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Visibilité des films québécois : « On va être rendus à [les] vendre à Netflix » – Monia Chokri

Elles présentent le film La femme de mon frère, sélectionné au Festival de Cannes.

Monia Chokri et Anne-Élisabeth Bossé

Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

Radio-Canada

Monia Chokri était venue parler à Tout le monde en parle de la sélection de son film, La femme de mon frère, à Cannes. Elle a aussi fait part de sa déception parce que le film Nous sommes Gold n'est plus à l'affiche. Lors de la même émission, Christian Bégin a soutenu qu'il avait le droit d'incarner une transgenre.

En effet, le plus récent film de Monia Chokri comme comédienne, réalisé par Éric Morin, n’est plus en salle à peine trois semaines après sa sortie, le 29 mars.

Monia Chokri ne comprend pas pourquoi Nous sommes Gold ne peut plus être vu dans une salle de cinéma. « On a eu une belle couverture média, de belles critiques. Après ça, le film est sorti en Abitibi dans une salle, à Montréal dans deux salles, et à Québec dans une salle. Il n’est pas sorti dans d’autres salles. Il faut demander aux propriétaires de salle. »

Elle s’est demandé ce qu’il faudrait faire pour que les films québécois puissent être vus au Québec. « Il faut les vendre à Netflix », a suggéré Dany Turcotte.

On va être rendus à vendre [nos films] à Netflix, puisque les propriétaires de salle ne veulent pas projeter de films québécois, car ils trouvent que ce n’est pas assez rentable.

Monia Chokri

Christian Bégin s’est aussi désolé de la courte durée de vie de trop nombreux films québécois qui ne sortent que dans quelques salles. Son plus récent film, sorti en 2017, Un problème d’infiltration, de Robert Morin, a aussi connu le même problème.

« Il y a des gens dans le Bas-Saint-Laurent qui ont voulu le voir. Ils ont demandé au directeur de la salle de La Pocatière de le faire venir, sinon ils n’auraient pas eu accès à ce film », a raconté le comédien.

Monia Chokri a ajouté qu’on se basait beaucoup sur les résultats des recettes du premier week-end pour décider de la durée de vie d’un film. « C’est hyper angoissant. Tous les gens qui font du cinéma disent sur Facebook d’y aller le premier week-end. »

Christian Bégin soutient qu'il avait le droit d'incarner une transgenre

Venu parler des Lauriers de la gastronomie, le comédien Christian Bégin a aussi abordé la question de son travail de comédien qui incarne une transgenre dans la série de Télé-Québec M’entends-tu?.

L'attribution à un acteur non transgenre du rôle de Pretzel, une prostituée transsexuelle droguée, a été critiquée par Florence Ashley, une activiste transféminine, qui a écrit que ce rôle était transphobe et avait fait reculer la cause des transgenres. Elle aurait voulu que Pretzel soit jouée par une actrice trans.

Je ne lui ai pas répondu, car dans ces espaces-là, il n’y a pas de place pour la discussion. Peu importe l’argument que je vais apporter, je ne pourrai jamais la convaincre. Cela dit, je pratique un métier d’appropriation culturelle. Ma première définition de tâche, c’est de m’approprier la réalité d’un autre. Si on se met à dire que les trans doivent jouer des trans, les Noirs doivent jouer des Noirs. Je ne veux pas simplifier le débat, on doit être à l’écoute de ce qu’elle essaie de me dire et représenter de plus en plus la réalité des transsexuelles.

Christian Bégin

Il explique avoir plongé dans ce rôle et s’être fait épiler intégralement pour être plus crédible. « J’ai travaillé fort. [...] Je ne pense pas que c’était caricatural et que c’était un pas en arrière. Je connais des personnes trans qui ne veulent pas jouer des trans. Elles veulent jouer une femme comptable mère de famille. Tous les comédiens ne veulent pas jouer ce qu’ils sont », a-t-il soutenu.

Christian Bégin pense qu’on détourne le débat à cause de l’idéologie.

Je crois à la nécessité de mieux représenter la diversité de ce qu’on est. On doit voir plus de trans à la télé, plus de gens issus des minorités visibles, mais on ne doit pas dire que ces réalités doivent être incarnées par les gens qui vivent ces situations. Je suis contre ça, je pense qu’on se trompe.

Christian Bégin

Zaz veut changer le monde

La chanteuse française Zaz était aussi de passage à Tout le monde en parle. Cette dernière était à Paris lors de l’incendie de Notre-Dame et a été, comme tout le monde, choquée par l’effondrement de la flèche de la cathédrale. Si elle est d’accord qu’il faut reconstruire, elle se dit aussi mal à l’aise devant l’énorme montant d’argent qui a été récolté alors que tant d’humains en auraient besoin.

Elle  présente son album L'effet miroir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chanteuse Zaz

Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

D’ailleurs, Zaz a lancé Zazimut, un réseau d’entraide pour financer les ONG locales lors de ses concerts. Les responsables de ces organismes montent aussi sur scène en sa compagnie. « Toutes les recettes de la boutique sont reversées à des organismes [...], on a aussi créé un festival en Ardèche. »

Pour cette dernière émission de la 15e saison, les autres invités étaient le chef Antonin Mousseau-Rivard, Woody Belfort, qui a fait une entrée remarquée, Anne-Élizabeth Bossé, Omar Kahdr et Alexandra Lamy.

Guy A. Lepage aussi annoncé que Tout le monde en parle serait de retour en septembre prochain pour une 16e saison.

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