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Troisième lien : la CAQ a-t-elle suivi toutes les étapes?

Vue aérienne du fleuve St-Laurent entre Lévis et Québec.
Vue aérienne du fleuve St-Laurent entre Lévis et Québec. Photo: Radio-Canada / Alice Chiche
Louise Boisvert

La Coalition Avenir Québec a confirmé jeudi avoir eu recours à une disposition exceptionnelle pour permettre au troisième lien de franchir toutes les étapes préliminaires à sa réalisation plus rapidement. L'opposition libérale craint que cela ne se soit fait au détriment de la loi.

L'opposition libérale à l'Assemblée nationale a profité de l'étude des crédits en matière de transport, jeudi, pour remettre sur le tapis le projet de troisième lien.

Le député Gaétan Barrette, porte-parole de l'opposition, a tenté, lors d'un échange musclé avec le ministre des Transports François Bonnardel, de mieux comprendre comment le projet a pu sauter l'étape préliminaire, soit l'étude du projet.

« Pourquoi ce projet ne suit pas les règles? », a d'abord demandé le député Barrette, qui soupçonne le gouvernement d'en savoir davantage qu'il ne le laisse croire sur le dossier.

Selon le député, si le troisième lien en est à l'étape de la planification, c'est que le gouvernement a probablement une idée plus précise de son tracé, du type de structure à bâtir et de son coût.

Si les données ne sont pas disponibles, Gaétan Barrette craint plutôt que le gouvernement a fait fi des règles en place pour réaliser plus rapidement sa promesse électorale.

Article 32

Pour la première fois, le ministre des Transports a évoqué un article sur la gestion des grands projets qui permet au gouvernement d'accélérer les étapes à suivre pour ce projet de plusieurs milliards de dollars. « Pour nous, c'est un projet important », a-t-il dit pour justifier sa décision.

François Bonnardel rappelle que le pont Pierre-Laporte et celui de Québec ont été fermés à quatre reprises l'hiver dernier. « Vous comprendrez l'importance d'aller de l'avant », a-t-il ajouté.

Le député Barrette a voulu obtenir la preuve que le ministre avait bien déposé un mémoire au Conseil des ministres, une étape cruciale pour avoir le droit d'éviter l'étape préliminaire.

Sans jamais répondre par oui ou par non, le ministre a précisé qu'il avait respecté le processus en place. « Le Conseil des ministres a été saisi de tous les documents nécessaires. »

Que dit l'Article 32?

Le ministre responsable de l'organisme public initiateur du projet doit obtenir l'autorisation du Conseil des ministres pour que des mesures différentes de celles qui sont prévues dans la directive puissent s'appliquer. Dans un tel cas, le Conseil des ministres fixera ces mesures.

Tir groupé

La veille, c'est le premier ministre François Legault qui avait été questionné par le chef de l'opposition officielle. « Quand on décide de mettre le projet en planification, c'est parce qu'on est avancé », a affirmé Pierre Arcand. Il veut savoir sur quelles informations se base le gouvernement pour aller de l'avant.

Le premier ministre a répété plusieurs fois que le Bureau de projet était en train d'évaluer les coûts. « Donnez-nous une chance, on vient d'arriver de finir les travaux et on va être plus vite que les libéraux », a-t-il répliqué sur un ton un peu exaspéré.

C'est finalement le secrétaire général du Conseil exécutif, Yves Ouellet, qui a fini par expliquer qu'il n'y avait pas eu d'étude d'opportunité, « parce que l'opportunité était évidente ».

Une déclaration qui a fait éclater de rire le député Gaétan Barrette. « Ils l'ont promis en campagne électorale, ce n'est pas cela une justification d'opportunité », a-t-il déclaré.

Le député de La Pinière reproche au gouvernement son manque de transparence.

Projet à 6 milliards de dollars

Par ailleurs, le député Barrette estime le projet de troisième lien à 6 milliards de dollars. Il se base sur le montant de 325 millions de dollars actuellement réservé au Bureau de projet. Selon le ministre, cela représente environ 5 % de la somme nécessaire, comme le veut l'usage au gouvernement.

« Est-ce que le ministre des Transports confirme le montant? », a-t-il demandé à François Bonnardel.

« Le député de La Pinière pourra essayer de me faire dire des chiffres. Il n'obtiendra pas de chiffres parce que je n'ai pas de chiffres encore », a répondu le ministre.

Prochain affrontement

Le dossier du troisième lien n'en restera pas là. Dans deux semaines, ce sera au tour de la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale de répondre aux questions des élus de la région.

L'opposition libérale promet de revenir à la charge.

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