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Des sans-abri chassés de leur campement de fortune à la veille d'un déluge

Un couple de sans-abris se préparent à ranger leur campement
Les campeurs commencent tranquillement à rapatrier leurs choses pour quitter les lieux. Photo: CBC
Radio-Canada

Des sans-abri de Moncton sont forcés à démanteler leur campement de fortune à la veille d'un déluge printanier. La majorité d'entre eux ne savent pas où s'abriter pour les jours qui vont suivre.

Ils étaient plus d’une dizaine à rapatrier leurs choses et à ranger leurs tentes, jeudi matin, alors qu’une éviction de la Ville de Moncton leur donnait jusqu’à midi pour quitter les lieux.

Installés à l’arrière de la caserne de pompier du boulevard Assomption, les campeurs tentent de trouver une solution afin de rester unis. Ils ne savent toujours pas où ils passeront la nuit, mais ils sont heureux de pouvoir compter les uns sur les autres.

On va devoir trouver une place où s’installer d’ici la tombée de la nuit, raconte Ian Johnson, l’un des sans-abri touchés par l’éviction.

C’est déjà ce qu’on fait depuis longtemps, depuis la fermeture du Fire Hall Center en octobre. On n'a pas vraiment de place à aller depuis. Je suppose que je vais aller où je réussirai à me rendre avec mes deux paniers d’épicerie dans lequel je mets mes choses.

Un sans-abris se tient devant un campement de fortuneIan Johnson se prépare à partir de son campement de fortune, à la cherche d'un nouvel endroit où s'installer. Photo : CBC / Shane Magee

Ian Johnson dit qu’il est un peu plus nerveux cette fois.

On a l’impression que toutes les fois qu’on s’installe quelque part, la Ville essaie de nous chasser

Ian Johnson

Vincent Merola, agent d’inclusion sociale pour la Ville de Moncton, explique que cette décision est le résultat d’une nouvelle procédure de régulation pour les endroits publics. Il précise que la Ville a des procédures à suivre en ce qui concerne les campements de fortune et qu’elle doit s'assurer qu’ils ne représentent pas un danger pour la santé ou la sécurité des citoyens. Il en va de même s’ils sont installés à des endroits jugés trop visibles.

Ce n’est pas une question de cacher des gens. On a seulement besoin de préparer les aires publiques pour le grand ménage du printemps. Cet endroit est très utilisé.

Les autorités municipales étaient sur place pour aider les sans-abri à bouger leurs choses. Ils se sont aussi assurés que ces personnes aient une place au Harvest House Atlantic, mais la majorité d’entre eux ne veulent pas y aller.

Selon Ian Johnson, les couvre-feux et les règlements de la maison sont trop stricts. Son groupe et lui préfèrent trouver un endroit à eux, où ils peuvent avoir leur liberté.

Un nouveau centre cet automne?

Vincent Merola n’a pas d’endroit alternatif à leur proposer. Si les campeurs ne veulent pas prendre place à la Maison Nazareth où à Harvest House Atlantic, il ne sait pas lui non plus où ils se dirigeront.

Je comprends que cette situation n’est pas idéale, ajoute M. Merola. Ce n’est que provisoire. La province nous a promis d’aménager un nouveau centre dans la ville d’ici l’automne. D'ici là, nous avons des lits à Harvest House pour ceux qui en ont besoin.

Le directeur de Harvest House Atlantic, Cal Maskery, sait que certains sans-abri sont réticents à l’idée de visiter le centre. Il demande aux gens de juger par eux-mêmes en y mettant les pieds dès aujourd’hui.

On essaie de se faire le plus chaleureux et accueillants possible. On a 80 places ici, on est prêt à leur donner un coup de main. On est ici pour ça, assure-t-il.

Pour ce qui est du couvre-feu, il explique que c'est aussi une façon de garder ces personnes et les gens de la communauté en sécurité.

Ils n’ont pas besoin d’être dehors jusqu’à 2 h du matin. Que font-ils la nuit dehors de toute façon? Nous ne les forçons pas à dormir à une certaine heure, on leur demande tout simplement d’être à l’intérieur du centre tous les jours à la même heure, explique le directeur.

Nouveau-Brunswick

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