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Une dame de 91 ans souffre de blessures « catastrophiques » depuis l’attaque au camion-bélier

Une vieille dame pleure.
Aleksandra Kozhevnikova, 91 ans, a survécu à l’attaque au camion-bélier qui a fait 10 morts à Toronto en avril 2018. Photo: Radio-Canada
Natasha MacDonald-Dupuis

Aleksandra Kozhevnikova ne se souvient pas du moment où elle a été violemment happée par un camion le long de la rue Yonge, lors de l'attaque qui a coûté la vie à 10 personnes et fait 16 blessés, le 23 avril 2018.

C’était une journée ensoleillée. Mme Kozhevnikova faisait des courses à pied, non loin de chez elle. « Je venais de m’acheter des oeufs au magasin », explique la dame d’origine russe avec l’aide d’une traductrice.

Quelques instants plus tard, la dame de 91 ans était fauchée par une fourgonnette blanche qui était montée sur le trottoir, et qui allait poursuivre sa course folle sur plus d’un kilomètre le long de la rue Yonge.

C’est mon voisin qui m’a trouvée inconsciente, au milieu d’une pile de corps humains. Certains étaient morts, d’autres blessés. Mon voisin m’a traînée plus loin pour que je puisse être soignée. Sans lui, je ne serais peut-être pas en vie.

Aleksandra Kozhevnikova, victime de l’attaque au camion-bélier
Une vieille femme dans un fauteuil roulante pendant qu'une autre dame montre des médailles à la caméra. Aleksandra Kozhevnikova est une survivante de la Deuxième Guerre mondiale et de l'attaque au camion-bélier de Toronto. Photo : CBC

La grand-mère s'est réveillée trois jours plus tard à l'hôpital, où elle a passé quatre mois en rééducation pour de graves blessures au cou et à la colonne vertébrale.

J'ai eu très peur. Mes jambes me faisaient souffrir énormément, je ne pouvais pas marcher.

Aleksandra Kozhevnikova, victime de l'attaque au camion-bélier

Avant le drame, Mme Kozhevnikova était très active et vivait de façon indépendante. Depuis, elle a perdu l’usage de ses jambes, se déplace en fauteuil roulant et dépend des services constants d’une préposée aux bénéficiaires.

Selon son fils Vadym Kozhevnikov, sa mère est aujourd’hui « très sensible » et « pleure facilement ».

Problèmes d’assurance

Un an plus tard, Mme Kozhevnikova souffre de violentes migraines et de douleurs physiques, mais sa compagnie d’assurance a refusé jusqu’à maintenant de lui verser des paiements, parce qu’elle conteste la gravité des blessures, selon son avocat Michael Taylor.

Toutefois, l’affaire semble sur le point d’être résolue, précise Me Taylor, puisque des experts médicaux engagés par la compagnie d’assurance l’ont récemment jugée blessée « de manière catastrophique ». La désignation médicale devrait porter la limite de sa couverture d’assurance de 65 000 $ à 1 million.

Un homme regarde une vieille dameMichael Taylor aide Mme Kozhevnikova avec ses démêlées avec sa compagnie d'assurance Photo : CBC

Mme Kozhevnikova est parmi les nombreux survivants de l’attaque qui luttent encore pour reconstruire leur vie.

Me Darcy Merkur, du cabinet d’avocats Thompson Rogers, représente deux autres personnes gravement blessées dans l’attaque au camion-bélier: Amir Kiumarsi et un étudiant coréen.

« Nous attendons toujours la désignation de blessures catastrophiques pour M. Kiumarsi et c’est une source d’inquiétude pour ceux qui s’occupent de lui », explique Me Merkur. Amir Kiumarsi, professeur de chimie à l’Université Ryerson, a souffert d’une lésion cérébrale traumatique et de plusieurs fractures du crâne, ainsi que de fractures de la colonne vertébrale.

Cérémonie

Mardi, la Ville de Toronto soulignera le triste premier anniversaire de l’attaque par une cérémonie au square Mel Lastman du quartier de North York.

La cérémonie, précédée d’une minute de silence, doit débuter à 13 h 30, l'heure exacte à laquelle les policiers ont commencé à recevoir les premiers appels de détresse.

Dix personnesLes 10 personnes happées mortellement par le camion-bélier à Toronto en avril 2018. Photo : Radio-Canada

Des consultations menées par la Ville avec des survivants, des familles endeuillées et des communautés touchées par l'attaque doivent débuter sous peu afin de planifier la création d'un mémorial à l'endroit où la tragédie s'est déroulée.

Alek Minassian est accusé d'avoir happé ses victimes le long des trottoirs de la rue Yonge à Toronto, au volant d'une fourgonnette de location blanche. L'homme de 25 ans a été arrêté 26 minutes après le début du massacre.

Son procès doit en principe commencer le 3 février 2020 et durer plusieurs mois.

Avec les informations de Farrah Merali

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