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Où sont passées les premières ministres canadiennes?

Rachel Notley, lors du son discours de défaite en 2019 à Edmonton.

Rachel Notley s’adresse à ses partisans après avoir perdu le pouvoir en Alberta.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Charlotte Mondoux-Fournier

En 2013, le Canada comptait six femmes à la tête de ses provinces. Depuis la défaite de la première ministre sortante de l'Alberta, Rachel Notley, il n'en reste plus aucune. Qu'est-ce qui explique la disparition graduelle de ces femmes de la scène politique des provinces?

Plusieurs ont dû croire que le plafond de verre politique avait été brisé, en 2013, où près de la moitié des provinces et territoires canadiens avaient une femme à leur tête.

Les premières ministres de provinces et territoires en 2013 :

  • Kathleen Wynne (Ontario)
  • Pauline Marois (Québec)
  • Alison Redford (Alberta)
  • Christy Clark (Colombie-Britannique)
  • Kathy Dunderdale (Terre-Neuve-et-Labrador)
  • Eva Aariak (Nunavut)

L’ère de la parité politique a toutefois été de courte durée. Aujourd’hui, Valérie Plante, la mairesse de Montréal, est l’une des dernières femmes dans un rôle de pouvoir au Canada, fait remarquer la chroniqueuse politique Chantal Hébert.

Cette dernière constate que les premières ministres provinciales peinent à obtenir un second mandat. Parmi les 11 femmes qui ont accédé à ce rôle dans l’histoire canadienne, aucune n’a réussi à se faire réélire.

La politologue Geneviève Tellier avance une théorie qui gagne du terrain dans le milieu universitaire, selon laquelle les femmes arrivent à la tête de partis lorsque ceux-ci sont en difficulté ou en situation de crise.

[Les femmes ] sont là pour ramasser les pots cassés [...] parce que personne d’autre ne veut faire le travail… Quand les choses vont un peu mieux, il y a des candidatures masculines qui arrivent, qui semblent en imposer un peu plus… puis on revient à la normale.

Geneviève Tellier, politologue
La politologue regarde la caméraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Mme Tellier ajoute que, même aujourd’hui, à une époque où plusieurs gouvernements atteignent la parité ministérielle, il semble toujours anormal de voir une femme accéder à la tête d’un gouvernement.

Peut-être que les Canadiens ne sont pas encore prêts à voir un changement dans les hauts échelons, affirme Mme Tellier. On n’est pas encore prêts à accepter tout ce que cela implique en matière de différence de leadership et de perspective.

Faire de la politique autrement

Geneviève Tellier estime que les femmes font de la politique différemment des hommes.

Selon la politologue, les leaders féminines travaillent davantage dans la collaboration et sont plus orientées vers la recherche de solutions.

L’atmosphère au Conseil de la fédération avait complètement changé lorsqu’il y avait une majorité de femmes. Ça va être intéressant au prochain conseil. Je m’attends à beaucoup plus de confrontation.

Geneviève Tellier, politologue
Kathleen Wynne quitte la tête du Parti libéral de l'Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kathleen Wynne quitte la tête du Parti libéral de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L'ex-première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, est du même avis. Elle déplore la disparition des femmes des plus hauts rangs de la politique provinciale.

Nous avons besoin de diversité dans le leadership des provinces. Je crois que la conversation sera meilleure si nous avons les femmes assises à la table.

Kathleen Wynne, ancienne première ministre de l'Ontario

La politique, un milieu hostile aux femmes?

Malgré certains progrès, Mme Tellier dénonce toujours le manque de députées dans les parlements provinciaux.

On semble stagner à 25-30 %. [...] C’est souvent le dernier pas avant d’accéder à la chefferie d’un parti politique ou d’être premier ministre.

Geneviève Tellier, politologue

Celle-ci montre du doigt certains obstacles pour les candidatures féminines, par exemple la conciliation travail-famille.

Elle ajoute que cette vague de défaites féminines pourrait empêcher d’autres politiciennes de se lancer.

C’est décourageant quand on voit ce qui est arrivé à Pauline Marois, Kathleen Wynne, Christy Clark… beaucoup sont parties de façon amère et ça peut en décourager plusieurs, affirme-t-elle.

Dans les rues de Toronto, plusieurs croient que le milieu politique devrait être plus accueillant.

La route à parcourir est encore longue avant d'obtenir l'égalité en politique, croit Linda Egan.

Trop souvent, les politiciennes jouent un rôle de soutien, il faut que ça change, explique Alexander Tedgasubrata.

Avec les informations de Mathieu Simard

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