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50 ans de bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick

Louis-J. Robichaud prononce un discours.
Louis-J. Robichaud, père de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, a été premier ministre de la province de 1960 à 1970 (archives). Photo: Le Corridor
Radio-Canada

Il y a 50 ans aujourd'hui, le Nouveau-Brunswick est devenu la première et la seule province canadienne officiellement bilingue. La loi proclamée le 18 avril 1969 par le gouvernement de Louis-J. Robichaud a profondément marqué la province.

La Loi sur les langues officielles de 1969 place l'anglais et le français sur un pied d'égalité au Nouveau-Brunswick. Quatre ans auparavant, en 1965, le premier ministre Robichaud parle déjà d'égalité entre francophones et anglophones.

Même en minorité, il y a certains droits qu'il nous faut posséder, disait-il.

Si l'on juge d'après la version française du discours du Trône, l'instauration du nouveau régime linguistique au Nouveau-Brunswick ne se fera pas sans douleur, disait pour sa part le journaliste Michel Massé, de Radio-Canada.

Sa prédiction faite en 1968 se confirme encore aujourd'hui. Les tensions sont toujours vives entre francophones et anglophones.

En 2002, le gouvernement progressiste-conservateur de Bernard Lord a adopté une version améliorée de la Loi sur les langues officielles. Lors d'une cérémonie, Louis-J. Robichaud a momentanément repris son ancien siège à l'Assemblée législative.

Ce serait difficile d'être plus ému, et pour cause, avait déclaré M. Robichaud.

L’avocat Michel Doucet, spécialiste des droits linguistiques, déplore que les francophones n'utilisent pas davantage la Loi sur les langues officielles pour faire valoir leurs droits. Il souhaite que le gouvernement lance un signal clair pour faire comprendre au public que cette loi est importante.

Je crains que la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, si on n'est pas plus vigilant pour assurer sa mise en oeuvre, à un moment donné, finira par être une loi qui est écrite, qui est belle, qui est là, mais qu'on ne respecte pas.

Michel Doucet, avocat spécialiste des droits linguistiques

Mais c'est certain que ç’a influencé beaucoup le Nouveau-Brunswick. On en a encore les conséquences aujourd'hui, a souligné en décembre dernier Robert Pichette, ancien chef de Cabinet de Louis-J. Robichaud.

Il conclut que les gouvernements successifs à Fredericton n'ont pas fait leur travail. Elle n'a pas été expliquée à la population. Il faut toujours expliquer, réexpliquer et expliquer de nouveau, déplorait Robert Pichette.

Michel Doucet en entrevue à son domicile«Et on se retrouve encore aujourd'hui avec des manquements qui ne devraient plus avoir lieu après 50 ans de langues officielles», déplore l’avocat Michel Doucet, spécialiste des droits linguistiques. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

En 2003, tandis que l’école polyvalente qui porte son nom lui rendait hommage, Louis-J. Robichaud se disait fier du chemin parcouru par l'Acadie.

Partout au Nouveau-Brunswick, on entend des francophones parler leur langue. Avant 1960, les francophones se cachaient pour parler leur langue, a expliqué l’ancien premier ministre.

Il s'agit là de la plus grande réalisation de la Loi sur les langues officielles : redonner confiance aux francophones du Nouveau-Brunswick.

Cérémonie à Fredericton

Une cérémonie officielle soulignant le 50e de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick a lieu jeudi à la résidence du gouverneur, 51, rue Woodstock, à Fredericton, à 11 h.

D’après un reportage de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale