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Mieux former les professionnels de la santé pour traiter la dépendance

Un homme en sarreau blanc dans un bureau de médecin.
Le Dr Evan Wood a fondé le programme de formation complémentaire en toxicomanie en 2013, pour permettre aux professionnels de la santé de mieux traiter leurs patients souffrant de problèmes de dépendance. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les patients toxicomanes ne bénéficient pas de soins équivalents à ceux offerts, par exemple, à ceux qui subissent une crise cardiaque, soutient le Dr Evan Wood. Le médecin est à l'origine d'un programme de formation, offert à Vancouver, qui permet aux professionnels de la santé de devenir des experts dans le traitement de problèmes de dépendance.

Six ans après ses débuts, le programme de formation complémentaire en toxicomanie de Vancouver est aujourd’hui le plus important du genre en Amérique du Nord. Depuis 2013, 90 professionnels de la santé y ont pris part.

Le Dr Wood, qui dirige le Centre sur la consommation de drogues de la Colombie-Britannique (BC Centre on Substance Use), indique que cette formation répond à des besoins criants.

« Nous savons que les médecins qui sont mal formés peuvent prendre des décisions dangereuses lorsqu’ils prescrivent des opioïdes et d’autres médicaments », dit-il.

Le fondateur du programme souligne aussi la différence entre le traitement réservé aux toxicomanes et celui d’autres patients.

Si quelqu’un arrive à l’urgence après une surdose presque fatale, il est réanimé et puis on lui montre la porte de sortie.

Dr Evan Wood, directeur du Centre de consommation de drogues de la Colombie-Britannique

En comparaison, un patient qui vient de subir une crise cardiaque sera traité avec des médicaments, rencontrera des spécialistes et recevra des conseils pour adapter son alimentation et ses activités physiques, selon le médecin.

Le Dr Sukhpreet Klaire fait partie de ceux qui ont suivi cette formation complémentaire d’un an. « Je suis en mesure d’offrir les bons médicaments, le bon traitement et les bonnes références pour aider tous mes patients souffrant d’un problème de dépendance à surmonter ces difficultés », explique-t-il.

Aucun financement provincial

Evan Wood estime que le programme de spécialisation médicale en toxicomanie de Vancouver a connu une croissance « spectaculaire » dans les quatre dernières années. Il permet maintenant de former des médecins, des infirmiers, des travailleurs sociaux et des pharmaciens.

Pour le moment, le programme ne bénéficie d’aucun financement provincial et est offert uniquement dans la métropole. Il a vu le jour grâce à un partenariat entre le Centre sur la consommation de drogues de la province, l’Hôpital Saint-Paul et l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ainsi qu’à un don de 3 millions de dollars de l’entreprise Goldcorp.

Les coûts s’élèvent à environ 85 000 $ par participant. La plupart d’entre eux reçoivent l’équivalent d’un an de salaire de la part de leur régie de la santé régionale pour suivre la formation.

Le directeur du Centre sur la consommation de drogues de la Colombie-Britannique espère que la formation sera un jour financée par le gouvernement et offerte dans toute la province. « Si on n’investit pas comme on le fait pour les autres maladies, les connaissances dont on dispose ne peuvent être transmises et ne sont pas utilisées dans le système de santé », explique le Dr Wood.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé dit reconnaître l’apport du Centre sur la consommation de drogues et assure être en train de travailler à « élargir les services en santé mentale et en toxicomanie en créant des réseaux de soins primaires à travers la Colombie-Britannique, en plus de centres de soins d’urgences et de soins primaires ».

Avec les informations d'Ethan Sawyer, de Tanya Fletcher et d'Eva Uguen-Csenge, CBC News

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