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Gilets jaunes : près de 10 000 manifestants et un regain de violence

Des gilets jaunes se font repousser par un policier casqué, qui porte un bouclier.
Des affrontements ont émaillé la manifestation aux abords de la place de la République. Photo: Reuters / Gonzalo Fuentes
Reuters

Des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre en province et à Paris, où les gilets jaunes défilaient pour un 23e samedi consécutif, marqué par un regain de mobilisation.

Près de 9600 manifestants ont été recensés sur le territoire par le ministère de l’Intérieur à 14 h, dont 6700 personnes à Paris. La semaine dernière, 7500 personnes avaient été comptabilisées à la même heure, dont 1300 à Paris.

Les forces de l’ordre essayaient de contenir les manifestants sur la place de la République à Paris, intervenant au moindre débordement ou mouvement de foule. Des individus habillés de noir avaient auparavant lancé des projectiles vers des policiers, qui avaient répondu par des jets de gaz lacrymogène et des canons à eau.

Poubelles et motos incendiées

Des barricades et des poubelles ont été incendiées lors du passage de l’un des deux cortèges autorisés dans la capitale.

Des motos ont également subi le même sort sur le boulevard Richard-Lenoir dans le 11e arrondissement, et des vitrines ont été vandalisées sur la place de la République.

À Toulouse, les forces de l’ordre ont tiré les premières grenades lacrymogènes vers 14 h 30 dans la rue de Metz, non loin de la préfecture, scindant le cortège qui s’est ensuite reconstitué dans la rue d’Alsace-Lorraine. Le défilé, qui comptait 3500 personnes selon la police, a repris dans le calme.

Des centaines de motards avaient ouvert la marche, avec une grande banderole portant l’inscription « Macron démission ».

Un cortège de 1500 à 2000 manifestants, selon les estimations de Reuters, défilait à Bordeaux en début d’après-midi depuis la place de la Bourse, en direction de la gare Saint-Jean. Quelques jets de gaz lacrymogène ont été lancés pour empêcher certains « gilets jaunes » de s’introduire dans le centre de la ville, interdit à la manifestation.

Selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, des incidents étaient à craindre à Bordeaux et à Paris, ainsi qu'à Toulouse et à Montpellier.

« À nouveau, la menace est sérieuse », avait-il déclaré vendredi. « D’après les informations dont nous disposons, les casseurs seront à nouveau au rendez-vous. » Plus de 60 000 policiers et gendarmes sont mobilisés.

La frange la plus radicale du mouvement a appelé à un regain de mobilisation pour ce 20 avril, après les samedis de calme relatif qui ont suivi la dernière poussée de fièvre, le 16 mars.

Ce jour-là, plusieurs boutiques et établissements emblématiques des Champs-Élysées, comme la brasserie Fouquet’s, avaient été vandalisés, voire partiellement incendiés.

« Tout pour Notre-Dame, rien pour les misérables »

La préfecture de police de Paris avait procédé à 15 h à 137 interpellations, principalement pour port de matériel offensif, et effectué 14 044 contrôles préventifs. 110 personnes étaient placées en garde à vue à la mi-journée, selon le parquet de Paris.

Une femme pleure, vêtue de jaune. Elle est entourée par deux autres manifestants. À l'arrière-plan, la foule défile rue du Faubourg du temple.Les policiers ont tenté à plusieurs reprises de disperser les manifestants. Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

« Tout pour Notre-Dame, rien pour les misérables », a écrit un manifestant sur son gilet jaune, en réaction aux promesses de dons de grandes fortunes françaises qui ont afflué après l’incendie de Notre-Dame de Paris lundi.

Emmanuel Macron devait s’exprimer lundi soir pour présenter les conclusions du « grand débat » mis en place en réponse à la crise des « gilets jaunes ».

Il a reporté son intervention en raison de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, mais le contenu de son allocution a fuité dans les médias. Il doit s’adresser à la nation jeudi.

« Les gilets jaunes attendaient des réponses que l’incendie de Notre-Dame de Paris a soudainement éteintes. Pourtant, les “fuites” du discours présidentiel laissent à penser que nous n’allons toujours pas être entendus », peut-on lire sur la page Facebook annonçant « l’Acte 23 Ultimatum 2 ».

La préfecture de police de Paris a pris un nouvel arrêté interdisant les défilés et les rassemblements dans le quartier des Champs-Élysées, d’où les « gilets jaunes » sont bannis chaque samedi depuis le mois dernier. Les cortèges et attroupements sont également prohibés autour de la cathédrale Notre-Dame.

« Les forces de l’ordre ont reçu pour consigne d’être extrêmement mobiles et réactives », a dit samedi sur BFM TV Laetitia Vallar, porte-parole de la préfecture de police.

Comme pour les semaines précédentes, les forces de police ont mis en place des contrôles préventifs aux péages, sur les autoroutes et sur les routes départementales.

Elles ont également procédé à des fouilles en périphérie des rassemblements pour repérer les personnes « qui pourraient venir avec des intentions malveillantes », a précisé la porte-parole.

De nombreuses villes de province comme Nantes, Lille Bordeaux ou encore Toulouse avaient interdit la manifestation dans certaines zones.

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