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Difficile de s'assurer contre les inondations

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Beauceville a déjà été particulièrement touchée par les inondations. Photo: Radio-Canada / Daniel Coulombe
Delphine Jung

Malgré les nombreuses précautions que prendront les riverains dont la résidence se situe près d'un cours d'eau, il y a fort à parier que certains n'échapperont pas au sinistre. La plupart n'auront sûrement rien de leur assureur privé et devront donc compter sur le nouveau programme d'indemnisation et d'aide financière mis en place par le gouvernement caquiste.

Cela risque en effet d’être la seule indemnisation qu’ils percevront, car les assureurs privés n’offrent pas tous d’assurance inondation.

Pourtant, d’après l’assureur CAA qui cite un sondage de Square One Insurance, « 69 % des Québécois sont convaincus que leur police d'assurance habitation inclut automatiquement une protection contre les inondations ».

La plupart des assurances résidentielles couvrent les dommages causés par les caprices de dame Nature, telles que les tornades, la grêle ou encore la foudre, mais pas les inondations provoquées par le débordement d'un cours d'eau.

Cela s’explique par le fait que la crue des eaux est considérée comme un phénomène prévisible, puisque les instances gouvernementales recensent et identifient les zones inondables.

« Historiquement, il n’y avait pas d’assurance inondations », explique Anne Morin, responsable des affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada (BAC).

Elle n’est offerte par certains assureurs que depuis 2017. La date pourrait sembler coïncider avec les inondations historiques qui ont frappé certaines régions du Québec, mais Mme Morin affirme que les assureurs avaient commencé à l’inclure avant que les inondations ne débutent.

Toutefois, le BAC prévient que l’offre varie d’une compagnie à une autre, tout comme les critères de souscription.

Émilie Dutil-Bruneau, directrice des communications de l'assureur belairdirect, abonde dans ce sens. « Un client dont le sous-sol n’est pas aménagé n’aura pas les mêmes besoins de couverture qu’un client dont le sous-sol est fini. Il faut aussi tenir compte qu’il peut y avoir certaines exclusions et limitations », explique-t-elle.

Sur la photo: (Gauche ˆ droite) Mr Labrie est venu aider ses proches et ˆ participŽ ˆ la corvŽe

LE 18 AVRIL 2019 2019/04/18Certains annoncent des inondations pire qu'en 2017. Photo : Ivanoh Demers

Près de l'eau, loin des assurances

Pour Mme Morin, il semble assez peu probable que les riverains dont l’habitation est située vraiment à proximité des cours d’eau aient de telles protections. « Dans la majorité des cas, ils n’ont sans doute pas d’assurances privées », précise-t-elle.

Et de toute façon, les assureurs « n’ont jamais voulu assurer les riverains qui sont inondés chaque printemps », dit-elle.

Et pour cause : « pour pouvoir offrir une protection, il faut être capable de la tarifer et être capable d’évaluer la probabilité de sinistre », dit Mme Morin.

Dans le cas des crues printanières, pour certains riverains, on n’est pas dans de la probabilité, mais dans la certitude. Les assureurs, à ma connaissance, n’ont pas ouvert la protection inondation aux gens qui sont inondables chaque printemps, mais à ceux dont la probabilité est moindre.

Anne Morin, responsable des affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada

Quoi qu’il en soit, Annie Gauthier, porte-parole de CAA, explique que l’ajout d’un avenant pour s’assurer contre les inondations fait augmenter de plusieurs centaines de dollars par an le montant de son assurance.

Le centre-ville de Beauceville et plusieurs commerces inondés par l'eau de la rivière Chaudière. Le centre-ville de Beauceville a été inondé mardi. Environ 300 bâtiments ont été envahis par l'eau de la rivière Chaudière. Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Un propriétaire d’une résidence en zone inondable, qui a voulu rester anonyme, témoigne que son assurance inondation lui coûte entre 500 $ et 700 $ de plus par année. Il se dit assuré à hauteur de 300 000 $ et évoque un voisin qui, selon lui, paie 480 $ de plus pour être assuré en cas d’inondation à hauteur de 60 000 $.

Andrée Sarrazin, une résidente de Rigaud qui se prépare au pire, n'a quant à elle pas droit à ces assurances : sa maison est située au bord de l'eau.

« Je préférerais qu'on m'assure et qu'on nous charge en conséquence. J'aimerais mieux payer 5000 $ par an pour être assurée contre les inondations », dit-elle. Elle compte donc sur sa fondation immunisée, qui lui a permis d'élever sa maison de 3 pieds. Histoire de ne pas revivre le cauchemar de 2017.

Voici quelques conseils que le BAC recommande de suivre :

  • Retirer l’eau infiltrée sans tarder afin de limiter les dommages et de protéger les biens épargnés;
  • Nettoyer les espaces sinistrés et les biens exposés à l’eau pour prévenir toute contamination;
  • Conserver les factures et toutes pièces justificatives relatives aux dépenses engagées;
  • Documenter les pertes par la prise de photos ou vidéo, si possible.

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