•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Inondations : on doit s'adapter pour faire face à une nouvelle réalité, dit Legault

Le premier ministre Francois Legault et le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, à droite.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

Radio-Canada

Alors que la crue printanière a déjà inondé plus de 2900 résidences au Québec, et que plus de 1300 personnes ont été évacuées, le premier ministre François Legault a promis que le nouveau programme d'indemnisation permettra aux victimes d'être dédommagées rapidement. Mais il a aussi prévenu qu'il faudra maintenant réfléchir à de nouvelles méthodes d'adaptation pour faire face à ces événements qui sont de plus en plus fréquents.

« [Le nouveau programme] va être beaucoup plus rapide. Les gens n'auront pas besoin d’avoir fait leurs travaux et présenter leurs factures. On pourra, avec des estimés, être capables de les rembourser. Par contre, on a mis un maximum de 100 000 $, qui sera cumulatif. Ça veut dire que pour réparer les dégâts, quand on aura atteint, après un an, deux ans, trois ans, le 100 000 $, on offrira aux résidents 200 000 $ pour déménager. On ne veut pas gaspiller l'argent des contribuables et imposer aux gens de revivre ce genre de drame à tous les deux ans, à tous les trois ans », a expliqué François Legault de passage en Outaouais.

Il a précisé que le forfait de 100 000 $ commence cette année et en a exclu les indemnisations données les années passées.

Le premier ministre était dans un quartier de Gatineau inondé complètement pour une deuxième fois en deux ans. Pour lui, le statu quo n'est plus viable dans le contexte actuel.

[Il] faut se rendre à l’évidence, avec le réchauffement climatique, il y a des événements qui se reproduisent plus fréquemment que dans le passé, donc il faut être capable d’ajuster nos programmes, c’est ce qu’on fait.

François Legault

Le premier ministre n'a pas fermé la porte à la création d'un autre programme qui pourrait soutenir, celui-là, la relocalisation de quartiers complets afin d'éviter une déstructuration complète d'un secteur où certains résidants décideraient de quitter et d'autres de demeurer sur place.

« Je pense qu'il ne faut pas exclure ça quand il y a une situation où il y a plusieurs maisons comme ici qui sont touchées à répétition [...] Oui, il faut regarder ça. »

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault était pour sa part en Mauricie. En point de presse à Yamachiche, où elle a rencontré plusieurs élus de la Mauricie ainsi que des membres des forces armées et des résidents, elle a demandé à tous de collaborer avec les autorités et d’obtempérer si des évacuations étaient décrétées par les autorités municipales.

Au Québec, c'est la Beauce qui connaît la situation la plus problématique : près de 1000 résidences ont été inondées à Sainte-Marie, 300 à Beauceville, 200 à Vallée-Jonction et près de 200 à Scott. Plus de 700 maisons sont également isolées à travers la province.

La situation pourrait néanmoins se dégrader à d'autres endroits, car après la pluie, la hausse des températures au cours des prochains jours va accélérer la fonte des neiges.

Et la pluie qui doit être de retour dans la nuit de mardi, du sud du Québec jusqu'à la région de la Capitale-Nationale, pourrait faire augmenter les niveaux des cours d'eau, mais pas de façon trop dramatique, selon Éric Houde, le porte-parole de la sécurité civile. On prévoit une accumulation de 15 à 30 mm, selon les régions.

« L’eau qui s’en vient n’aura pas les mêmes conséquences que ce qu’on a vécu. Ça ne fera pas monter nos cours d’eau d’un pied, en tout cas pas dans les secteurs inondés », dit-il.

Tout de même, selon Hydro-Québec, qui tente de limiter une partie de la montée des eaux grâce à divers réservoirs, cette crue pourrait durer encore « deux à trois semaines ».

Les militaires appelés en renfort au Québec sont déjà à l'oeuvre sur le terrain. Environ 800 membres des Forces armées canadiennes sont présents dans les zones les plus vulnérables de la province.

Des secouristes en action le 21 avril 2019, à Scott, en Beauce.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des secouristes en action le 21 avril 2019, à Scott, en Beauce.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Sainte-Marie

À Sainte-Marie, en Beauce, où près de 1000 maisons sont inondées, le centre-ville est littéralement submergé par la rivière Chaudière, et le sous-sol de l’hôtel de ville est inondé par cinq pieds d’eau.

Le maire Gaétan Vachon affirme que l’eau a commencé à baisser, mais très lentement. Il dit avoir sollicité la Sûreté du Québec pour encadrer le processus de réintégration des résidences dans les zones inondées.

« Je suis très clair : la Sûreté du Québec a comme mandat cette année de diriger les gens à leur résidence. On veut le faire d’une façon calme. On veut que les gens soient en sécurité », a-t-il déclaré.

Les résidents devront aller s’enregistrer à un des deux points de chute, soit au gymnase de l’école Monseigneur-Feuiltault ou dans le stationnement des Galeries de la Chaudière. Ils doivent être opérationnels à compter de 14 h. Les citoyens devront fournir une preuve de résidence à un agent de la SQ, qui recueillera leur demande, qui sera ensuite analysée.

