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chronique

Avengers : Phase finale, l’apocalypse des superhéros

Un acteur incarnant le superheros Tho reçoit des éclairs provenant du ciel.

L'acteur Chris Hemsworth interprète le superhéros Thor.

Photo : Walt Disney Pictures

Philippe Rezzonico

CHRONIQUE - Avengers : Phase finale (Avengers : Endgame) n'est pas un énième film de superhéros. Il est le point final à 11 années de suspense terrestre et intergalactique réunies dans 22 films qui mettent en vedette plus d'une cinquantaine de personnages nés de l'univers des illustrés Marvel depuis six décennies. Quelque chose comme le croisement ultime entre le 7e et le 9e art.

Trop mélodramatique et pompeuse, cette introduction? Au moins autant que les publicités du studio de cinéma qui prédisent que le quatrième volet de la franchise des Avengers est « le film de superhéros le plus attendu de tous les temps. »

Remarquez, ils n’ont peut-être pas tort.

Les 21 productions précédentes ont rapporté environ 18 milliards de dollars américains au box-office. Avengers : La guerre de l’Infini (2018), première partie du diptyque qui se termine cette semaine, a franchi la barre des 2 milliards de dollars en recettes et six autres productions, incluant le tout récent Capitaine Marvel (2019), ont dépassé le milliard. Cela dit, l’usine à fric a néanmoins offert des films de qualité dans son sous-genre (superhéros) de fiction.

Le scénariste de renom de bandes dessinées Jean Van Hamme (XIII, Largo Winch) a déjà dit qu’il n’y avait rien de plus ardu que de boucler plusieurs intrigues dans un album de fin de cycle. Le producteur Kevin Feige de l’univers cinématographique de Marvel (MCU) le sait aussi.

C’est la raison pour laquelle il a donné aux réalisateurs Anthony et Joe Russo deux films plutôt qu’un pour conclure l’épopée qui s’est déroulée dans les années 1940 (Capitaine America : le premier vengeur), dans le monde des Dieux (la trilogie de Thor) et de celui de la sorcellerie (Docteur Strange), en Californie (la trilogie des Iron Man), à New York (Spider-Man), en Afrique (Black Panther) et dans une galaxie vraiment pas très près de chez vous (le doublé des Gardiens de la Galaxie).

Avis du divulgâcheur : cette chronique révèle des éléments de l'intrigue.

Survivants et disparus

Les frères Russo nous entraînent donc dans un marathon où l’on retrouve les héros qui ont survécu au combat contre Thanos (Josh Brolin) : Iron Man (Robert Downey Jr.), Thor (Chris Hemsworth), Hulk (Mark Ruffalo), le Capitaine America (Chris Evans), la Veuve noire (Scarlett Johansson), War Machine (Don Cheadle), Nebula (Karen Gillan) et Rocket Raccoon (voix de Bradley Cooper), tous les autres étant morts. Quoique… Le sont-ils vraiment?

Deux superhéros, une femme et un homme, aux commandes d'un vaisseau.

La Veuve noire (Scarlett Johansson) et Capitaine America (Chris Evans), superhéros de la série Avengers .

Photo : Walt Disney Pictures

C’est la question sur laquelle se penchent tous les geeks de la planète depuis un an pour qui Phase finale est l’équivalent de la septième saison du Trône de fer (Games of Thrones) condensé en un épisode de trois heures.

Compliqué, tout ça? Pas autant que ce dernier volet qui est un Retour vers le futur à la puissance 10 dont les péripéties dans les espaces-temps de plusieurs univers obligent le spectateur à avoir un niveau de concentration bien supérieure à la moyenne pour ce genre de film.

Ce chassé-croisé spatio-temporel est surtout l’occasion pour les scénaristes de replonger dans plusieurs films d’antan, de proposer des scènes jamais vues, de provoquer des chocs entre des personnages qui ne se sont jamais rencontrés, d’en faire revivre quelques-uns et de faire des clins d’œil à des illustrés bien précis (notamment, le 390e numéro de Thor). Plaisir garanti pour ceux qui ont vu tous les films depuis 2008.

En dépit d’un cahier de charges plus lourd que Hulk, ce sont les questions existentielles qui retiennent l’attention. Dans l’univers remodelé par Thanos à la fin de La Guerre de l’infini, les superhéros de naguère ont vu leur quotidien, leurs familles et leurs proches en subir les contrecoups. En remettant le compteur à zéro, certains auront trouvé un bonheur inattendu et de nouvelles raisons de vivre, tandis que d’autres seront à la dérive, inutiles dans cette nouvelle réalité, ou estimant avoir failli à leur devoir.

Refaire le passé, changer l’avenir?

Lorsque surgira la combine qui permettra de retrouver l’univers comme il était avant, la question devient : doit-on refaire le passé quitte à risquer de tout perdre une autre fois? Ces interrogations offrent l’occasion à Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Chris Evans et Jeremy Renner de briller dans un registre peu exploité dans un film à bagarres multiples. Des moments touchants et nostalgiques, mais finement dosés. La portion humoristique, toujours omniprésente dans les productions de Marvel est l’affaire de Mark Ruffalo et, surtout, Chris Hemsworth, dont le look est un clin d’œil assumé à un film culte des frères Coen.

Huit superhéros sont debout dans une pièce et rengardent quelque chose qui est hors-champ.

Une scène tirée de Avengers: Endgame

Photo : YouTube / Marvel Studios

Alternant entre l’action et l’émotion, le rire et le drame, Phase finale maintient un bon rythme en dépit de sa longueur jusqu’au règlement de comptes apocalyptique. Sur cet aspect, l’explication décisive sera à la hauteur des budgets astronomiques des productions hollywoodiennes, même si tout le monde n’aura pas l’occasion de s’illustrer à parts égales en raison du nombre de convives invités au banquet démesuré.

Cette bataille, si royale soit-elle, ne provoque pas le même effet de jamais vu que la première confrontation dans les rues de New York (Avengers, 2012) ou celle qui se déroule à l’aéroport dans Capitaine America : guerre civile (2016). Il y a forcément une forme de redite. N’empêche, les chocs aussi essentiels qu’incontournables y sont et on a droit à un superbe clin d’œil aux superhéroïnes, même si l’une d’entre elles est sous-utilisée dans le long métrage.

Au fil d’arrivée, le spectateur a droit à presque toutes les réponses liées aux interrogations soulevées depuis des années. Presque… Et il y a quelques scènes qui ouvrent de nouveaux horizons. Parce que suites, il y aura. Plus d’une demi-douzaine sont déjà prévues.

La cote? Vous avez compris depuis le début de ce texte que vous lisez l’amateur de « comic books » autant que le critique de cinéma. N’empêche, les deux peuvent cohabiter.

Le critique donne trois étoiles et demie.

L’amateur de BD, lui, a le goût de conclure par l’expression favorite de Stan Lee, décédé l’an dernier, qui a créé, seul ou en collaboration, une foule des personnages qui ont jalonné le parcours des 22 films.

Excelsior.

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