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L'importance du droit d'auteur rappelée par 200 000 artistes

Fanny Britt et David Bussières
L'écrivaine Fanny Britt et l'auteur-compositeur-interprète David Bussières, du groupe Alfa Rococo, font partie des artistes mobilisés pour la campagne « Une vie sans art, vraiment? » Photo: YouTube/DAMIC
La Presse canadienne

Un Québec sans musique originale, sans théâtre ni livres d'ici? Impensable, disent quelque 200 000 créateurs, dont l'écrivaine Fanny Britt et le musicien David Bussières, du groupe Alfa Rococo. Ils s'unissent pour rappeler l'importance des droits d'auteur qui assurent la survie de toutes ces formes d'art.

La Loi canadienne sur le droit d'auteur est truffée d'exceptions qui permettent aux utilisateurs d'éviter de payer les redevances, selon eux.

Et parce qu'ils souhaitent un modèle plus juste et équitable, ils lancent une campagne de sensibilisation auprès de la population et des élus fédéraux, en train de procéder à l'examen de cette loi.

Un gagne-pain pour les artistes

Cette campagne, baptisée « Une vie sans art, vraiment? », est lancée à l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur par un collectif de 16 organisations représentant plus de 200 000 artistes et créateurs.

Laurent Dubois, directeur de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et l'un des porte-parole de la mobilisation, souligne que les redevances provenant des droits d'auteur ne sont pas une taxe : elles font partie du gagne-pain des artistes.

Des exceptions qui ouvrent la porte aux abus

Selon lui, la dernière révision de la Loi sur le droit d'auteur n'a fait que priver encore plus les créateurs en ajoutant une série de situations permettant d'éviter le paiement des redevances.

M. Dubois fait remarquer qu'il n'y avait qu'une dizaine d'exceptions à la loi avant 1988, alors qu'on en compte actuellement près de 85, ce qui représente 40 % du contenu de sa dernière version.

En entrevue, il a mentionné les exceptions « à des fins éducatives » et celle liée à l'utilisation des œuvres à des fins non commerciales. Il précise que les artistes ne veulent pas que ces exceptions soient éliminées, mais qu'elles soient plutôt « mieux encadrées ». Il croit que certaines sont trop floues et qu'elles ouvrent la porte aux abus.

S'adapter aux nouvelles formes d'écoute de la musique

M. Dubois souhaite aussi que le modèle de perception des redevances soit mieux amarré aux nouvelles technologies : les amateurs de musique, par exemple, délaissent les disques pour des plateformes d'écoute en continu.

De son côté, David Bussières, auteur-compositeur-interprète et l'un des deux membres du duo Alfa Rococo, croit que la loi n'est pas adaptée à ces nouvelles façons d'écouter la musique.

Trop d'intermédiaires

Selon l'artiste, qui est aussi porte-parole du Regroupement des artisans de la musique (RAM), les gens n'ont jamais autant payé pour de la musique, mais les créateurs musicaux n'ont jamais reçu aussi peu d'argent. Il est ainsi question d'une meilleure distribution des redevances.

Il ajoute qu'il y a trop d'intermédiaires entre les consommateurs et les artistes, et ces intermédiaires ne contribuent pas à l'industrie musicale.

Les citoyens sont invités à montrer leur appui aux artistes québécois et canadiens, en allant signer et partager le manifeste sur le site uneviesansart.ca (Nouvelle fenêtre).

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