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Que faut-il savoir du groupe accusé des attentats au Sri Lanka?

Un policiers marchent à côté de motos calcinées.

Certains des dommages causés par une explosion à Batticaloa.

Photo : Getty Images / AFP/Lakruwan Wanniarachchi

Agence France-Presse

Avant d'être incriminé lundi par les autorités du Sri Lanka pour les attentats du dimanche de Pâques, le groupe islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ) avait pour principal fait d'armes d'être lié à la dégradation de statues bouddhistes il y a quelques mois.

Passer de la lutte contre les moines bouddhistes radicaux à de spectaculaires attaques kamikazes contre des hôtels de luxe et des églises de la minorité chrétienne célébrant la messe de Pâques constitue une montée en puissance soudaine pour ce groupe extrémiste peu connu.

Colombo a désigné le NTJ comme le responsable de ce déchaînement de violence qui a meurtri l'île d'Asie du Sud et cherche à savoir si le groupe a bénéficié d'un soutien extérieur au Sri Lanka.

Nous avons du mal à voir comment une petite organisation dans ce pays peut faire tout ça.

Un porte-parole du gouvernement

Pour le Soufan Center, un centre d'étude des menaces à la sécurité mondiale basé à New York, la planification et la coordination minutieuses des attaques au Sri Lanka présentent de fortes ressemblances avec « des attaques de groupes salafistes-djihadistes, particulièrement celles pour lesquelles des groupes locaux ont reçu une aide étrangère ».

Le centre dresse ainsi des parallèles avec les attentats de la veille de Noël en 2000 en Indonésie, perpétrés par un mouvement extrémiste local en coordination avec al-Qaïda, ainsi que les attentats-suicides de 2005 dans des hôtels de la capitale jordanienne Amman.

« Ces attaques sont conçues pour accroître les tensions communautaires et déstabiliser les gouvernements des pays où elles ont lieu », note le Soufan Center.

Les deux principales organisations djihadistes internationales, al-Qaïda et le groupe armé État islamique, cherchent depuis plusieurs années à recruter dans les communautés musulmanes du sous-continent indien. Leur propagande insiste sur les persécutions dont sont, selon elles, victimes les musulmans de la région.

Haine religieuse

Le NTJ est pour la première fois entré dans la lumière des projecteurs au Sri Lanka lorsque ses membres ont vandalisé des statues bouddhistes en décembre dernier, un geste qui a scandalisé la majorité bouddhiste du pays.

Abdul Razik, l'un des responsables du NTJ, a été plusieurs fois arrêté pour incitation à la haine religieuse.

En janvier, la police du Sri Lanka avait mis la main sur 100 kilogrammes de puissants explosifs dans une cache et arrêté quatre islamistes extrémistes en lien avec cette saisie. Aucun groupe particulier n'avait été accusé.

Une polémique monte au Sri Lanka quant à la suffisance des mesures de sécurité prises par les autorités en amont des attentats perpétrés dimanche.

Le NTJ avait fait l'objet il y a 10 jours d'une note d'alerte au sein de la police, selon laquelle le groupe préparait des attentats-suicides contre des églises de la minorité chrétienne et l'ambassade de l'Inde à Colombo.

Cet avertissement était basé, selon ce document consulté par l'AFP, sur un signalement « d'une agence de renseignement étrangère ».

Les ressortissants du Canada qui se trouvent au Sri Lanka et qui ont besoin d'aide d'urgence doivent appeler les représentants officiels du pays au +94 (11) 532-6232, a signalé sur Twitter le haut-commissaire canadien sur place, David McKinnon. Il a également invité les citoyens canadiens au Sri Lanka à informer leurs proches de leur situation.

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