-Mégantic a obligé le ministère de l'Environnement à y imposer un moratoire empêchant l'implantation de nouvelles industries polluantes.

En plus d'empêcher la venue de nouvelles industries, le moratoire force des entreprises manufacturières comme Bestar et Tafisa à déplacer leurs résidus de bois pour les brûler, explique le directeur général de la Société de développement économique du Granit, François Chalifour.

Aucune entreprise ne peut brûler davantage que ce qu'on brûle présentement. Donc nous, on a une perte économique, parce qu'on n'a plus aucune capacité d'attraction. Ces entreprises-là produisent des résidus et doivent les brûler nécessairement; donc, on estime présentement entre 1,5 million de dollars et 2 millions de dollars les frais de transport de ces résidus-là à l'extérieur de la région pour les brûler, parce qu'on ne peut plus les brûler ici, mentionne-t-il.

Nous, on veut que le développement industriel continue, mais il faut le faire avec zéro émission, ce qui est compliqué dans un secteur industriel, déplore quant à lui Jacques Breton, maire de Nantes et membre du conseil d'administration de la Société.

Depuis la tragédie de Lac-Mégantic en 2013, le ministère de l'Environnement surveille la qualité de l'air à l'aide de trois stations d'échantillonnage. Les données recueillies de septembre 2016 à septembre 2017 à la station du barrage ont permis de déceler une concentration moyenne d’arsenic de 5,1 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) alors que la norme québécoise se situe à 3 ng/m3.

En décembre dernier, la Direction de la santé publique de l'Estrie a soutenu que le taux d'arsenic dans l'air de Lac-Mégantic ne présentait aucun risque pour ses citoyens.

Bestar, Tafisa, Industrie manufacturière Mégantic et Masonite représentent près de 70 % de toute l'activité économique de la région. S'il est envisagé d'acheter un incinérateur qui pourrait brûler à une température atteignant 3000 degrés Celsius et qui éliminerait toute particule susceptible de s'échapper dans l'air, François Chalifour remet en question le règlement d'assainissement de l'air qui prévaut à Lac-Mégantic.

Pourquoi nous, on est plafonnés comparativement à d'autres régions qui ne le sont pas? En matière d'attractivité industrielle, on travaille toujours en fonction de nos forces et nos faiblesses. On a une filière du bois, on est très attractifs dans cette filière en raison de la proximité de la matière première et du transport ferroviaire, donc c'est excessivement sérieux pour nous, souligne-t-il.

Le ministère de l'Environnement n'a pas rappelé Radio-Canada.

Estrie

Industries