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L’entreprise Gazoduq dévoile un tracé plus précis aux élus de l'Abitibi-Témiscamingue

Une carte montre de tracé d'un projet de gazoduc.
L'entreprise Gazoduq a dévoilé un tracé plus précis de son projet de gazoduc de gaz naturel passant de l'Ontario au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Photo: gracieuseté Gazoduq
Thomas Deshaies

L'entreprise Gazoduq a convié des élus de la MRC d'Abitibi à une rencontre mardi afin de leur présenter un tracé plus précis du gazoduc de 780 kilomètres qui traverserait l'Abitibi pour se rendre au Saguenay. Celui-ci éviterait les grandes agglomérations de l'Abitibi-Témiscamingue pour passer sur les territoires de plus petites municipalités.

Les médias n'étaient pas invités à la rencontre puisqu’un breffage technique se tiendra mercredi, à Rouyn-Noranda. Un groupe de citoyens est toutefois parvenu, après des négociations, à assister à la réunion.

Selon eux, le gazoduc projeté passerait au nord de Rouyn-Noranda, au sud du parc national d’Aiguebelle et sur le territoire de plusieurs municipalités, dont celles de La Motte, La Corne, Preissac, Belcourt, Barraute et Senneterre. Il traverserait la rivière Harricana, entre La Corne et La Motte.

Un centre de compression de 400 mètres sur 400 mètres serait construit à La Corne.

Ces informations ont été confirmées dans un communiqué de presse envoyé par l’entreprise en fin d’après-midi. On y précise que le gazoduc serait d’une longueur de 317 kilomètres en Abitibi.

L’implication citoyenne

Le maire de Saint-Mathieu-d’Harricana, Martin Roch, qui a participé à la rencontre, estime que l’entreprise a déjà su prendre en considération certaines des préoccupations. Il n’y aura pas de tracé chez nous, sur notre esker [Saint-Mathieu-d’Harricana], s’est-il réjoui.

Il invite tous les citoyens à s’impliquer dans la réflexion et à chercher des informations à la source. On encourage beaucoup nos citoyens à s’impliquer dans ces débats-là et de positionner leurs réflexions, mais pas toujours juste d’écouter les nouvelles, s’est-il exclamé.

Le préfet de la MRC d’Abitibi, Sébastien d’Astous, affirme qu’il suivra l’évolution du projet de près, puisqu'il inquiète certains citoyens, constate-t-il. C’est à Gazoduq à faire ses preuves, à démontrer la viabilité du projet, quand on parle de la viabilité, c’est de vivre avec les gens qui sont là, avec la nature et l’environnement. C’est à eux à passer au travers des communications puis de l’acceptabilité sociale, a-t-il souligné.

Des citoyens critiquent l’entreprise

Le militant Rodrigue Turgeon, qui a assisté à la rencontre, se questionne sur la transparence de l’entreprise. Il craint que Gazoduq ait préféré dévoiler des informations à des petits groupes, à huis clos, pour tenter d’avoir d’abord l’adhésion d’acteurs influents, avant d’amener l’information sur la place publique.

Le tracé passe en pleine nature, ça va être des centaines d’hectares qui vont être détruits, des corridors migratoires qui vont être scindés. Heureusement, on sent que l’ensemble de la population du Québec est préoccupé. On va avoir besoin du soutien de l’ensemble de la province.

Rodrigue Turgeon

Il se demande même si la présence des citoyens aux abords de la rencontre avec les élus de mardi n’a pas forcé l’entreprise à dévoiler plus rapidement des informations au grand public et à convoquer un breffage technique aux médias. Si le tracé est aussi bien défini aujourd’hui, pourquoi on n’ouvre pas à l’ensemble de la population, s’insurge-t-il. Heureusement, on a eu une discussion avec notre maire à Amos qui va s’impliquer à tenir des consultations au Théâtre des eskers pour l’ensemble de la population de l’Abitibi.

Il se questionne aussi sur la rapidité avec laquelle l’entreprise a considéré les préoccupations des citoyens pour proposer son tracé, alors que le projet n’est connu du grand public que depuis novembre.

Le citoyen Mathieu Gagné, d’Amos, qui faisait partie du groupe, n’est pas rassuré par le tracé proposé, même s'il ne passera pas sur le territoire d’Amos. Je m’oppose carrément c’est sûr, je ne vois pas pourquoi ils veulent travailler avec une énergie comme cela. En plus, ça s’en va s’exporter, a-t-il déploré.

Gazoduq invite les citoyens à prendre part à leurs consultations

Selon la directrice des affaires publiques et relations avec les communautés pour Gazoduq, Marie-Christine Demers, le tracé proposé est « de moindre impact » et évite de nombreuses zones sensibles. L’entreprise réalisera ensuite des inventaires de la faune et de la flore sur le tracé projeté.

Gazoduq invite la population à prendre part aux éventuelles consultations publiques. La consultation, on la veut transparente, ouverte, on veut se baser sur des faits. On veut que les gens viennent à notre rencontre, martèle Mme Demers.

Aujourd’hui, on présentait [le tracé] à des élus qui sont démocratiquement élus par la population pour qu’ils soient en mesure de partager l’information également, mais via les médias on souhaite que la population ait également accès à l’information.

Marie-Christine Demers

Pour l’instant, l’entreprise rencontrera différents groupes ayant pris part aux premières consultations, mais aucune consultation publique n’est prévue. Tout cela va se préciser dans les prochaines semaines, précise toutefois Mme Demers. Les activités spécifiques seront proposées sous peu, éminemment.

Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles