•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déjà plus de 10 M$ pour réparer et remplacer le F.-A.-Gauthier

Un bateau bleu et blanc navigue sur le fleuve Saint-Laurent
F.-A.-Gauthier Photo: Radio-Canada / Luc Paradis
Michel-Félix Tremblay

Dans les trois mois et demi qui ont suivi la mise à l'écart du traversier F.-A.-Gauthier, le 16 décembre dernier, la Société des traversiers du Québec (STQ) a dû débourser 10,6 millions de dollars. Une somme qui ne comprend même pas les réparations des propulseurs ni l'achat d'un bateau de remplacement.

L'entrée en cale sèche au chantier Davie, à Lévis, pour huit semaines, aura coûté à elle seule 2,4 millions de dollars. Ce montant couvre la location de l'espace et la main-d'œuvre du chantier.

À cela s'ajoutent 700 000 $ pour les services du fabricant des propulseurs, la compagnie finlandaise Steerprop. Le montant comprend le démontage et l'inspection des pièces défectueuses ainsi que l'achat de certaines autres.

D'autres pièces sont attendues, ce qui fera grimper les honoraires de Steerprop à au moins deux millions de dollars, confirme la STQ.

Les dépenses pour la mise en place de solutions de remplacement (navires et navette aérienne), depuis le congé des Fêtes, atteignent plus de 5,5 millions de dollars. La grande part étant attribuable à l'achat et la mise en service de l'Apollo qui n'aura servi finalement que 17 jours entre les deux rives, tout en emportant dans son sillage l'ex-PDG de la STQ, François Bertrand.

Coûts depuis l'arrêt du F.-A.-Gauthier entre le 16 décembre 2018 et le 31 mars 2019

TOTAL: 10,6 millions de dollars

  • Achat, travaux et opérationnalisation de l'Apollo : 3,5 M$
  • Cale sèche du F.-A.-Gauthier à la Davie : 2,4 M$
  • Navettes aériennes : 1,5 M$
  • Location des navires CTMA : 1,1 M$* (*Cette somme ne comprend pas le carburant et l'équipage)
  • Pièces de rechange des propulseurs (Steerprop): 730 000 $
  • Inspection et démontage des propulseurs : 603 000 $
  • Programme de compensation : 488 000 $
  • Remorquage du F.-A.-Gauthier : 221 000 $
  • Huile à moteur et système de surveillance à distance des propulseurs : 80 000 $.

D'autres grosses factures à venir

Vu de loin, le navire avance sur l'eau glacée.Le traversier F.-A.-Gauthier est arrivé à Lévis avec deux heures de retard lundi. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

La Société des traversiers du Québec n'est pas au bout de ses peines, puisque le F.-A.-Gauthier est toujours au chantier Davie et que ses propulseurs sont actuellement en plusieurs morceaux.

Aux 10,6 millions de dollars déjà encourus, d'autres factures, qui pourraient encore totaliser quelques millions de dollars sont attendues d'ici le retour du traversier mal aimé.

Voici une estimation des coûts à venir :

Une autre cale sèche

Si tout se passe comme prévu, le F.-A.-Gauthier retournera en cale sèche, toujours à la Davie, au cours des prochaines semaines pour des réparations au système de réfrigération de coque.

Ces travaux, initialement prévus lors de la mise en cale sèche annuelle de 2018, avaient été reportés d'un an.

Ensuite, les propulseurs seront remontés, avec de nouvelles pièces. Cette dernière étape pourrait coûter encore quelques millions de dollars de plus.

Vous avez vu le contrat pour la première cale sèche, 2,4 millions de dollars; on va s'attendre à quelque chose dans ces eaux-là pour la seconde. Mais on va essayer d'arrimer la cale sèche qui était déjà prévue à celle de la réparation des propulseurs, ce sera une économie d'échelle.

Alexandre Lavoie, porte-parole, Société des traversiers du Québec

D'autres pièces pour le second propulseur

La STQ ignore pour l'instant à combien s'élèveront les coûts totaux pour la réparation des deux propulseurs. Selon son estimation, les pièces qui n'ont pas encore été livrées devraient coûter 1,4 million de dollars.

Celles-ci sont actuellement fabriquées en Europe.

Solutions temporaires prolongées

AvionL'avion nolisé par la STQ en remplacement du F.-A.-Gauthier. Photo : Radio-Canada / Marie-Jeanne Dubreuil

La STQ a confirmé que les vols Mont-Joli–Pointe-Lebel–Sept-Îles allaient se poursuivre jusqu'à la fin du mois de juillet. Il faut compter environ 18 000 $ par jour, en moyenne, pour le nolisement d'un ou deux appareils.

C'est donc dire qu'il faudra débourser deux millions de dollars pour ce service entre avril et juillet. Cette somme s'additionne au 1,5 million dépensé entre décembre et mars.

La location du CTMA Voyageur, jusqu'à l'arrivée du Saaremaa, cet été, pourrait quant à elle se chiffrer à quelques centaines de milliers de dollars.

Se débarrasser de l'Apollo

La STQ dit avoir reçu quelques propositions par courriel de la part de potentiels acquéreurs pour le navire Apollo. Cependant, la STQ refuse de laisser aller le navire pour qu'il devienne une épave quelque part dans le monde.

L'option du démantèlement demeure probablement la plus réaliste. La STQ s'attend à devoir payer plus de deux millions de dollars pour refiler le vieux traversier à un ferrailleur, en raison de la présence d'amiante à bord.

Le navire Apollo amarré au quai de MataneLe navire Apollo continue de faire jaser. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Recours possibles?

Les coûts totaux attribuables au bris des propulseurs du F.-A.-Gauthier pourraient donc frôler les 20 millions de dollars.

Il n'est pas exclu qu'une partie puisse être remboursée par la compagnie d'assurance du navire. La STQ jongle aussi avec l'idée d'entamer des procédures judiciaires dans ce dossier.

Dans les deux cas cependant, aucune décision ne sera prise tant que les causes du bris des propulseurs ne seront pas connues. Les assureurs devront déterminer le niveau de responsabilité de chacune des parties.

La cause du bris va être un élément clé dans cette réflexion-là.

Alexandre Lavoie, porte-parole, Société des traversiers du Québec

D'ailleurs, des tests devraient avoir lieu en Europe sur certaines pièces au cours des prochains jours, pour tenter d'élucider le mystère. Il semblerait que les tests réalisés au Québec n'aient pas été concluants.

Des hypothèses sont sur la table, mais aucune n'a pu être confirmée.

La STQ vise toujours la remise en service du F.-A.-Gauthier à la mi-août, mais elle ne veut pas amorcer les travaux tant que la cause de l'usure prématurée des deux propulseurs ne sera pas connue.

Des voitures qui sortent d'un bateau Le Saaremaa Photo : Société des traversiers du Québec

Quant au Saaremaa, il doit amorcer sa traversée de l'Atlantique au cours des prochains jours. Dans le meilleur des cas, le navire de relève tant attendu sera en service entre Matane, Baie-Comeau et Godbout à la mi-juillet.

Précisons qu'en 2017, bien avant les problèmes de propulseurs du F.-A.-Gauthier, l'ex-PDG de la STQ, François Bertrand, avait réclamé en vain des fonds pour acheter le Saaremaa. Il souhaitait ainsi éviter que la STQ se retrouve sans option si l'un de ses navires devait être mis hors service sur une longue période.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Transports