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Inondations : des municipalités sur le qui-vive, l'armée en renfort

La situation dans certains quartiers de Laval est critique.

La situation dans certains quartiers de Laval est critique.

Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier

Radio-Canada

Québec a demandé l'aide des Forces armées canadiennes afin d'assurer la sécurité des citoyens et de réduire la portée des dégâts causés par les inondations qui menacent le sud de la province jusqu'à la région de la Capitale-Nationale. En attendant la montée des eaux, de nombreuses municipalités se préparent au pire : on distribue des sacs de sable, on installe des digues et on ouvre des centres d'aide aux sinistrés.

Lors d'un point de presse en début d'après-midi vendredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a déclaré que les premières inondations majeures ne sont pas attendues avant dimanche, sauf exception.

Le nombre de militaires qui seront déployés n'a pas encore été précisé; l’armée canadienne évalue la situation avec les équipes de la Sécurité publique. Pour l'instant, seule la Municipalité de Nicolet a demandé l'aide de l'armée.

Geneviève Guilbault a aussi déclaré que, exceptionnellement, les municipalités qui en feront la demande pourront autoriser l’ouverture des commerces dimanche de Pâques pour que les citoyens puissent se procurer les matériaux dont ils ont besoin.

Risque élevé d'inondations : les régions de l'Outaouais jusqu'à la Capitale-Nationale, y compris les municipalités riveraines de l'archipel d'Hochelaga, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches.

Risque modéré d'inondations : les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

De 30 à 60 millimètres de pluie sont attendus jusqu'à samedi en Beauce, en Estrie, à Québec et en Mauricie. L'Outaouais, les Laurentides et Lanaudière pourraient recevoir jusqu'à 25 millimètres de pluie.

Une femme discute avec un homme

La ministre de la sécurité publique discute avec l'équipe de la Sécurité civile.

Photo : Radio-Canada

Montréal se prépare pour la montée des eaux

Dans la métropole, les autorités surveillent de près les secteurs résidentiels de l'ouest de l'île et de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, qui ont été sérieusement inondés il y a deux ans. Depuis jeudi, le mode « urgence » est activé, notamment par l'ajout d’effectifs sur le terrain.

De 15 à 25 millimètres de pluie devraient tomber sur Montréal au cours de la nuit de vendredi à samedi et quelques averses s'abattront en journée samedi, avant le retour du beau temps dimanche.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a aussi fait une intervention publique vendredi en fin d'après-midi. Elle a précisé qu'elle a passé la journée à rencontrer les gens, à voir les berges.

Les équipes sont beaucoup mieux préparées qu’en 2017. On a appris de ce qui s’est passé. Des digues ont été mises en place plusieurs jours à l'avance. On n'est pas en mode réaction. Il y a eu beaucoup de sensibilisation sur le terrain.

La mairesse Valérie Plante

« Reste à voir ce que dame Nature va décider », a-t-elle ajouté en saluant le travail des citoyens et des autorités qui se préparent à affronter les inondations.

Inondations : plusieurs municipalités se préparent à la montée des eaux

Le bassin de la rivière des Outaouais sous surveillance

Ailleurs au Québec, des avertissements de pluie en vigueur font craindre le pire aux autorités. Il pourrait tomber de 20 à 80 millimètres de pluie d'ici samedi après-midi. Avec la fonte des neiges accentuée par les températures élevées, le niveau des cours d'eau pourrait augmenter rapidement.

Le bassin de la rivière des Outaouais, qui va du lac Coulonge, dans le Pontiac, jusqu’à la région de Montréal, est particulièrement problématique.

Selon la Sécurité civile, la centrale Carillon, qui reçoit d’habitude un débit d’eau maximum de 3500 m3/s, doit actuellement gérer un débit de près de 6300 m3/s, qui devrait augmenter graduellement jusqu’à atteindre 8400 m3/s dimanche, selon les dernières prévisions.

Sur la photo: (Gauche ˆ droite) Mr Labrie est venu aider ses proches et ˆ participŽ ˆ la corvŽe

LE 18 AVRIL 2019 2019/04/18

Certains annoncent des inondations pire qu'en 2017.

Photo : Ivanoh Demers

Les villes de Rigaud et de Pointe-Fortune, qui ont demandé jeudi aux citoyens qui habitent aux abords de la rivière des Outaouais d’évacuer leur maison dans les 24 heures, ont mentionné aujourd’hui que la situation actuelle laisse présager dès samedi une hausse « très rapide » du niveau de la rivière, et que d’ici lundi « des niveaux d'eau aussi élevés que ceux observés au plus fort de la crue de 2017 pourraient être atteints ».

De plus, le lac des Deux Montagnes est sorti de son lit à Sainte-Anne-de-Bellevue, à Terrasse-Vaudreuil et à Rigaud, tout comme la rivière des Mille Îles à Deux-Montagnes.

Les autorités rappellent donc aux citoyens la nécessité de sécuriser leur résidence « et, si possible, d'évacuer immédiatement ».

Plusieurs personnes interrogées affirment toutefois qu'elles ont l'intention de rester sur place jusqu'à ce que la situation devienne intenable.

Des travailleurs installent une digue

Des employés de la Ville de L'Île-Perrot se préparent à la montée de eaux.

Photo : Facebook / Ville de L'Île-Perrot

État d'urgence à Laval

À Laval, qui est bordée par la rivière des Mille Îles et la rivière des Prairies, le maire Marc Demers a déclaré l’état d’urgence sur son territoire, jeudi, en raison des inondations imminentes.

« C'est plus une mesure préventive pour s'assurer d'avoir plus de flexibilité dans nos opérations », a expliqué son directeur des communications, Louis-Philippe Dorais.

