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Pourquoi l'armée n'est-elle pas en Beauce?

Des soldats tenant des pelles alors qu'ils remplissent des sacs de sable.

Des membres des Forces armées canadiennes ont contribué à l'effort contre la crue à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

David Rémillard

La plupart des dégâts causés par la crue printanière au Québec ont jusqu'ici été observés en Beauce. Pourtant, l'armée n'y est pas. Une décision qui s'explique en partie par le caractère imprévisible de la rivière Chaudière, selon la sécurité civile.

L'écrasante majorité des résidences inondées ces dernières heures se trouvent en Beauce, dépassant le millier dimanche, après les inondations majeures de Sainte-Marie et de Scott, sans oublier Vallée-Jonction et Saint-Joseph.

Les Forces armées canadiennes, qui ont mobilisé 600 soldats au Québec, sont cependant déployées en Outaouais, à Montréal, à Laval et en Mauricie pour aider les municipalités à se préparer à la crue des prochains jours.

Après avoir évalué les besoins partout en province samedi, y compris en Beauce, où une équipe de militaires s'est déplacée à Beauceville, les autorités ont préféré prioriser ces régions.

« Panier de surprises »

Le caractère soudain des inondations de la rivière Chaudière explique en partie cette décision, dit-on du côté du ministère de la Sécurité publique.

« En Beauce, la différence, c'est que ce sont des inondations par embâcle qu'on a eues », mentionne Éric Houde, porte-parole de la sécurité civile.

Beauceville y a goûté deux fois plutôt qu'une en moins d'une semaine.

L'armée ne peut pas arrêter l'eau de monter, ne peut pas arrêter un embâcle.

Éric Houde, porte-parole de la sécurité civile

« L'embâcle, c'est un panier de surprises », rappelle celui qui travaille dans le domaine de la sécurité civile depuis 20 ans. Il souligne qu'à certains endroits, l'eau a monté de « plusieurs pieds » par heure durant la nuit de samedi à dimanche.

Le centre-ville de Beauceville inondé.

Le centre-ville de Beauceville inondé

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Dans l'ouest de la province, comme à Rigaud, par exemple, l'eau monte plus lentement, à raison « d'un centimètre par heure », selon les secteurs. Il est plus facile d'y « voir venir » les inondations, tout comme la tâche à accomplir pour limiter les dégâts.

Entraide

Une fois que l'inondation frappe, il faut vérifier si les villes ont assez de ressources pour venir en aide à la population, procéder aux évacuations et héberger les sinistrés. Les besoins en Beauce étant comblés, l'intervention de l'armée n'a donc pas été jugée prioritaire.

Éric Houde note que les municipalités de la Beauce ont des protocoles d'entraide entre différentes communautés. Habitués aux humeurs de la Chaudière, les Beaucerons ont déjà mis en place divers systèmes.

Les services incendie, les voiries et l'aide de la police leur ont notamment permis de procéder aux évacuations ces dernières heures, sans avoir à réquisitionner les services des soldats.

L'armée, c'est vraiment une aide de dernier recours. L'armée intervient quand les provinces ne sont plus capables.

Éric Houde, porte-parole de la sécurité civile

Avec les prévisions météorologiques annoncées plus tôt cette semaine, plusieurs spécialistes ont évoqué des inondations similaires à celles de 2017, voire pires dans l'ouest du Québec.

Selon M. Houde, la province a donc demandé l'aide de l'armée avant que les intervenants sur le terrain ne soient à bout de souffle, comme ce fut le cas il y a deux ans.

Vue aérienne de la municipalité de Rigaud

Vue aérienne de rues inondées à Rigaud, le 4 mai 2017.

Photo : Facebook / Ville de Rigaud

L'armée était intervenue, mais seulement une fois les inondations commencées, rappelle M. Houde, et les équipes de secours étaient alors surmenées.

Le spécialiste croit que l'armée pourra cette année éviter de revivre pareille situation. Il mentionne au passage que des municipalités ont refusé l'aide des soldats, jugeant avoir suffisamment de ressources en place.

Même si les prévisions de pluie sont à la baisse, « ce ne sera pas un printemps facile », soutient M. Houde.

En 2017, 1200 militaires avaient été déployés sur le territoire québécois lors de la crue printanière. Il y en a deux fois moins pour le moment.

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