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« S’il faut obliger des gens à déménager, on va devoir le faire » – François Legault

Le premier ministre François Legault, qui a visité plusieurs endroits touchés par les inondations le 21 avril 2019, s’est félicité de la stratégie de prévention mise en place à Laval (photo). Il a discuté avec des membres des Forces armées canadiennes.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

De passage dimanche dans plusieurs municipalités du Québec afin de vérifier l'état de la situation relativement aux inondations printanières, le premier ministre François Legault a ouvert la porte à la mise en place d'incitatifs visant à convaincre les riverains de déménager, pour éviter que « les contribuables paient pour des dégâts qui [se produisent] régulièrement ».

« S'il faut obliger des gens à déménager, on va devoir le faire », a déclaré le premier ministre.

Bien que François Legault soit déterminé à aider les sinistrés, il insiste sur le fait qu'« il faut être lucide » et que les contribuables n'ont pas à payer tous les deux ans pour des inondations récurrentes.

Un avis que partage le maire de Rigaud, Hans Gruenwald fils. « C’est pas moi qui ai décidé qu’ils doivent aller rester dans une zone inondable. À un moment donné, il va falloir que ces gens s’interrogent eux-mêmes : "Est-ce que je veux faire ça à tous les 2 ans, à tous les 4 ans, à tous les 10 ans?" Il y a des choses qu’on ne peut pas faire pour ces gens-là. On ne peut pas décider pour eux », a-t-il dit.

En conférence de presse, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a toutefois émis des réserves quant à cette façon de faire.

« Ce n'est pas la bonne approche, car des gens voient la valeur de leur maison baisser et quand ils sont cuits, on leur demande de partir alors qu'ils ne sont plus capables de vendre à un prix raisonnable », a-t-il expliqué.

Il prône plutôt une protection des quartiers à risque ou le versement d'une somme importante pour inciter les résidents des berges à déménager.

Legault marche sur une route inondées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre, François Legault, s'est déplacé dans différentes municipalités du Québec, comme ici, au pont de l’Île mercier, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Plus de 2300 résidences inondées au Québec

La crue printanière a déjà inondé 2341 résidences au Québec et environ 1200 personnes ont été évacuées, selon le bilan diffusé dimanche soir par Urgence Québec. Le nord de l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ne sont pas épargnés par la montée des eaux.

Dans certaines régions, le pire reste à venir. Après la pluie, la hausse des températures au cours des prochains jours va accélérer la fonte des neiges. « Nous ne sommes certainement pas sortis du bois », a affirmé le ministre de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, Carl Urquhart.

Les militaires appelés en renfort sont déjà au boulot sur le terrain. Quelque 600 membres des Forces armées canadiennes sont présents dans les zones les plus vulnérables de la province.

« On peut remplir des poches de sable, vérifier si des itinéraires sont praticables, venir en soutien à la population dans des endroits un peu plus isolés », a expliqué le lieutenant-colonel Victor Bertrand.

Offrir du réconfort

La Croix-Rouge canadienne a lancé un fonds d’aide pour les sinistrés.

« Les autorités l’ont dit, il y a déjà des centaines de personnes sinistrées, et l’eau continue de monter. La détresse, on l’appréhende », a expliqué Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge au Québec, à RDI matin.

« On sait que, parmi les familles sinistrées, il y en a qui ont vraiment besoin d’une aide supplémentaire », a-t-il ajouté, précisant que l'aide de la Croix-Rouge et celle promise par le gouvernement du Québec seront complémentaires.

« Si on en a les moyens, les familles qui ont subi des dommages importants pourraient recevoir de l'aide financière pour aider au rétablissement », a avancé le vice-président.

Un sous-sol inondé et des objets qui flottent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans cette résidence, il y a tellement d'eau au sous-sol, qu'il n'est plus accessible.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le mandat des 4000 bénévoles associés à la division québécoise de l'organisation humanitaire internationale est d'abord de réconforter les sinistrés, puis de les accompagner pour répondre à leurs besoins de base.

« Les bénévoles sont formés à offrir du réconfort. On fait du référencement avec les services sociaux si on se rend compte que la personne est en détresse ou avec les municipalités pour certains services. On peut aussi offrir de l'hébergement ou de l'aide pour les repas », a précisé Pascal Mathieu.

Les bénévoles aux vestes rouges sont déployés depuis déjà une semaine à Beauceville. D'autres se trouvent à Lévis, Saint-Raymond, Gatineau, Rigaud, Laval et Pierrefonds.

Des complications en Beauce

Au centre-ville de Sainte-Marie, en Beauce, plus de 900 résidences sont touchées par la sortie de la rivière Chaudière de son lit. Les municipalités voisines n'ont pas non plus été épargnées.

De nombreuses routes sont fermées et des évacuations sont en cours. Le niveau de la rivière Chaudière a augmenté d’environ 20 à 25 cm par heure au cours des dernières heures.

Des voitures sont submergées et des personnes coincées chez elles sont évacuées par bateau.

À Scott, toutes les rues sont fermées et le centre-ville est paralysé. Deux cents résidences ont été évacuées dimanche matin.

Si le maire Clément Marcoux n'a pas souvenir de crues aussi importantes, il estime néanmoins que sa communauté n'a pas besoin de l'armée pour le moment.

