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L'État de Washington pourrait permettre le « compostage humain » dès 2020

Deux mains ouvertes, contenant des copeaux de bois et de la terre.

Un échantillon du compost issu de la décomposition d'un corps humain, utilisant une combinaison de copeaux de bois, de luzerne et de paille.

Photo : WSU Communications

Timothé Matte-Bergeron

Le « compostage » du corps humain, une solution de rechange funéraire à l'enterrement et à la crémation, pourrait voir le jour au printemps 2020 dans l'État de Washington, aux États-Unis.

L’Assemblée législative de cet État frontalier de la Colombie-Britannique a adopté un projet de loi permettant le processus de « réduction naturelle des matières organiques », qui doit encore être sanctionné par le gouverneur, Jay Inslee.

Un porte-parole de son bureau a déjà dit que le projet de loi consistait en une mesure sérieuse pour atténuer l'empreinte écologique des humains.

Si elle est signée par le gouverneur, la loi pourrait entrer en vigueur en mai 2020.

Le compostage du corps humain est un procédé dont l’impact sur l’environnement est minime, moins important en tout cas qu’un enterrement ou une crémation standards.

Julie Landry a rencontré des Vancouvérois qui ont des points de vue opposés sur cette pratique.

« En transformant les restes humains en terre, on réduit le gaspillage, on évite de polluer les cours d’eau avec des liquides servant à l’embaumement et on prévient l’émission de CO2 par la crémation, et la production de cercueils et de tombes », mentionne le site web de l’entreprise Recompose, qui a mis au point le procédé.

Projet pilote à l'Université de l'État de Washington

La fondatrice et présidente-directrice générale de l'entreprise, Katrina Spade, a participé à un projet pilote à l’Université de l’État de Washington, l’an dernier.

Six corps humains – dont les donneurs ont accepté de participer au projet – ont été transformés en terre, ce qui s'est fait en quatre à sept semaines.

Katrina Spade affirme s’être inspirée d’un procédé utilisé par les agriculteurs pour détruire les restes de bétail.

Elle a découvert que l'utilisation de copeaux de bois, de luzerne et de paille créait un mélange d'azote et de carbone qui accélérait la décomposition naturelle de ces corps, lorsqu'ils étaient placés dans un récipient à température et à humidité contrôlées.

Une femme tend deux sacs en plastique devant elle, l'un avec une matière brune à l'intérieur, l'autre avec de la paille et des copeaux de bois. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Katrina Spade avec du compost issu de la décomposition du bétail et une combinaison de luzerne, de copeaux de bois et de paille.

Photo : Elaine Thompson/Associated Press

Une solution plus respectueuse de l'environnement

Katrina Spade ne souhaite pas remplacer la crémation ou l’inhumation, mais plutôt offrir une solution de rechange plus respectueuse de l’environnement

« Notre objectif est de fournir quelque chose qui corresponde autant que possible au cycle naturel, tout en restant réaliste du point de vue du prix, sans occuper autant de terres que pour un enterrement », explique-t-elle.

Le compost produit par la décomposition occupe 0,75 mètre cube, soit environ le contenu de deux grandes brouettes.

Enterrements verts en Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, en l’absence de crémation, la loi exige que les restes humains soient enterrés dans un cimetière. Un certain nombre de cimetières dans la province permettent des enterrements verts, c'est-à-dire sans tombes, ou encore dans un cercueil biodégradable. Il en existe notamment un près de Victoria, un à Parksville, près de Nanaimo, et un à Vancouver.

Les enterrements, même verts, sont toutefois chers, explique Tyrel Burton, de l'entreprise de services funéraires britanno-colombienne Alternatives. Ses clients ne sont que de 5 à 10 % à choisir l'inhumation, affirme-t-il.

Il suivra de près la situation dans l'État de Washington. « C'est une initiative intéressante », dit-il.

En 2015, dans la province, la crémation était utilisée dans près de 84 % des cas, selon le Bureau de l'état civil de la Colombie-Britannique.

Avec des informations d'Associated Press et de Julie Landry

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