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Des entreprises de l'Estrie « marchent » aussi pour le climat guidées par l'organisme ADDERE

« Le zéro déchet, c'est l'avenir », peut-on lire sur une affiche de la Savonnerie des Diligences. L'entreprise vend notamment des savons en vrac et des produits dans des pots Mason.

« Le zéro déchet, c'est l'avenir », peut-on lire sur une affiche de la Savonnerie des Diligences. L'entreprise vend notamment des savons en vrac et des produits dans des pots Mason.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Malgré les défis, de plus en plus d'entreprises font du développement durable une priorité. Comment mesurer le chemin parcouru, quelles sont les meilleures pratiques? En Estrie, un organisme sans but lucratif, ADDERE, accompagne les entrepreneurs dans leur démarche. Près de 160 mandats ont été réalisés. Un travail de longue haleine qui porte ses fruits.

Le président et fondateur de Tred’si à Westbury fait figure de pionnier en matière de « développement durable ». Depuis 1984, Jean-Yves Tremblay récupère et revalorise du bois traité, principalement des poteaux électriques. En 1998, à la suite du verglas, l'entreprise connaît un essor fulgurant.

J'ai récupéré 31 000 poteaux dans le même printemps. Ça faisait beaucoup de matériel et je n’étais pas forcément équipé pour faire face à la situation, se remémore-t-il.

L’exercice aura été bénéfique. Ça m'a amené à aller plus loin, à trouver des avenues, à explorer. Le matériel est encore utilisable, il faut le placer aux bons endroits, confie-t-il. Les poteaux serviront notamment de dormants de chemin de fer ou seront utilisés dans la réalisation de glissières de sécurité.

Installée à Westbury, Tred'si se spécialise dans le recyclage et la revalorisation du bois traité. On aperçoit ici la cour de l'entreprise.

Installée à Westbury, Tred'si se spécialise dans le recyclage et la revalorisation du bois traité.

Photo : Radio-Canada

Deux décennies plus tard, l’entreprise de Westbury continue de repousser les limites. Pour l’aider, elle fait appel à ADDERE, un OSBL créé en 2010 dont le mandat est de conseiller et d’accompagner les entreprises dans leur quête pour devenir plus vertes.

Le bois traité, au lieu d'être seulement déchiqueté et revalorisé pour en faire du biocarburant, est d'abord pensé pour être réutilisé et recyclé., explique Michel Bélanger, directeur adjoint en service-conseil en développement durable, chez ADDERE.

Un des mandats de l'organisme consistait à développer un outil pour mesurer les efforts de réduction de GES.

Maintenant, Tred’si est en mesure d’aller voir le client en disant : "Voici le pourcentage recyclé, revalorisé ou réutilisé et voici l'impact en matière de réduction de gaz à effet de serre".

Michel Bélanger, directeur adjoint en service-conseil au développement durable, ADDERE

Des mesures concrètes qui deviennent des « arguments massue » pour travailler avec des acteurs gouvernementaux ou paragouvernementaux, poursuit-il. Depuis 2006, ils doivent de par la loi avoir une stratégie en développement durable. Ils doivent rendre des comptes.

C'est avec la plus grande fierté que je peux avancer qu'en 2018, tous les poteaux et le bois traité acheminés chez à Tred'si ont épargné l'émission de 7 782 tonnes de gaz à effet de serre

Mohika Tremblay, vice-présidente chez Tred'si
Lawrence Gagné, employée chez Tred'si, devant la cour de l'entreprise, où sont rassemblés plusieurs poteaux.

Lawrence Gagné, employée chez Tred'si

Photo : Radio-Canada

S'engager dans le développement durable entraîne des coûts importants. C'est le choix que fait Tred’si en changeant son broyeur au diesel pour un modèle électrique.

On vient enlever 10 000 litres de diesel par année et tous les GES que cela suppose.

Michel Bélanger, directeur adjoint, ADDERE

Si j’avais considéré seulement l'aspect économique, je ne serais pas allée investir des 100 000 $ dans une installation électrique. C'est un choix lié à nos racines, poursuit Mme Tremblay.

Un autre exemple

À Austin, la Savonnerie des Diligences travaille aussi avec ADDERE. L'entreprise a toujours misé sur le développement durable en limitant ses emballages notamment, un choix qui rime avec croissance. De 2014 à 2018, le chiffre d'affaires a quadruplé avec la production de plus de 300 000 savons.

Pour poursuivre sur sa lancée, l'entreprise souhaitait faire le point et se projeter dans l'avenir.

On trouve qu’on est un peu trop collés sur l’arbre et on avait besoin d'aide pour voir la forêt., explique la propriétaire de la savonnerie, Marie-Ève Lejour.

Son souhait est simple et ambitieux: que chaque geste fasse la plus grande différence possible pour la planète.

Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, Michel Bélanger, croit que le développement durable a pour effet aussi d'attirer de jeunes employés pour qui il s'agit d'une valeur importante. Si on réussit à mobiliser nos employés dans un projet d’écoresponsabilité et qu'ils se sentent concernés, ils voudront rester. La mobilisation et la rétention des employés représente un aspect financier souvent plus indirect, mais majeur dans ce type de démarche.

Avec les informations de Guylaine Charette

Estrie

Entrepreneuriat