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Inondations : les conséquences de nos choix

Le centre-ville de Beauceville et plusieurs commerces inondés par les eaux de la rivière Chaudière.

Le centre-ville de Beauceville a été inondé mardi. Environ 300 bâtiments ont été envahis par les eaux de la rivière Chaudière.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Radio-Canada

Les inondations qui touchent plusieurs résidences du Québec, notamment en Beauce, découlent en partie des développements passés, selon une spécialiste de la gestion durable des cours d'eau. L'hydrogéomorphologue Pascale Biron plaide pour une meilleure connaissance des zones inondables.

La professeure à l'Université Concordia rappelle que lors des dernières décennies, plusieurs résidences ont été construites près des cours d'eau, dans des zones où il est normal et prévisible que les rivières sortent de leur lit.

« Qu'une rivière déborde, c'est dans sa nature. Ça fait partie de la dynamique naturelle des cours d'eau, de déborder. Le problème, c'est qu'on s'est rapprochés de la rivière. En soi, ce n'est pas une catastrophe qu'une rivière sorte de son lit », affirme Pascale Biron.

Dans la région de Québec, les rivières situées sur la Rive-Sud sont plus susceptibles de déborder en raison de leur emplacement géographique.

« Les rivières qui coulent du sud vers le nord, la glace va fondre plus tôt dans la partie en amont du bassin. Ça peut créer des embâcles. C'est ce qui est arrivé cette semaine », explique Pascale Biron.

Elle croit qu'une partie de la solution, pour éviter les inondations futures, devrait passer par une meilleure identification des zones inondables. Pascale Biron insiste pour dire que les municipalités du Québec devront interdire la construction dans ces secteurs.

« C'est peut-être là qu'il y a eu des problèmes dans le passé. On connaissait mal la cartographie des zones inondables. Il y a peut-être eu aussi un certain laxisme. C'est toujours tentant, la maison avec vue sur la rivière. Il y a peut-être eu des erreurs dans le passé, et maintenant on paye pour », affirme-t-elle.

Creuser le lit des rivières

L'experte soutient que creuser le lit des rivières ne représente pas une solution pour se prémunir contre la crue des eaux.

« C'est une solution très, très temporaire. La rivière ne charrie pas que de l'eau, elle charrie aussi des sédiments qui vont inévitablement revenir. C'est parfois le premier réflexe, mais nulle part, dans la littérature scientifique, on convient que c'est la bonne chose à faire à long terme », affirme Pascale Biron.

Effets des changements climatiques

Les effets qu'auront les changements climatiques sur les inondations sont encore difficiles à prédire. Toutefois, elle croit que les inondations risquent d'avoir lieu à des moments différents.

« Les modèles prédisent que pour la crue printanière, ça devrait baisser dans le futur. On s'attend à ce qu'il y ait moins de fonte de neige. Par contre, il y aura plus de risques pour des crues en été et en automne », explique Pascale Biron.

Les municipalités de huit régions de la province, dont la Communauté métropolitaine de Québec, revoient actuellement leurs cartes des zones inondables. Cette révision devrait se terminer à la fin 2020.

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