Le centre-ville de Scott est inondé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une rue inondée à Scott, en Beauce

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Plus de 66 mm de pluie sont par ailleurs tombés en Beauce depuis jeudi.

Des révisions à la baisse à Gatineau

Le point sur la situation en Beauce, à Gatineau et à Fredericton

À Gatineau, où un premier centre d'aide aux sinistrés a été ouvert samedi, 100 résidences sont touchées et 200 habitations se trouvent isolées en raison de cette crue printanière.

Environ 140 militaires sont arrivés samedi soir et vont se déployer dans différentes municipalités de l’Outaouais.

De plus, l'eau s'approche de 985 maisons, a fait savoir le maire Maxime Pedneaud-Jobin lors d'une conférence de presse dimanche.

Bien que la rivière des Outaouais ait vu son niveau d’eau augmenter de 10 cm depuis la nuit dernière, la Ville de Gatineau a revu ses prévisions à la baisse par rapport à mai 2017.

Vigilance dans le Grand Montréal

En visite à L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est félicitée de la mise en place de tous les moyens de prévention.

« Ça n'a rien à voir avec la situation de 2017 où on était en réaction. Présentement, on n'est plutôt en préparation », a-t-elle dit.

Valérie Plante marche avec un homme, de l'eau jusqu'aux genoux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a rencontré des élus et des citoyens de la région de l’Île Mercier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De nombreuses digues temporaires ont été installées dans les villes de Laval et de Montréal au cours des derniers jours.

Des sacs de sable ont été livrés aux résidents afin que ceux-ci puissent protéger leurs habitations.

Les autorités lavalloises surveillent de près le pont temporaire entre l’île Jésus et l’île Bigras.

Des sacs remplis de sableAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des digues temporaires ont été mises en place dans le secteur de Cartierville, au nord de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges, 57 demeures ont été inondées. Plus de 300 maisons sont sous surveillance : une centaine à Rigaud et à Pointe-Fortune, une centaine à Hudson et 80 à Vaudreuil-Dorion, précisait un bilan de la MRC de Vaudreuil-Soulanges diffusé en soirée dimanche.

En visite auprès des sinistrés de Rigaud, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a évoqué une « situation pas facile ».

Les gens ici ont un esprit d’équipe et de solidarité. Les gens ont appris de 2017. Le gouvernement va tout faire pour que la période de rétablissement se passe encore mieux qu’en 2017.

Danielle McCann, ministre de la Santé

À côté d’elle, le maire Hans Gruenwald fils a dit s’attendre à ce que le nombre de sinistrés augmente encore.

Le lac des Deux Montagnes et la rivière des Outaouais sont particulièrement scrutés.

« On va vivre des drames humains. On veut s’assurer que la sécurité des gens est prise en charge », affirme le directeur du Service de sécurité incendie de Rigaud, Daniel Boyer.

Une fillette joue dans le sableAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frederika, 4 ans, de Pointe-Calumet, s'amuse au milieu de ce centre de sacs de sables.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La situation se dégrade en Mauricie et au Centre-du-Québec

Depuis samedi, le niveau du lac Saint-Pierre a monté. Les municipalités de Louiseville, Maskinongé et Nicolet, situées autour du lac, sont à risque.

« L'eau a monté presque plus qu'en 2017. Je veux que les gens quittent. C'est simplement la sécurité », a déclaré Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

Au Centre-du-Québec, 100 personnes ont été évacuées à Saint-Louis-de-Blandford et 5 à Saint-Lucien, selon Urgence Québec.

Arrivés à Bécancour samedi en milieu de soirée, une vingtaine de soldats se sont affairés à sécuriser l’usine de filtration d’eau jusqu'à 2 h du matin, dans le but d'éviter une infiltration qui pourrait contaminer l’eau potable.

Dimanche après-midi, le conseil municipal a adopté l’état d’urgence en prévision de l’augmentation attendue du niveau du fleuve Saint-Laurent.

Des militaires devant une usineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'armée canadienne a sécurisé une usine de filtration d'eau à Bécancour.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Roy

À Saint-Boniface, près de Shawinigan, un glissement de terrain survenu samedi matin a complètement couvert la chaussée avoisinante de la route 153. La circulation s’effectue désormais par alternance.

Niveau stable à Sherbrooke

L’inquiétude a baissé du côté de Sherbrooke.

Alors que le niveau de la rivière Saint-François avait atteint le seuil critique de 21 pieds samedi, la situation s'est stabilisée et le niveau de l'eau a même descendu dimanche.

En début de soirée, 300 évacués avaient regagné leur résidence.

À 50 kilomètres à l'est de Sherbrooke, la situation s'est stabilisée à Weedon. Parmi les 250 personnes qui avaient reçu un avis d'évacuation samedi, beaucoup ont pu regagner leur domicile en début de soirée dimanche.

Le Nouveau-Brunswick se prépare

Aucun ordre d’évacuation n’a été lancé pour le moment, bien que le niveau d’eau grimpe et que le fleuve Saint-Jean soit sorti de son lit.

Le centre-ville de Fredericton est touché et l’armée pourrait venir en renfort. Jusqu’à 120 militaires sont attendus, si nécessaire.

Les crues les plus importantes sont prévues pour lundi. Les sinistrés de 2018 aux abords du fleuve ont été prévenus par l'Organisation des mesures d'urgence de la province que des inondations similaires à celles de l'an dernier pourraient survenir.

Avec les informations de La Presse canadienne

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