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analyse

Rapport Mueller : la fin de la saga ou d’un chapitre?

Un homme aux cheveux gris et portant un veston et une cravate marche dans un corridor entouré de plusieurs agents de sécurité.
Le procureur spécial Robert S. Mueller en juin 2017 Photo: Reuters / Joshua Roberts
Raphaël Bouvier-Auclair

La publication du rapport Mueller permettra-t-elle à la classe politique américaine de tourner la page? Au grand désarroi de certains Américains qui aimeraient que leurs élus se concentrent davantage sur des enjeux comme la santé, le dossier continuera vraisemblablement à faire couler beaucoup d'encre.

« C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu. »

Selon le rapport Mueller, c’est ainsi que Donald Trump aurait réagi quand il a appris en 2017 la nomination d’un procureur spécial chargé de se pencher sur les liens entre sa campagne et la Russie pendant l’élection présidentielle de 2016.

Environ deux ans plus tard, maintenant que le rapport est publié, le président pense-t-il toujours être en danger? Jeudi matin, l’état d’esprit de Donald Trump semblait être bien différent. « C’est une bonne journée pour moi », a-t-il lancé.

Sur Twitter, il a même publié un message, utilisant la police d’écriture de la populaire série Game of Thrones, pour affirmer que la « partie était terminée » pour les gens qui le détestent et les démocrates de la « gauche radicale ».

Mais le rapport Mueller cessera-t-il de s’imposer dans l’actualité américaine? Pas dans l’immédiat.

Tout d’abord, il y a ces 14 enquêtes que Robert Mueller a transférées à d’autres entités judiciaires américaines, notamment aux autorités new-yorkaises, qui pourraient éventuellement rebondir.

Puis il y a le Congrès. Le procureur général William Barr doit y témoigner dans quelques semaines. L’auteur du rapport, Robert Mueller, a lui aussi été convoqué pour un témoignage plus tard en mai. Des audiences qui, si elles sont en partie publiques, seront très suivies.

Visiblement, les démocrates n’entendent pas abandonner ce dossier. Ils soulignent que malgré l’exonération de Donald Trump par William Barr, Robert Mueller, lui, n’a pas pu se prononcer sur la question de l’entrave à la justice.

Et bien qu’aucune collaboration de nature criminelle avec Moscou n’ait été prouvée, les démocrates notent que, dans son rapport, Robert Mueller relève plusieurs contacts entre des membres de la campagne et des Russes. Des gestes « malhonnêtes, non éthiques, immoraux » qui doivent être dénoncés, selon le représentant Adam Schiff.

Un impact politique?

Si la piste de la destitution a été écartée par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, les démocrates voient à tout le moins dans ce rapport certaines armes pour attaquer la crédibilité de Donald Trump et de son entourage.

Dans le camp républicain, on évoque depuis un moment de l’acharnement à l’endroit du président. « Il [Donald Trump] restera en fonction et sera réélu, parce que les démocrates ne détiennent rien », affirmait la conseillère du président, Kellyanne Conway.

Donald Trump sourit.Le président Trump n'a pu réprimer un sourire lors d'une conférence de presse qui lui a permis de brièvement commenter le rapport Mueller. Photo : Getty Images / Mark Wilson

Le message dominant des alliés de Donald Trump est plutôt que le président a été entièrement blanchi, et qu’il faut maintenant se pencher sur ceux, notamment au FBI, qui ont mené à la tenue cette enquête de 25 millions de dollars.

Le rapport Mueller et ses conclusions auront-ils un impact sur l’opinion publique? Regarder les grandes chaînes de télévision donne l’impression que, dans cette société américaine très divisée, chacun tente de conforter sa perception du président et de l’enquête Mueller.

« L’idée que c’était une chasse aux sorcières est fausse », pouvait-on entendre jeudi à CNN, alors qu’à Fox News on affirmait que « la collusion a été jetée par la fenêtre et que c’est mort ».

« C’est aux Américains de tirer leurs conclusions », affirmait le sénateur démocrate Dick Durbin. Dans cette saga qui monopolise une bonne partie de l’actualité politique depuis environ deux ans, ce seront vraisemblablement les électeurs qui écriront la fin de l’histoire.

Donald Trump, président des États-Unis

Politique américaine

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