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Christine, la reine-garçon, une pièce très actuelle

Marianne Marceau incarne le rôle-titre dans Christine, la reine-garçon.

Marianne Marceau incarne le rôle-titre dans Christine, la reine-garçon.

Photo : Nicola-Frank Vachon

Anne-Josée Cameron

Tiraillée entre son inclination pour sa dame de compagnie et son entourage qui souhaite un héritier au plus vite, la jeune Christine, reine de Suède, interroge Descartes sur les méandres du coeur et de la raison. Voilà ce que nous offre le Théâtre La Bordée pour clore la saison 2018-2019.

Christine, la reine-garçon est une ode à l'indépendance d'esprit et au libre arbitre. Mise en scène par Marie-Josée Bastien, cette pièce de Michel-Marc Bouchard offre de nombreuses pistes de réflexion.

Qu’est-ce que l’amour? Comment s’en libérer? Que choisir entre les aspirations individuelles et le bien commun?

La reine-garçon, incarnée par Marianne Marceau, est un savant mélange de force et de volonté. La comédienne, toute menue, est d’autant plus impressionnante qu’on ne doute jamais de sa majesté.

Elle porte la pièce sur ses épaules, soutenue en cela par une distribution de grande qualité. Elliot Laprise est touchant dans le rôle de son cousin amoureux, Karl Gustav. Réjean Vallée, lui, interprète, avec beaucoup de nuances le chancelier de Suède, homme d’État et père de substitution de la reine Christine, qu’il aime sincèrement.

L’élément comique de ce drame est joué par Simon Lepage, qui offre de beaux moments de vanité et de suffisance. Il faut le voir s’admirer lui-même avec délectation. Hilarant!

Une scénographie dépouillée et austère

Marie-Renée Bourget-Harvey s’est inspirée de la pensée luthérienne pour créer un univers en noir et blanc où tous semblent porter le deuil.

La scène verticale, qui comprend trois paliers, est tout en angles. À l’image de la promiscuité étouffante de la cour, la reine-garçon évolue toujours sous le regard des autres.

Les décors semblent d’ailleurs de guingois, comme pour mieux illustrer les tourments de la reine Christine.

Le résultat est lourd, intense et prenant. On souffre avec cette reine du 17e siècle, qui doit choisir entre le trône et sa liberté parce qu’elle est une femme.

Christine, la reine-garçon est présentée jusqu’au 11 mai au Théâtre La Bordée, à Québec.

Québec

Théâtre