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Les hôpitaux du Québec continuent de se dégrader

Le devanture de l'établissement.
L'Institut Philippe-Pinel est situé au 10905 boulevard Henri-Bourassa Est, dans le secteur Rivière-des-Prairies, à Montréal. Photo: Radio-Canada
Davide Gentile

Malgré des investissements annuels qui dépassent les 300 millions de dollars, l'état des bâtiments hospitaliers du réseau de la santé continue à décliner. Le nombre de bâtiments en mauvais ou très mauvais état a augmenté de 2018 à 2019. Et les montants nécessaires pour réparer les dégâts ont explosé. Comme c'est souvent le cas, c'est sur l'île de Montréal que se concentrent les problèmes.

Des gouttières ont été installées l'automne dernier au plafond dans certains corridors de l'Institut Philippe-Pinel à Montréal. C'est la solution trouvée pour contrer les infiltrations d'eau.

« Ça dégoutte un peu partout, relate Sylvain Lemieux, président de la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Pour éviter de mettre trois poubelles de large, l'employeur a installé des grosses gouttières. »

Ce système original oriente l'eau qui arrive du plafond vers les murs, pour éviter qu'elle ne coule sur le plancher. Question d'assurer la sécurité des employés et des patients.

Une flaque d'eau dans un corridor et une affiche indiquant que le plancher est glissant.Infiltration d'eau à l'Institut Philippe-Pinel en novembre 2018 Photo : Courtoisie

Le déficit d'entretien de l'Institut Philippe-Pinel s'élève maintenant à 26 millions de dollars. « La vétusté s'avère être le plus gros défi », indique la direction technique de l'établissement dans le rapport annuel publié l'an passé.

La vétusté de l'établissement est bien réelle, confirme Julie Benjamin, porte-parole de l'Institut Philippe-Pinel. « De nombreux projets ont déjà été réalisés en ce sens, [comme] des travaux de réfection de la brique et des fenêtres », cite-t-elle en exemple, ajoutant que des discussions sont en cours avec le ministère de la Santé pour « améliorer la situation dans les années à venir ».

Ce cas n'est pas unique dans le réseau de la santé. Le déficit total de maintien des actifs a augmenté de 37 % depuis un an, passant de 236 à 323 millions de dollars.

Et le nombre de bâtiments considérés en « mauvais » ou « très mauvais » état a aussi augmenté, passant de 65 à 72, soit près de 13 % de tous les bâtiments.

Le cas de Sainte-Justine

Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine a maintenant six de ses bâtiments classés comme étant en mauvais ou très mauvais état, alors qu'il n'y en avait que deux l'an dernier. Et les sommes nécessaires pour les rénovations ont explosé, passant de 3,7 millions en 2018 à 58 millions cette année.

Selon deux sources, des sections réservées aux laboratoires seraient vétustes, mais la direction de Sainte-Justine n'a pas voulu commenter la situation.

Santé mentale : de plus vieux bâtiments

En fait, 40 % des bâtiments en mauvais ou très mauvais état font partie d'établissements de santé mentale.

Outre l'Institut Philippe-Pinel, la majorité des 30 bâtiments de l'Hôpital Douglas sont dans ce groupe. Et tous les bâtiments de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal sont classés comme étant en mauvais ou très mauvais état.

Une situation ironique au moment où l'on dénonce le manque de ressources en santé mentale.

« Quand on souffre d'un trouble anxieux ou dépressif grave, venir à Louis-Hyppolite Lafontaine, c'est pas idéal », constate Luc Beauregard, président du syndicat des techniciens et professionnels du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

« Le CIUSSS a l'intention de poursuivre les investissements nécessaires, notamment pour la plomberie », précise Christian Merciari, porte-parole du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

Un patrimoine à préserver

Le Douglas et l'Institut en santé mentale de Montréal sont deux campus hospitaliers composés de plusieurs bâtiments. Il s'agit d'un modèle populaire à la fin du 19e siècle, alors qu'on repensait le traitement de la maladie mentale.

« On intégrait entre autres des jardins dits thérapeutiques », relate Dinu Bumbaru, directeur des politiques pour Héritage Montréal. Ces ensembles architecturaux présentent donc un intérêt patrimonial très élevé.

« En 2019, ce sont également des réserves d'espaces verts dans les territoires urbanisés », ajoute M. Bumbaru. Il déplore le fait que ces institutions n'aient pas de véritable plan de patrimoine.

Patrimoniaux ou non, les immeubles du réseau vont coûter cher dans les années à venir. Québec prévoit que les sommes allouées à la rénovation dépasseront 500 millions cette année. En comptant les montants alloués à la construction de nouveaux bâtiments, le total investi dans les bâtiments et les équipements médicaux oscillera autour de 1,4 milliard cette année.

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