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On peut lire dans un extrait du rapport cette phrase attribuée à Donald Trump par un témoin: «C'est la fin de ma présidence. Je suis foutu.»

Le rapport Mueller comporte plusieurs phrases attribuées au président Trump par des témoins.

Photo : Rapport Mueller/Site du secrétariat à la Justice des États-Unis

Sophie-Hélène Lebeuf

Après avoir interviewé 500 témoins, réclamé des centaines de documents, l'équipe du procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller, a accouché d'un volumineux rapport de quelque 450 pages. Tour d'horizon de citations marquantes.

Ingérence russe, possibles entraves à la justice, congédiement du directeur du FBI James Comey, démission du conseiller Michael Flynn, attitude « réceptive » de l'équipe Trump devant l'aide offerte par Moscou, nomination de Robert Mueller, collaborateurs récalcitrants à obéir à certains ordres : ces thèmes – et combien d'autres encore – s'égrènent dans des centaines de pages.

Voici quelques phrases qui ont retenu notre attention.

1. L'optimisme de Donald Trump

Le 14 février 2017, au lendemain du départ de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, contraint de démissionner après avoir menti sur ses contacts avec l'ambassadeur russe Sergueï Kislyak, le président Trump s'est entretenu avec l'ex-gouverneur du New Jersey, Chris Christie, l'un des premiers à lui avoir accordé son soutien. Si on se fie aux propos rapportés par ce dernier, le président a fait preuve d'un optimisme qui s'est avéré largement exagéré.

Maintenant que nous avons congédié Flynn, cette affaire sur la Russie est terminée.

Donald Trump, selon Chris Christie

2. Le pessimisme de Donald Trump

Le président américain Donald Trump depuis la Maison-BlancheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président américain Donald Trump depuis la Maison-Blanche

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Selon des notes de Jody Hunt, le chef de cabinet du procureur général de l'époque Jeff Sessions, le président s'est « effondré sur sa chaise » quand il a appris la nomination du procureur spécial Robert Mueller en mai 2017

Oh mon Dieu! C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu. [...] C’est la pire chose qui me soit jamais arrivée.

Donald Trump, selon Jody Hunt

3. Les oublis du président

Dans ses réponses fournies par écrit au procureur général, le président Trump affirme ne pas se souvenir ou ne pas avoir eu connaissance de situations reliées au dossier russe près d'une quarantaine de fois.

Je ne me souviens pas d'avoir entendu dire, au cours de la campagne, que [le président russe] Vladimir Poutine ou le gouvernement russe "soutenait" ma candidature ou "s'opposait" à celle [de la candidate démocrate] Hillary Clinton. Toutefois, j'ai eu connaissance de certains rapports indiquant que le président Poutine avait fait des déclarations élogieuses à mon sujet.

Donald Trump

4. James Comey, honni du président

L'ex-directeur du FBI James Comey en juin 2017 alors qu'il témoigne devant le comité du renseignement du Sénat américain.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ex-directeur du FBI James Comey en juin 2017

Photo : The Associated Press / J. Scott Applewhite

Steve Bannon, l'ex-conseiller spécial du président, a raconté à l'équipe Mueller que Donald Trump lui avait parlé au moins huit fois de James Comey, alors directeur du FBI, les 3 et 4 mai 2017, soit quelques jours avant son congédiement.

Il m'a dit trois fois que je ne faisais pas l'objet d'une enquête. C'est un frimeur. C'est un grand parleur. Je ne connais aucun Russe. Il n'y a pas eu collusion.

Donald Trump, selon Steve Bannon

5. Se débarrasser de Mueller

L'ex-conseiller juridique de la Maison-Blanche, Don McGahn, affirme avoir reçu, le 17 juin 2017, deux appels du président, qui réclamait le départ du procureur spécial.

Mueller doit partir. [...] Rappelez-moi quand ce sera fait.

Donald Trump, selon Don McGahn

6. Des pressions répétées exercées par le président

Le rapport Mueller décrit une dizaine d'actes de possible entrave à la justice par le président Trump, évoquant de multiples pressions exercées sur des témoins clés.

Les efforts du président pour influencer l'enquête ont en grande partie échoué, largement parce que les personnes de son entourage ont refusé d'obéir à ses ordres et d'accéder à ses requêtes.

