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Une famille de pygargues à tête blanche vit un drôle de « ménage à trois »

Trois pygargues à tête blanche, Valor 1, Valor 2 et Starr, au centre.

Trois pygargues à tête blanche, Valor 1, Valor 2 et Starr, au centre.

Photo : The Associated Press

Radio-Canada

L'histoire d'une famille non conventionnelle de pygargues à tête blanche de l'Illinois fait le tour d'Internet.

Des milliers d'internautes observent sur YouTube deux mâles et une femelle nicher ensemble et élever trois aiglons dans leur nid situé le long du Mississippi, près de Fulton en Illinois.

« Les oiseaux actuels du nid se sont tous accouplés à un moment ou à un autre, de sorte qu'ils entretiennent une véritable relation intime et qu'ils partagent tous les mêmes tâches parentales », a déclaré la journaliste Ally Hirschlag, qui écrit sur les oiseaux pour la National Audubon Society Conservation Group.

« Ils nourrissent tous les bébés. Ils sont tous assis sur le nid. Ils gardent les bébés. Ils se relaient. C'est en fait très civilisé », ajoute la journaliste.

Mais le chemin a été long pour parvenir à cet équilibre pacifique. La famille a connu son lot de turbulences, et même de tragédies, dans le passé.

Les aiglons avec leur mère Starr.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les aiglons avec leur mère Starr.

Photo : The Associated Press

« Remplacer » un père « négligent »

Tout a commencé en 2012, lorsqu'une femelle nommée Hope et un mâle nommé Valor 1 ont commencé à nicher à l'Upper Mississippi River National Wildlife Refuge.

« Valor 1 n'avait pas l'air de bien comprendre son rôle de parent, dit Ally Hirschlag. Il n'y tenait pas tant que ça. »

Il ne rapportait pas régulièrement de nourriture pour les aiglons et il les abandonnait souvent lorsque la mère était partie chasser pour compenser sa négligence.

« Je ne sais pas s'ils peuvent avoir de véritables querelles à ce sujet, mais elle a fait quelque chose d'assez pragmatique en trouvant un nouveau compagnon, Valor 2, qui semblait être un bien meilleur parent, précise Ally Hirschlag. En fait, il avait l'air de comprendre. Il était très doué pour exécuter toutes les tâches liées à la gestation et, une fois les bébés nés, s'occuper d'eux, les nourrir, les protéger. »

Mais Valor 1 est resté dans les parages. Il n'a pas quitté le nid.

Les aiglons que Hope a élevés avec Valor II ont fini par quitter le nid, et Valor 1 a semblé en tirer quelques leçons d'éducation.

En 2016, les deux mâles avaient été observés en train de s'accoupler avec Hope, et tous les trois avaient fait un nouveau nid, cette fois en partageant les tâches parentales de façon égale.

Une perte soudaine

Le trio de pygargues à tête blanche avait enfin trouvé son rythme lorsque la tragédie a frappé, en mars 2017.

Les oiseaux élevaient ensemble deux aiglons fraîchement éclos lorsque deux autres pygargues ont attaqué le nid. L'agression a duré plusieurs jours, et Hope a été tuée.

« Les deux mâles sont restés, se sont défendus contre les aigles maraudeurs et ont pris soin des bébés jusqu'à ce que ceux-ci s'envolent », a dit Hirschlag.

Pam Steinhaus, la responsable des services aux visiteurs du refuge, a déclaré à la société Audubon : « C'est incroyable, la manière dont ils se sont rencontrés et ont fait ce que font les pères. »

Les aigles s'accouplent habituellement pour la vie. Si l'un meurt, l'autre trouve un nouveau compagnon.

Mais plutôt que de se séparer pour partir à la recherche de nouvelles femelles avec qui s'accoupler, Valor I et Valor II sont restés ensemble dans leur nid.

Très vite, ils ont attiré une nouvelle femelle, Starr.

Comme Hope avant elle, Starr s'est accouplée avec Valor I et Valor II. Elle a donné naissance à trois aiglons ce printemps.

On est porté à croire que de tels trios d'aigles sont rares, mais les scientifiques n'en sont pas certains.

Si une poignée d'autres cas ont déjà été documentés, les chercheurs avaient alors supposé qu'il s'agissait de deux parents biologiques et d'un parent appelé « aide à la nidification », une fonction observée chez plusieurs espèces d'oiseaux.

Robyn Bailey, chef du projet NestWatch au laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, a déclaré à la National Audubon Society qu'un témoignage aussi intime des habitudes d'accouplement des aigles que celui permis par la webcam du refuge est rare.

« Ce n'est pas parce qu'une chose n'est pas souvent vue qu'elle ne se produit pas couramment », a dit Mme Bailey.

Un texte de Sheena Goodyear de CBC

Faune et flore

Science