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Elle attend l’arrivée de la plage pour attirer l’attention sur le climat

Elle attend l’arrivée de la plage pour attirer l’attention sur le climat
Francis Plourde

À travers l'art, une Vancouvéroise tente d'entamer une discussion sur la société face aux changements climatiques.

À quelques reprises depuis le 30 mars, l’artiste Tianna Barton s’est installée près d’un trottoir. En maillot de bain malgré le froid et la pluie, elle a mis ses lunettes de soleil, ouvert son parasol et sorti ses magazines sous le regard de passants curieux.

À ses côtés, un secouriste surveillait l’horizon, devant ce qui, dans un avenir lointain, pourrait être la rive.

La prestation, intitulée Waiting for the beach #rising #sealevel (En attendant la plage #montée #niveaudel’océan), est la dernière oeuvre de la jeune diplômée de l’Université Emily Carr.

« J'ai eu cette idée à cause de l'angoisse actuellement autour du changement climatique, du chaos climatique et de l'état du monde, dit-elle. Je voulais parler du sentiment de complaisance et d'apathie que nous voyons et que nous ressentons en même temps. »

Le personnage qu’elle a créé, une jeune femme aisée accompagnée de son entourage, visait aussi à explorer l’obsession de la société pour la richesse ainsi que la vanité individuelle dans le contexte du réchauffement de la planète.

« C’est une blague, en fait. Je ne voulais pas faire la morale, dit Tianna Barton, mais plutôt traiter de la question de façon absurde et espiègle. »

Deux femmes et un homme prétendent prendre un bain de soleil sur une rue achalandée. Un sauveteur est en arrière-plan. La performance de Tianna Barton dans l'est de Vancouver le 13 avril dernier. Photo : Jon McRae

Malgré tout, la jeune femme a choisi des lieux réellement répertoriés comme étant à risque d’inondation par des organisations environnementales.

« Les emplacements choisis étaient basés sur diverses cartes interactives d’organisations environnementales que j’ai examinées et qui ont également cartographié les altitudes autour de Vancouver », souligne-t-elle.

« Mais ça demeure une interprétation artistique, j’ai choisi des endroits qui deviendront la rive advenant des hausses du niveau de l’océan de 4 à 6 mètres », se presse-t-elle d'ajouter.

Son pari semble avoir fonctionné. Ses prestations ont fait réagir dans la rue et sur le web.

Certaines étaient très enthousiastes, d’autres auraient voulu voir quelque chose de plus didactique, mais ce n’était pas l’objectif.

Tianna Barton, artiste

L’environnement : source d’inspiration

La performance de Tianna Barton pourrait être considérée comme de l’art écologique, un courant qui existe depuis les années 60, et en émergence un peu partout dans le monde.

« La pression est de plus en plus forte sur nous, sur l’environnement, alors il y a une réactivité plus forte, explique la spécialiste de l’art écologique Bénédicte Ramade. C’est certain que [la jeune génération] se tourne plus spontanément vers ces sujets-là. »

L’environnement serait un thème particulièrement présent dans l’art en Chine et en Inde, en raison des problèmes environnementaux importants que connaissent ces pays, selon la chercheuse.

Bénédicte Ramade précise toutefois que le Canada accuse un retard dans ce courant.

Le Canada est un pays dont la nature est exceptionnelle, mais le lien des artistes avec celle-ci n’est pas si développé, c’est assez surprenant.

Bénédicte Ramade, critique d’art

Au Québec, des artistes comme Isabelle Hayer et Aude Moreau sont parmi les plus connues à utiliser l’environnement comme inspiration principale.

Selon Bénédicte Ramade, l’art écologique peut prendre différentes formes. « On a une vision un petit peu fermée de ce que peut être l’approche artistique des questions écologiques alors que ça peut être très vaste, souligne-t-elle. Ça peut aller de l’humour à un travail très très sérieux. »

Le public invité pour la dernière prestation

Tianna Barton, elle, compte offrir une dernière prestation de son personnage. Une performance où elle invite le public à se joindre à elle et à enfiler son maillot.

Son dernier rendez-vous est prévu à 14 h, le 21 avril, au coin des rues Georgia et Denman.

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