Extrait du rapport Mueller

7. Les interactions entre WikiLeaks et Donald Trump fils

Le rapport fait état de plusieurs courriels échangés entre le fils aîné du président et le site WikiLeaks qui, pendant la campagne présidentielle de 2016, a publié des courriels du Parti démocrate et de l'équipe de la candidate Hillary Clinton piratés par la Russie.

Ravi de vous voir, vous et votre père, parler de nos publications. Nous suggérons fortement que votre père publie ce lien sur Twitter s'il nous mentionne : wlsearch.tk.

Courriel envoyé par WikiLeaks à Donald Trump fils le 20 octobre 2016

Récemment, à la suite de l'arrestation du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, le président Trump a déclaré ne « rien » savoir sur cette organisation, qu'il avait pourtant dit « adorer » en 2016.


8. Rassurer Paul Manafort

Paul Manafort, sortant d'un bâtiment.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au premier jour de son procès, Paul Manafort a été décrit comme un grand dépensier qui a pratiqué de la fraude fiscale et bancaire pour entretenir son train de vie « luxueux ».

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Selon l'équipe Mueller, le président s'est fait rassurant à l'endroit d'un de ses anciens directeurs de campagne qui a notamment fait l'objet d'accusations de fraudes fiscales et bancaires.

La preuve appuie la déduction selon laquelle le président voulait que Manafort croie qu'il pourrait obtenir un pardon présidentiel, ce qui rendrait toute coopération avec [les procureurs] pour obtenir une peine réduite inutile.

Extrait du rapport

Reconnu coupable en août dernier et condamné à 47 mois de prison, Paul Manafort est le seul des collaborateurs de Trump qui ont été condamnés jusqu'ici à ne pas avoir reconnu sa culpabilité.


9. La nette préférence de Moscou pour le candidat républicain

Robert Mueller fait état d'une ingérence « vaste et systématique » de la part de la Russie pour s'immiscer dans l'élection présidentielle de 2016. Pour parvenir à ses fins, Moscou a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour favoriser le candidat républicain et « dénigrer » Hillary Clinton, puis s'est livré à du piratage informatique ciblant sa campagne et le Parti démocrate, dit-il.

L'enquête a permis d'établir que le gouvernement russe croyait qu'une présidence Trump serait à son avantage et a œuvré pour parvenir à ce résultat en se livrant à des opérations de piratage et en partageant des renseignements volés.

Extrait du rapport Mueller

10. Pas de complot, malgré une attitude « réceptive »

Même si le rapport indique que les membres de l'équipe de campagne du milliardaire s'attendaient à bénéficier des actions illégales des Russes et qu'ils se sont montrés, dans certains cas, « réceptifs à leur aide », le procureur spécial ne conclut pas à un complot entre eux et Moscou.

L'enquête n'a pas établi que les membres de la campagne Trump ont conspiré avec le gouvernement russe ou se sont coordonnés avec lui dans ses activités d'ingérence électorale.

Extrait du rapport Mueller

11. Trump pas innocenté sur les allégations d'entrave à la justice

Dans son rapport, Robert Mueller « ne conclut pas que le président a commis un crime », mais prend la peine de préciser qu'il ne le disculpe pas pour autant.

Si nous avions été convaincus, après une enquête approfondie, que le président n'a pas commis d'entraves à la justice, nous en aurions fait état. En fonction des faits et des normes légales applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement.

Extrait du rapport Mueller

12. Les pouvoirs du Congrès

Le procureur spécial Muller n'a pas tranché sur la question d'une éventuelle entrave à la justice par le président Trump, mais a présenté des arguments allant dans les deux sens. Le procureur général, William Barr, a rapidement fermé la porte à des accusations.

Avant la publication du rapport, plusieurs observateurs postulaient que Robert Mueller croyait que cette décision incomberait au Congrès et non à M. Barr.

Robert Mueller semble en tout cas juger que le Congrès pourrait à son tour enquêter sur les allégations d'entrave à la justice visant le président et statuer sur cet enjeu.

En ce qui concerne la question de savoir si le président peut avoir entravé la justice dans l'exercice des pouvoirs que lui confère l'article II de la Constitution, nous avons conclu que le Congrès a l'autorité, afin de protéger l'intégrité de l'administration de la justice, d'interdire qu'un président use de son autorité de façon corrompue.

Extrait du rapport Mueller
Donald Trump, président des États-Unis

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