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Washington sanctionnera tout pays qui continue à acheter du pétrole iranien

Le chef de la diplomatie des États-Unis, Mike Pompeo, s'adresse aux médias au département d'État, à Washington.
Le chef de la diplomatie des États-Unis, Mike Pompeo, a prévenu huit pays que s'ils ne cessaient pas tout achat de pétrole iranien, ils s'exposeraient à des sanctions économiques. Photo: Associated Press / Sait Serkan Gurbuz
Agence France-Presse

Les États-Unis ont encore renforcé lundi leur campagne de « pression maximale » pour faire plier l'Iran, leur ennemi numéro un au Moyen-Orient, en mettant fin aux dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole iranien.

Le président Donald Trump entend ainsi « porter à zéro les exportations » de brut iranien et « priver le régime de sa principale source de revenus », a annoncé la Maison-Blanche.

À partir du 2 mai, la Chine, l'Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Italie et la Grèce devront donc cesser tout achat. Cette mesure s'annonce particulièrement délicate pour l'Inde, allié stratégique des États-Unis et troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient de l'Iran.

« Si vous ne respectez pas cela, il y aura des sanctions » américaines, a prévenu le chef de la diplomatie des États-Unis, Mike Pompeo. « Nous entendons appliquer ces sanctions », a-t-il martelé.

Après s'être retiré il y a près d'un an de l'accord international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, jugé trop laxiste par Donald Trump, Washington a rétabli en novembre de dures sanctions économiques contre la République islamique.

Surtout, il a accompagné sa décision de la menace de mesures punitives également contre les pays qui continueraient malgré tout d'échanger avec l'Iran.

L'interdiction d'acheter du pétrole iranien était la principale de ces sanctions, qui se veulent « les plus fortes de l'histoire ». Les États-Unis avaient toutefois à l'époque attribué ces dérogations pour six mois, jugeant que le marché mondial ne pouvait supporter une trop brusque annulation des ventes de brut iranien.

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, trois des plus grands producteurs d'énergie au monde, avec nos amis et alliés, s'engagent à faire en sorte que les marchés mondiaux du pétrole restent suffisamment approvisionnés.

Extrait du communiqué de presse de la Maison-Blanche

Stabiliser le marché

Donald Trump a renchéri sur Twitter en promettant que Riyad et d'autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole feraient « plus que compenser » la baisse de l'offre.

Le gouvernement saoudien s'est aussitôt dit prêt à « stabiliser » le marché, dont les cours se sont inscrits en forte hausse dès que les informations sur la future fin des exemptions américaines ont circulé dans la presse.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, fidèle soutien de Donald Trump dans son combat contre Téhéran, a salué une décision « d'une importance capitale pour renforcer la pression sur le régime terroriste iranien ».

Elle intervient deux semaines après une autre annonce symbolique : l'inscription des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste noire américaine des « organisations terroristes étrangères ».

Selon Washington, la campagne de « pression maximale » contre l'Iran vise à mettre fin aux « activités déstabilisatrices » de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban par l'entremise du mouvement chiite Hezbollah, au Yémen par les rebelles houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar Al-Assad.

En mai 2018, Mike Pompeo, qui assure vouloir changer « le comportement du régime iranien » et non le régime lui-même, avait énoncé 12 conditions draconiennes pour un nouvel accord global aboutissant à une levée des sanctions.

Un an plus tard, aucune de ces conditions ne semble être respectée, mais l'administration Trump estime que l'Iran commence à manquer de fonds pour soutenir certains de ses alliés, comme le Hezbollah libanais.

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