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Un projet pilote sur l'immigration dans le Nord de l'Ontario génère de premiers résultats

Deux hommes noirs debout devant un lac partiellement gelé

D'origine camerounaise, Inoussa Pempeme (à gauche) est arrivé mardi à Geraldton, où il sera formateur en informatique de base. Son recrutement a été facilité par une initiative à laquelle prend part l'Institut des politiques du Nord, où travaille Yaye Peukassa (à droite).

Photo : Yaye Peukassa

Bienvenu Senga

Le premier individu recruté dans le cadre d'un nouveau projet pilote sur l'immigration mené entre autres par l'Institut des politiques du Nord (IPN) est arrivé mardi à Geraldton, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Originaire du Cameroun, Inoussa Pempeme a été embauché par le Centre de formation pour adultes de Greenstone, où il offrira des cours d’informatique de base en français.

L’ingénieur en informatique est l’une des toutes premières personnes choisies par l’entremise d’une initiative visant à jumeler les immigrants à des emplois dans le Nord ontarien.

Plusieurs partenaires dont l’IPN et la Société économique de l’Ontario (SEO) visent ainsi à vendre la destination Nord de l’Ontario à l’international, nationalement, mais aussi au niveau provincial, explique Yaye Peukassa, conseiller en employabilité et en entrepreneuriat à l'IPN.

M. Peukassa a notamment pris part en novembre à la foire Destination Canada à Paris, à la suite de laquelle il a réussi à recruter M. Pempeme.

Il estime qu’il s’agit là de premiers résultats encourageants du projet pilote, d’autant plus qu’une récente étude de l’IPN révèle que les municipalités du Nord de l’Ontario ont besoin de 150 000 nouveaux travailleurs hautement qualifiés pour pouvoir supporter leur économie et leur croissance jusqu’en 2041, souligne M. Peukassa.

Il illustre ses propos par l’exemple de M. Pempeme, dont le poste avait été affiché depuis février 2018 sans trouver preneur.

L’impact direct que [le projet pilote] a, c’est au niveau d’une solution pour les questions de pénurie de main-d’œuvre.

Yaye Peukassa, conseiller en employabilité et en entrepreneuriat à l'Institut des politiques du Nord

Trois autres familles — en provenance du Maroc, de l’Algérie et du Bangladesh — devraient aussi arriver au cours des prochaines semaines grâce au même programme.

La francophonie, un facteur décisif

Outre les exigences du poste qui correspondaient à ses compétences, M. Pempeme dit avoir choisi de soumettre sa candidature en raison de la présence d’une communauté francophone à Geraldton.

Je me retrouve comme si j’étais au Cameroun. C’est un pays bilingue, on parle aussi anglais, même si le français est dominant, déclare-t-il.

Il est important pour commencer de se retrouver dans une communauté où on parle français. Là, l’intégration est plus facile.

Inoussa Pempeme, Camerounais récemment arrivé à Geraldton

Le père de deux enfants espère aussi avoir un cadre où [ces derniers] pourraient grandir ayant une autre éducation, une autre façon de faire.

« Une aubaine » pour les villes de taille moyenne

L’initiative à laquelle prend part l’IPN ne vise pas que les francophones, mais les procédures d’immigration des travailleurs francophones sélectionnés se font généralement plus rapidement par l’entremise du programme Mobilité francophone.

Un homme noir en costume et chemise blanche

Yaye Peukassa est conseiller en employabilité et en entrepreneuriat à la Société économique de l'Ontario.

Photo : Yaye Peukassa

Yaye Peukassa estime que ce dernier constitue une solution pour les employeurs des villes de taille moyenne du Nord de l’Ontario, d’autant plus que les permis de travail des immigrants sont intimement liés à l’emploi pour lequel ils ont été recrutés.

Pour les employeurs, c’est une aubaine [...] Il y a un ensemble de mécanismes qui sont mis sur pied pour permettre à l’employeur d’être serein, dit M. Peukassa, qui note que plusieurs employeurs des régions rurales craignent de ne pas pouvoir retenir leurs travailleurs recrutés à l’étranger.

L’intégration sociale, le rôle des communautés

Au cours des trois mois suivant l’arrivée d’un nouvel employé étranger, M. Peukassa offre aux employeurs des formations sur la gestion du multiculturalisme en milieu de travail pour savoir comment interagir avec leurs nouveaux employés.

Mais il affirme aussi être conscient du fait que l’intégration des nouveaux arrivants ne peut pas être réussie si elle ne tient compte que de l’aspect professionnel.

Ce que je mentionne toujours, c’est que mon travail le plus souvent s’arrête très souvent au professionnel. En ce qui concerne leur rétention, c’est un effort conjugué de la municipalité, de l’employeur et de la communauté qui a un rôle un important à jouer, fait-il savoir.

Ça prend toute une communauté pour intégrer quelqu’un.

Yaye Peukassa, conseiller en employabilité et en entrepreneuriat à l'Institut des politiques du Nord

Des signaux préliminaires permettent à M. Peukassa de conclure qu’il se sent écouté dans les localités où il transmet ce message. Certains des employeurs des quatre candidats qui s’installeront très prochainement dans le Nord-Ouest se sont déjà chargés de leur trouver des logements.

Nord de l'Ontario

Immigration