La porte-parole de la SQ, Ann Mathieu, a expliqué qu’il y avait des étapes à suivre dans le processus pour éviter des problèmes comme les électrocutions, les intoxications au monoxyde de carbone, ;es blessures en raison de structures fragilisées, mais aussi pour offrir du soutien psychologique aux personnes dans le besoin.

« Lorsqu’on va faire la réintégration, comme mentionné, on va s’assurer avec les intervenants que chaque résidence qui sera réintégrée le soit de façon sécuritaire. On comprend la hâte de gens de pouvoir réintégrer leur domicile. C’est leur bien. Ils sont attachés à leur bien. C’est normal, ils ont hâte de constater les dommages, de voir les dégâts, de voir comment ils vont assurer la continuité. »

« Mais il faut comprendre que cela doit se faire dans un ordre précis. Parce que la sécurité est au cœur aussi de la situation. Alors, si les gens prennent des initiatives qu’ils ne doivent pas prendre et qui va aller empirer une situation, ils ne seront pas plus avancés. Donc, c’est de faire confiance aux autorités compétentes. […] Il ne faut pas se presser. Il ne faut pas chercher à aller par un autre endroit qu’un point de blocage », a-t-elle dit.

Les débris, dont ce barbecue, s'accumulent un peu partout au centre-ville de Sainte-Marie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les débris, dont ce BBQ, s'accumulent un peu partout au centre-ville de Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

L’électricité a été coupée à plusieurs endroits, ce qui empêche les pompes de fonctionner et d'évacuer l’eau des sous-sols. Une résidence pour personnes âgées est privée de courant depuis lundi matin.

Même s’il affirme que les habitants de Sainte-Marie sont « accoutumés » et qu'ils ont « déjà vécu ça », M. Vachon souligne que l’eau est allée beaucoup plus loin cette fois-ci.

Les écoles Monseigneur-Feuiltault et Maribel, de Sainte-Marie, ainsi que l’École L’Accueil, de Scott, seront fermées mardi en raison des inondations.

Les cours seront suspendus à l’École primaire L’Éveil de Sainte-Marie et à la Polyvalente Benoît-Vachon. Dans ces deux établissements, le personnel et les enseignants doivent travailler, et le service de garde est ouvert.

Inondations : Entrevue avec le maire de Sainte-Marie

Par ailleurs, à Saint-Raymond, dans Portneuf, on surveille depuis vendredi l'embâcle sur la rivière, qui n'est toujours pas sortie de son lit.

Mais la pluie déjà tombée et la température qui monte font dire à Éric Houde, de la sécurité civile, que les risques élevés sont chose du passé.

« La glace se mine, elle devient comme du sel. Ça devient moins dur que voilà une semaine, où la glace était comme bleu marin noir. Ça, c’est plus dangereux pour les embâcles », dit-il.

La Mauricie

En Mauricie, les autorités surveillent notamment de près le niveau du lac Saint-Pierre, qui atteint ou dépasse à certains endroits les niveaux d’eau de 2017.

La situation est cependant encore sous contrôle. À Trois-Rivières par exemple, une centaine de maisons sont isolées par « quelques pouces d'eau », selon la mairesse par intérim, Ginette Bellemare.

Près de 250 soldats ont été envoyés dans la région pour prévenir les débordements.

Laval, Rigaud et l'île de Montréal

Un homme marche dans l'eau avec des bottes dans ses mains.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un Rigaudien marche devant sa maison inondée.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Au nord de Montréal, le lac des Deux Montagnes et la rivière des Mille Îles ont fait des dégâts, mais la situation semble se stabiliser. On s'attend tout de même à ce que le niveau de ces cours d'eau continue à augmenter, mais les inondations ne devraient pas atteindre les mêmes niveaux que celles de 2017.

Évelyne Boudreau, du Service de police de Laval, parle d’une vingtaine de maisons inondées à Laval-Ouest, mais aussi à Sainte-Dorothée et à Sainte-Rose.

Dans un quadrilatère à Laval-Ouest, pour des raisons de sécurité, on a décidé de fermer les rues en raison de la quantité d’eau qu’on y retrouve. Ce quadrilatère est délimité par la 29e Rue, la 30e Avenue et la rue Riviera. Près de 150 maisons s’y trouvent, mais aucune n’est cependant inondée.

Le pont de l’île Bigras est de son côté toujours sous surveillance et pourrait être fermé si des débris ou des vagues venaient à le submerger. La Garde côtière demande d’ailleurs aux plaisanciers d’éviter le secteur, les vagues causées par leur embarcation passant par-dessus les murets qui bordent les terrains.

Près de 200 soldats ont été déployés à Laval, à Chomedey, où ils travaillent à ériger des digues autour des installations municipales et des rues attenantes. Celles-ci sont situées sous le niveau de la rivière, et on y constate des débordements provenant des égouts pluviaux.

