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La Saskatchewan veut répondre à la pénurie mondiale d'hélium

Un patient est allongé pour passer un examen au scanner par résonnance magnétique

Le plus gros consommateur d'hélium est l'appareil d'imagerie par résonance magnétique. Le milieu médical utilise ainsi un cinquième de la production d'hélium.

Photo : iStock

Marie-Christine Bouillon

Le prix de l'hélium connaît une hausse importante en raison d'une pénurie mondiale. Or, le sol saskatchewanais renferme une grande quantité de ce gaz, mais son extraction est longue et complexe. Malgré cela, plusieurs compagnies comptent tirer profit de ce gaz ainsi que des circonstances économiques actuelles.

Non seulement il amuse les enfants en faisant voler des ballons, mais l’hélium est essentiel à la recherche scientifique. Ce gaz naturel est également utilisé dans la fabrication de téléphones intelligents et nécessaire aux examens de résonance magnétique. Depuis les années 2000, le marché de l’hélium a connu plusieurs pénuries, ce qui a fait grimper les prix.

L’hélium est un gaz produit grâce à la combinaison d’uranium et de thorium, deux éléments chimiques radioactifs qui sont présents dans le sol, notamment dans le sud-ouest de la Saskatchewan.

« C’est ce qu’on appelle un produit de filiation. En se désintégrant, l’uranium et le thorium génèrent de l’hélium », explique la géologue en chef adjointe de la Commission géologique de la Saskatchewan, Melinda Yurkowski.

Bien que le précieux gaz se trouve enfoui dans le sol comme c'est le cas de ressources naturelles déjà exploitées en Saskatchewan, son extraction est beaucoup plus complexe.

« C’est différent de l’industrie du pétrole et du gaz. [...] Avec l’hélium, il faut beaucoup de temps parce que l’uranium et le thorium se désintègrent avec les années », explique la géologue.

Qui plus est, pour que l’hélium migre et s’accumule dans un gisement rentable, il a besoin d’être porté par un autre gaz.

« On a donc besoin d’une bonne source, d’un gaz vecteur et de beaucoup de temps pour que s’accumule suffisamment d’hélium qui sera ensuite combiné à ce gaz vecteur pour émerger », précise Mme Yurkowski.

Écoutez à l'émission Pour faire un monde :

- Quelles sont les conséquences d’une pénurie d'hélium ?

Des entreprises prêtes à investir

Malgré ce processus long et complexe, certaines entreprises voient dans l’hélium un gaz qui prendra de plus en plus d’importance sur le marché mondial. C’est le cas de l’Américaine Weil Group, qui exploite la seule usine d’extraction d’hélium de la Saskatchewan, à Mankota, dans le sud-ouest de la province.

Selon le gouvernement de la Saskatchewan, depuis 2016, Weil Group a produit un peu plus de 480 millions de pieds cubes d’hélium à partir des deux puits de son usine.

« C’est un marché très ouvert en ce moment. Les gens ne sont pas vraiment conscients de ce qu’est l’hélium. Donc, c’est vraiment un champ très ouvert. Cependant, présentement, il y a une grave pénurie, probablement la plus importante pénurie que nous ayons jamais vue », explique Bo Sears, le président de Weil Group.

L'usine d'exploitaion de l'hélium Weil, près de Mankota en Saskatchewan

L'usine d'exploitaion de l'hélium Weil, près de Mankota, a ouvert ses portes en avril 2016.

Photo : Radio-Canada / Mike Zartler

Pour le moment, les installations de la compagnie sont en réparation, mais leurs activités de recherches sont toujours en cours.

« Nous avons récemment [...] défini de nombreuses autres possibilités autour de notre usine existante. Nous allons probablement forer certaines de ces autres cibles, mais nous ne savons toujours pas ce que nous pouvons faire à court terme pour acheminer des matières premières dans cette usine », indique Bo Sears.

La compagnie albertaine North American Helium souhaite aussi tirer profit de l’hélium saskatchewanais.

« Nous avons foré nos premiers puits au cours des deux dernières années et nous espérons pouvoir annoncer la décision financière de construire notre première usine ici dans les prochaines semaines », confie le PDG, Marlon McDougall.

Depuis 2017, la province a autorisé 83 permis d’exploration pour des terrains qui peuvent atteindre 40 500 hectares. Ces permis sont valides pour une durée de huit ans, mais ne permettent pas d’exploiter les ressources qui s’y trouvent.

Pendant la même période, le ministère de l’Énergie et des Ressources de la Saskatchewan a attribué 54 contrats de location de terres exploitables. Leur superficie est plus petite, soit un maximum de 3170 hectares, et leur coût est plus élevé. Toutefois, lorsqu’une entreprise obtient un contrat de location avec la province, il est valide pour une durée de 21 ans et lui permet d’extraire et de vendre l’hélium et ses gaz associés qu’elle y trouve.

Melinda Yurkowski est d’avis que le marché de l’hélium va se développer dans les prochaines années et que la Saskatchewan « a de bonnes chances » de prendre de l’importance.

La géologue présentera une mise à jour d’un rapport publié en 2016 sur la présence d’hélium en Saskatchewan lors d’une conférence à Regina, à la fin du mois de mai. Mais, déjà, elle affirme que ses recherches lui ont permis de découvrir de nouvelles sources d’hélium dans le sud-est de la province.

Avec des informations de CBC

Ressources naturelles

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