•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une cathédrale « éphémère » en bois sur le parvis de Notre-Dame?

Le reportage de Jean-Michel Leprince
Radio-Canada

Le recteur de Notre-Dame de Paris, Mgr Patrick Chauvet, souhaite qu'une cathédrale « éphémère » en bois soit érigée sur le parvis pendant la durée de la restauration, prévue sur un horizon de cinq ans.

Il ne faut pas qu'on dise : "La cathédrale est fermée pendant cinq ans et c'est fini." Donc je me suis dit : "Est-ce que, sur le parvis, je ne peux pas construire une cathédrale éphémère?"

Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale, en entrevue à CNews

« Je veux un lieu qui soit beau […], un lieu un peu symbolique, un peu attirant », a ajouté Mgr Chauvet, « où il y aura des prêtres pour pouvoir parler » et qui aura aussi pour vocation d'accueillir les « curieux » et les touristes qui affluent à Notre-Dame par millions chaque année.

Le recteur de la cathédrale a dit souhaiter que cette installation se fasse « rapidement », soit dès qu’il sera possible d’accéder au parvis, qui demeure fermé jusqu’à nouvel ordre.

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a encouragé le projet, a-t-il ajouté, et a accepté de prêter « une partie du parvis » pour la construction de cette église « en bois », a-t-il ajouté.

« La décision n'est pas formellement prise », a tempéré sur la radio RMC le ministre de la Culture, Franck Riester. « Cathédrale éphémère, lieu d'accueil, lieu qui permette aux fidèles de pouvoir prier... tout ça est en discussion, en préparation. »

« Tout le monde a envie de faire en sorte que chaque Française, chaque Français, chaque Européen, chaque habitant du monde aient la possibilité d'une manière ou d'une autre de retrouver Notre-Dame le temps des travaux », a-t-il ajouté.

Victime d'un incendie lundi soir, la cathédrale Notre-Dame de Paris, bâtiment le plus visité d'Europe, a été partiellement détruite. La flèche qui la surplombait et une grande partie de son toit se sont effondrés.

Mgr Patrick Chauvet discute avec la mairesse, Anne Hidalgo.Le recteur de Notre-Dame de Paris, Mgr Patrick Chauvet, discute avec la mairesse, Anne Hidalgo, en arrivant à l'Élysée où le président Emmanuel Macron reçoit les « héros » de Notre-Dame. Photo : La Presse canadienne / AP/Thibault Camut

Hommage aux « héros » de Notre-Dame de Paris

La France rend par ailleurs hommage jeudi aux « héros » qui ont sauvé des flammes la cathédrale Notre-Dame de Paris, et plus particulièrement les pompiers qui ont lutté contre le brasier quinze heures durant dans la nuit de lundi à mardi, sauvant in extremis la cathédrale.

Yanik Dumont Baron rend compte de cet hommage aux sauveurs de la cathédrale.

Les sapeurs et tous les « services mobilisés » pour l’occasion ont été reçus jeudi midi à l’Élysée par le président Emmanuel Macron, qui les avait qualifiés de héros dès lundi soir, et le premier ministre Édouard Philippe.

Une cérémonie d'hommage à « celles et ceux qui ont contribué à sauver » Notre-Dame doit aussi avoir lieu quatre heures plus tard sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, à quelques centaines de mètres de la cathédrale.

Une soixantaine de pompiers demeurent entre-temps au chevet de la cathédrale pour éviter toute reprise de feu, et des poutres ont été acheminées pour consolider certains points.

Toujours trois points de fragilité majeurs

Trois jours après l’incendie, le monument emblématique de la capitale française présente toujours « trois points de fragilité majeurs », a fait savoir jeudi le ministre Riester.

Sur le pignon du transept nord (la nef transversale), « des travaux importants ont été réalisés pour faire le frettage de la partie supérieure. Il menaçait de s'écrouler », a-t-il indiqué.

Deuxième point sensible : le pignon entre les deux beffrois. « Il est très fragilisé, il penche notamment parce que la statue de l'ange, en haut, est tellement brûlée qu'elle est fendue sur toute la hauteur », a expliqué M. Riester. « Une opération, qui a lieu jeudi, vise à sangler cet ange et le retirer. »

Enfin, l'angle du beffroi sud « a été tellement chauffé, avec des pierres devenues totalement friables, qu'il y a un risque que les chimères s'effondrent », a aussi indiqué le ministre. « L'opération pour enlever les chimères est lancée. »

Il existe par ailleurs « un vrai risque » que la voûte s'effondre ailleurs que là où elle l'a déjà fait, a rappelé Franck Riester.

L'enquête visant à déterminer la cause de l’incendie se poursuit. Elle privilégie la piste accidentelle, le feu ayant pris sur un chantier de rénovation en cours, sous les toits de la cathédrale.

Un responsable de la police judiciaire française a déclaré à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat, que l'incendie avait probablement été déclenché par un court-circuit.

Des pompiers en uniforme marchent en rang dans la cour de l'Élysée.Les pompiers de Paris ont été reçus jeudi midi à l'Élysée par le président Macron. Photo : La Presse canadienne / AP/Thibault Camut

Arrêté avec des bidons d’essence dans une cathédrale new-yorkaise

À New York, un homme de 37 ans a été arrêté mercredi soir après avoir pénétré dans la cathédrale Saint-Patrick avec deux bidons d'essence et des briquets, a annoncé la police. Aucun lien clair entre cette affaire et l’incendie à la cathédrale Notre-Dame n’a cependant été établi.

Selon le commissaire adjoint du département de police de New York, John Miller, l’individu a raconté avoir pris un raccourci par la cathédrale après que sa voiture est tombée en panne d'essence. Ses réponses étaient toutefois « incohérentes et évasives ».

Il a raconté qu'il traversait la cathédrale, que sa voiture était à court d'essence. Nous avons regardé son véhicule, il ne manquait pas d'essence. l'homme a donc été arrêté.

John Miller, commissaire adjoint du département de police de New York

« Nous ne savons pas quel était son état d'esprit, quelle était sa motivation », a indiqué M. Miller lors d'une conférence de presse sur les marches de la cathédrale, une structure néo-gothique au coeur de Manhattan.

L'homme s'est trouvé face à un agent de sécurité qui lui a demandé où il allait et l'a informé qu'il ne pouvait pas se rendre à la cathédrale avec ces objets, selon la police.

« À ce moment-là, de l'essence a apparemment coulé par terre alors qu'il se retournait », a précisé M. Miller. Alertés, des agents du bureau de la lutte contre le terrorisme de la police new-yorkaise l'ont rattrapé et arrêté après un interrogatoire.

Avec les informations de l'AFP

Incendie

International