Laval a précisé que la déclaration d'urgence s'applique « aux secteurs de la ville situés en zone inondable à récurrence 0-100 ans ». L'administration dit avoir recours à cette procédure pour « effectuer les dépenses nécessaires et octroyer tous les contrats qui pourraient être requis, comme l’achat de sable ou d’équipement, sans passer par les processus habituels ».

La situation n'avait pas évolué jeudi, selon M. Dorais. Mais la Ville a revu à la hausse le nombre de maisons menacées, estimé mercredi à quelque 800 résidences. Elle évoque maintenant le chiffre de 1504 maisons situées dans la zone à risque.

Inondations majeures en Beauce

Des blocs de glace lors de l'inondation à Beauceville.

Des blocs de glace lors de l'Inondation à Beauceville

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Dans Chaudière-Appalaches, les gens de la Beauce doivent déjà composer avec les désagréments des inondations, les pires depuis 1971 dans cette localité. À Beauceville, jeudi, l’heure était au découragement pour plusieurs commerçants du centre-ville. Plus de 30 résidences ont été inondées.

Vendredi matin, le niveau de l’eau avait un peu baissé. L’embâcle qui se trouvait au centre-ville s’est déplacé à la hauteur du secteur du Rocher et demeure présent sur une distance d'environ trois kilomètres.

Ailleurs dans la province

Les autorités surveillent de près le lac Saint-Pierre et la rivière Saint-Maurice. Jusqu’à 70 millimètres de pluie sont attendus en Mauricie d’ici samedi après-midi et jusqu’à 40 millimètres au Centre-du-Québec, selon les prévisions d’Environnement Canada.

Le fleuve Saint-Laurent a déjà débordé légèrement au lac Saint-Pierre, et cela ne fait que commencer, puisqu'on s'attend à ce que d'ici dimanche ou lundi son niveau atteigne 3,9 m. Lors des inondations en 2017, le lac avait atteint un maximum de 3,54 m.

Trois-Rivières, Bécancour, Nicolet, Yamachiche et Louiseville se préparent et sont en état d’alerte.

Un jeune homme transporte des sacs de sable devant une porte de garage.

Réal Lyonnais, qui habite le secteur Trois-Rivières-Ouest depuis 50 ans, s’attend à ce que l’eau monte jusqu’au tier de sa porte de garage.

Photo : Radio-Canada / Maude Montembault

La mairesse suppléante de Trois-Rivières, Ginette Bellemare, exhorte les gens à protéger leurs maisons. « C'est important de demander à nos citoyens qu'ils se préparent. Nous avons à leur disposition 30 000 sacs de sable », a-t-elle souligné. Les autorités trifluviennes considèrent que la population ne s'active pas assez vite.

Dans Portneuf, à Saint-Raymond, la rivière Sainte-Anne risque également de sortir de son lit. Selon le directeur général de la Municipalité, François Dumont, le risque est « élevé ». Plus de 400 résidences pourraient être touchées.

Le message qu’on transmet à nos citoyens, c’est : "Soyez prêts. Préparez vos ressources, vos résidences, en fonction d’un débordement éventuel."

François Dumont, directeur général de Saint-Raymond

Trois résidences pour personnes âgées (24 personnes) ont été évacuées de façon préventive.

À Lévis, quelques dizaines de maisons du secteur de Saint-Étienne-de-Lauzon ont aussi été évacuées par mesure de précaution.

En Estrie, le lac Memphrémagog a débordé à Memphrémagog. À Sherbrooke, le niveau de la rivière Saint-François a atteint 15 pieds en milieu d'après-midi vendredi. La pointe est attendue dans la nuit de samedi à dimanche.

La région des Outaouais sur le qui-vive

Des gens remplissent des sacs de sable.

À Gatineau 523 bénévoles ont rempli 20 000 sacs de sable vendredi.

Photo : Twitter / Ville de Gatineau

En Outaouais, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, lance un appel aux résidents des zones menacées d'inondation pour qu'ils se préparent à la crue rapide des eaux.

Des inondations majeures sont prévues durant la fin de semaine le long de la rivière des Outaouais, et Gatineau et Ottawa pourraient ne pas être épargnées. Les niveaux des eaux pourraient là aussi atteindre ceux observés au plus fort de la crue en mai 2017, évalue la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais.

Les nouvelles ne sont pas très bonnes, a reconnu le maire lors d’un point de presse jeudi. « On a la responsabilité de se préparer au pire et c’est ce qu’on fait », a-t-il dit, tout en soulignant que la météorologie n'est pas une « science exacte ».

Dans cette région, le pic de la crue est attendu dimanche soir.

Une maison bleue encerclée par les eaux.

Une résidence complètement entourée d'eau à Val-des-Monts

Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Par ailleurs, vendredi après-midi, les municipalités de Pontiac et de Val-des-Monts ont déclaré l'état d'urgence.

L'eau monte rapidement au Nouveau-Brunswick

Corvée de sacs de sable à Edmundston au Nouveau-Brunswick le 19 avril 2019.

L'OMU met des sacs de sable à la disposition du public à divers endroits dans la province, comme ici vendredi à Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau

Les eaux montent au Nouveau-Brunswick, particulièrement celles du fleuve Saint-Jean. La crue dans certaines zones dépasse les prévisions.

Ainsi, les autorités prédisent maintenant que le fleuve sortira de son lit samedi à Fredericton, soit un jour plus tôt que prévu.

La fonte des neiges et les fortes pluies prévues d'ici dimanche feront gonfler les cours d'eau.

Le nord-ouest de la province risque de recevoir jusqu’à 100 millimètres de pluie au total d’ici dimanche, selon Environnement Canada.

Avec les informations de La Presse canadienne

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