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Exécution de masse en Arabie saoudite pour « terrorisme »

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane inspecte une garde d'honneur lors de sa réception solennelle devant le palais présidentiel Rashtrapati Bhavan à New Delhi, Inde, le 20 février 2019.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane inspecte une garde d'honneur lors de sa réception solennelle devant le palais présidentiel Rashtrapati Bhavan à New Delhi, Inde, le 20 février 2019.

Photo : Reuters / Adnan Abidi

Agence France-Presse

L'Arabie saoudite a mis à mort mardi 37 de ses citoyens condamnés pour « terrorisme », une rare exécution de masse dans le royaume survenue trois ans après celle de dizaines de personnes qui avait précipité la rupture des relations avec l'Iran.

Les exécutions de mardi ont eu lieu dans six régions : la capitale Riyad, les villes saintes de La Mecque et de Médine, la région sunnite d'Al-Qassim (centre), celle d'Assir (sud) et celle de la Province orientale où se concentre la minorité chiite, selon le ministère de l'Intérieur.

Elles portent à plus de 100 le nombre de personnes mises à mort en Arabie saoudite depuis le début de l'année, selon un décompte établi à partir de communiqués officiels.

Selon Amnistie internationale, le royaume, qui suit une version rigoriste de l'islam, figure dans le peloton de tête des pays qui appliquent la peine de mort dans le monde.

Dans son rapport mondial sur la peine de mort pour l'année 2018, l'organisation indique que derrière la Chine (qui ne publie pas de statistiques), les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52).

Exécutions « conformes à la charia »

Les 37 personnes exécutées mardi en Arabie saoudite ont toutes été reconnues coupables d'« avoir adopté la pensée terroriste extrémiste » et d'« avoir formé des cellules terroristes », a affirmé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié par l'agence officielle SPA.

Certaines ont été accusées de « sédition confessionnelle », un terme généralement utilisé en Arabie saoudite pour les militants chiites.

L'utilisation de ce terme et le fait que les exécutions aient eu lieu en zones sunnite et chiite semblent accréditer la thèse que les suppliciés sont des djihadistes sunnites et des militants chiites.

Le Comité des hauts oulémas, réunissant les plus hauts dignitaires religieux du royaume, a justifié ces exécutions en soulignant dans un communiqué qu'elles étaient « conformes à la charia ».

Les exécutions ont généralement lieu par décapitation en Arabie saoudite. Le ministère de l'Intérieur a précisé que l'un des suppliciés de mardi avait ensuite été crucifié, un traitement réservé aux auteurs de crimes particulièrement graves.

L'Arabie saoudite ne cesse de répéter être en guerre contre « toutes les formes de terrorisme ». Après les vagues d'attentats du début des années 2000, le pays a réussi à contenir la menace des groupes djihadistes, sans les éradiquer totalement.

Dimanche, quatre Saoudiens sont morts en tentant d'attaquer au nord de Riyad un quartier général des forces de sécurité, dans un attentat revendiqué par le groupe armé djihadiste État islamique (EI).

Les autorités ont annoncé l'arrestation le lendemain de 13 personnes suspectées d'« actes terroristes » sans préciser si elles étaient liées ou non à l'attentat de dimanche.

Relations tendues avec l'Iran

La précédente exécution de masse en Arabie saoudite remonte à janvier 2016, où 47 personnes, également condamnées pour « terrorisme », dont le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, avaient été mises à mort le même jour.

La Province orientale est le théâtre de troubles récurrents depuis 2011, année où elle a été secouée par un fort mouvement de contestation dans le sillage du Printemps arabe.

Elle a aussi été le berceau de Nimr Baqer al-Nimr, virulent critique du régime saoudien et figure du mouvement de contestation.

La communauté chiite représente, selon des estimations, entre 10 % et 15 % des 32 millions de Saoudiens, mais le pouvoir, dirigé par une dynastie sunnite, n'a publié aucune statistique officielle.

L'exécution de Nimr Baqer al-Nimr avait entraîné des manifestations en Iran pendant lesquelles des représentations diplomatiques saoudiennes avaient été attaquées.

En réaction, l'Arabie saoudite avait rompu en janvier 2016 ses relations diplomatiques avec l'Iran qu'elle accuse régulièrement de « déstabiliser » le Golfe et de s'ingérer dans les affaires intérieures des pays de la région.

Riyad donne pour exemple de ces ingérences le soutien apporté par Téhéran aux rebelles chiites Houthis qui ont pris le contrôle de la capitale yéménite Sanaa et d'autres régions à partir de 2014.

L'Arabie saoudite a formé une coalition militaire qui intervient depuis mars 2015 dans ce pays pour empêcher les Houthis de prendre le contrôle total de ce pays situé à sa frontière sud.

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