La crue à Laval devrait être à son maximum mercredi ou jeudi.

Du côté de Rigaud, 197 résidences sont inondées, selon Daniel Boyer, directeur du Service de sécurité incendie de la municipalité. Elles étaient une trentaine dimanche soir. De plus, une cinquantaine de maisons sont isolées, 203 personnes évacuées et 27 rues inondées, partiellement ou totalement. L'eau menacerait 300 autres maisons dans le secteur, mais aussi à Pointe-Fortune, à Hudson et à Vaudreuil-Dorion.

Environ 160 militaires sont dans le secteur depuis dimanche, avec 35 véhicules et 3 zodiaques.

Lundi matin, le niveau de l'eau atteignait 24,65 m à Rigaud. Il s'était élevé à 25,1 m en 2017.

Image aérienne de plusieurs maisons entourées d'eauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Images aérienne des inondations à Rigaud le 22 avril 2019.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Par ailleurs, le niveau du débit de la rivière des Outaouais à la hauteur du barrage Carillon devrait culminer au cours de la journée de demain pour ensuite baisser. Selon M. Boyer, cela ne signifie pas pourtant une décrue rapide.

Une maison complètement entourée d'eau. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une maison à Hudson, à l'ouest de Montréal est isolée par la montée des eaux.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Sur l’île de Montréal, aucune résidence inondée n’a encore été signalée. Pierrefonds, Sainte-Anne-de-Bellevue, Ahuntsic-Cartierville, L’Île-Bizard et Sainte-Geneviève sont toutefois sous haute surveillance.

Le niveau de l’eau y est plutôt stable, même si, à Pierrefonds, le système d’égout pluvial a refoulé l'eau et certains tronçons de route sont fermés, comme l’intersection des boulevards de Pierrefonds et Saint-Jean.

La Sécurité civile a décidé la fermeture du pont de l’Île Mercier sans décréter « une évacuation obligatoire ». Le Service d’urgence est restreint, mais le SPVM assurera une surveillance continue au moyen de la patrouille nautique.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, confirme que de nombreux résidents ont choisi de demeurer sur place. Elle fait remarquer toutefois qu’« ils sont très conscients de la situation dans cette île entourée d’eau. Ils se sont bien préparés, mais […] ils savent que pour la Ville de Montréal et les services des incendies, la priorité est la protection des citoyens et citoyennes. La protection des biens personnels, c’est secondaire », a ajouté Mme Plante.

L’Outaouais

À Gatineau, c’est une centaine de résidences qui ont été inondées. On s'inquiète pour un millier de maisons, mais on pense toutefois que les conséquences des crues printanières seront moins importantes qu’en 2017. On observe déjà un plafonnement de la montée des eaux, même si une légère augmentation est encore attendue.

L’armée est néanmoins sur place à Gatineau, mais également dans le Pontiac. Elle a déjà commencé à protéger l’autoroute 50, qui avait été inondée en 2017.

La municipalité de Pontiac est d’ailleurs toujours sous le coup de l’état d’urgence. On prévoit que le niveau d’eau maximum de la rivière des Outaouais devrait y être atteint autour de samedi prochain, le 27 avril.

Un total de 300 résidences seraient menacées par les eaux sur le territoire de la municipalité, dont plusieurs sont isolées et risquent de voir leur voie d’accès bloquée. La municipalité a distribué quelque 55 000 sacs de sable depuis vendredi.

Un soldat canadien supervise des travaux près d'une résidence.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un militaire participe à l'installation d'une digue au bout de la rue Church, à Quyon.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

L'Est-du-Québec

L'Est-du-Québec a pour le moment été relativement épargné par les inondations. 30 personnes vivant en bordure de la rivière Matapédia ont été évacuées.

La situation pourrait empirer dans ce secteur, selon Éric Houde. « Il y a des rivières qui vont réagir avec la chaleur cette semaine au niveau de la Côte-Nord, du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le secteur de l’Est », prévient-il.

Le Nouveau-Brunswick

Le fleuve inonde un parc riverain et des bâtiments du centre-villeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La crue des eaux à Fredericton a atteint plus d'une trentaine de rues, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Au Nouveau-Brunswick, le fleuve Saint-Jean, qui est sorti de son lit, continue à monter.

À Fredericton, 36 rues ont été fermées à la circulation, et on s’attend à ce que la situation se détériore au cours des deux prochains jours.

D’autres cours d'eau sont sous surveillance dans la province, comme la rivière Restigouche, Middle River et la rivière Tétagouche.

Environ 55 routes ou ponts touchés par la crue des eaux sont fermés ou partiellement fermés dans les régions de Fredericton, Edmundston, Miramichi, Moncton, Bathurst et Saint-Jean, indique le ministère provincial des Transports.

Le point sur la situation au Québec et au Nouveau-Brunswick

Avec les informations de La Presse canadienne

Environnement