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Inclusion : le Nouveau-Brunswick pris au dépourvu par la demande

Des élèves dans une classe lèvent la main pour attirer l'attention de leur enseignante
Le ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick constate une hausse subite de la demande pour son programme de soutien aux jeunes à besoins spéciaux. Photo: Getty Images / lisegagne
Radio-Canada

Le ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick cherche un moyen d'aider les familles qui ont un enfant à besoins spéciaux et qui ne pourront plus compter sur l'aide de travailleurs de soutien.

La demande augmente, plus de familles se retrouvent inscrites sur la liste d’attente du programme, et des enfants sont exclus du programme pour faire place à d’autres qui ont de plus grands besoins.

Entre-temps, un parent dénonce la perte du soutien provisoire accordé à sa famille par le ministère du Développement social. Amond McKenna, père d’une fillette de 3 ans atteinte du syndrome de Down et d’autres problèmes de santé, dit ressentir la nausée à la pensée de perdre les services de soutien, jeudi.

Vous lancez un message très démoralisant que nos enfants handicapés ne comptent pas assez, que leurs besoins sont trop grands, trop coûteux, pour qu’ils aient les mêmes occasions dans la vie que les autres.

Amond McKenna, père d’une fillette de 3 ans atteinte de trisomie 21

Le ministère de l’Éducation s’efforce de trouver un moyen pour aider ces familles, selon le ministre Dominic Cardy. Son gouvernement reconnaît la gravité de la situation, assure-t-il. Beaucoup de gens craignent qu’ils doivent cesser de travailler pour s’occuper de leurs enfants à temps plein s’ils ne peuvent avoir de l’aide, et le gouvernement veut éviter cela, explique le ministre Cardy.

Le financement du programme n’a pas été réduit et il y a une liste d’attente chaque année, mais Dominic Cardy dit qu’il y a une hausse importante de la demande cette année.

Par conséquent, près d’une centaine de familles sont inscrites sur la liste d’attente, et environ une cinquantaine de familles qui bénéficiaient du programme l’an dernier perdent ce soutien au profit d’autres familles ayant des enfants aux besoins plus prononcés.

Dominic Cardy dans son bureauDominic Cardy, le Ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Amond McKenna n’avait pu bénéficier du programme l’an dernier, mais il avait obtenu une aide provisoire par l’entremise d’un autre programme du ministère du Développement social. Il dit avoir appris la semaine dernière que cette aide provisoire se terminerait jeudi dans son cas.

Sa famille doit donc prendre d’autres dispositions, explique M. McKenna. Dans bien des cas, croit-il, des parents devront rester à la maison avec leur enfant parce qu’ils ne peuvent avoir de l’aide. Il envisage lui-même d’interrompre ses études universitaires pour veiller sur sa fille.

Les familles recevant le soutien du ministère du Développement social peuvent utiliser ces fonds pour payer des travailleurs de soutien de façontemporaire, explique une porte-parole du ministère, Danielle Elliot.

Il n’y a eu aucune réduction du financement ni de changement aux processus de traitement des demandes, assure Mme Elliot.

Amond McKenna dit toutefois que le ministère du Développement cherche à éviter de servir de solution de rechange. On lui a dit, explique-t-il, que le programme de ce ministère n’est pas prévu à cette fin, que c’est plutôt une responsabilité du ministère de l’Éducation, et que l’aide offerte provisoirement par le Développement social était plus ou moins un malentendu qui n’aurait pas dû se produire.

S'épanouir avec de l'aide

Dans le cas des familles pour lesquelles le ministère de l’Éducation ne renouvelle pas son aide, la date fatidique est le 26 avril, précise le ministre Cardy. Ce délai ne s’applique pas aux familles qui, comme celle d’Amond McKenna, reçoivent l’appui temporaire du ministère du Développement social.

Amond McKenna en entrevue dans son domicileAmond McKenna, père d'une fillette atteinte du syndrome de Down, envisage d'interrompre ses études à l'Université du Nouveau-Brunswick s'il perd l'aide de travailleurs de soutien pour sa fille. Photo : CBC

En plus d’être atteinte du syndrome de Down, la fillette de M. McKenna a des tubes dans les oreilles, elle communique principalement en faisant des gestes, elle est hypotonique et son système respiratoire est fragile.

Malgré ces difficultés, elle s'épanouit à sa garderie avec l’aide de travailleurs de soutien, affirme M. McKenna. Selon lui, un travailleur en intervention précoce qui a évalué la fillette a souligné à quel point cette dernière s’entendait bien avec les autres enfants, qu’elle participait aux activités, que ses habiletés langagières s’amélioraient, et qu’elle était rayonnante.

L’égalité est en jeu, selon une intervenante

Le ministre Dominic Cardy ne connaît les causes de la hausse subite de la demande, mais la directrice de l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire, Sarah Wagner, croit que la création des centres de la petite enfance est un facteur.

Ces centres ont des politiques d’inclusion, et les parents sont probablement plus sensibilisés à l’existence du programme d’aide, estime Mme Wagner.

Par ailleurs, ajoute-t-elle, le taux d’incapacité augmente dans la province en général.

Elle presse le gouvernement d’agir parce que le principe d’égalité est en jeu, selon elle.

L’égalité des chances, que l’aide vienne du ministère de l’Éducation ou du Développement social, est essentielle, conclut Sarah Wagner.

D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale